REM veut investir 117 millions dans l'acier liégeois: faut-il y croire?

©REUTERS

Le groupe luxembourgeois REM a présenté un plan d’affaires qui prévoit un investissement de 117 millions sur trois ans à Liège. Il inclut la reprise d’ESB et le rachat de deux outils d’ArcelorMittal: la cokerie et AMR. REM prévoit de créer environ 400 emplois.

Le groupe luxembourgeois REM vient de rallumer une petite lueur d’espoir en région liégeoise. Après avoir brillé par une certaine discrétion depuis la reprise, en décembre, des activités d’Engineering Steel Belgium (ESB), il vient de présenter un business plan aux syndicats et à la Sogepa. REM, qui demeure encore un inconnu pour ses partenaires wallons, voit grand car outre l’aciérie électrique d’ESB, il est intéressé par d’autres outils liégeois. Son plan d’affaires se veut donc plus global, mais manquerait de précisions.

Centrale d’énergie

Selon nos informations, le groupe dit avoir pris des contacts avec ArcelorMittal pour reprendre la cokerie d’Ougrée (Seraing) et ArcelorMittal Ringmill (AMR), une autre filiale du premier sidérurgiste mondial. ESB ne les intéresserait plus isolément. Leur projet représente un investissement d’environ 117 millions d’euros dont 55 millions seront consacrés à la cokerie (à l’arrêt), notamment pour l’équiper de nouvelles batteries et lui adjoindre une centrale d’énergie de 45 MW. Cette dernière récupérerait le gaz de la cokerie pour produire de l’électricité et alimenter le four électrique d’ESB. L’activité de la cokerie sera orientée vers la production de coke de fonderie.

Une enveloppe de 42 millions sera affectée à la modernisation de l’aciérie électrique d’ESB qui tournerait 24h/24 et à pleine capacité (310.000 t au lieu de 110.000 avant son arrêt l’an dernier). Vingt millions serviront à améliorer la production d’AMR pour lui permettre d’aller plus loin dans la finition des produits (couronnes de transmission pour les éoliennes et d’orientation pour les grues). À titre d’exemple, alors qu’elle vend actuellement ses produits semi-finis à 690 euros/t, elle vendrait demain ses produits finis à environ 2.700 euros/t.

400 emplois à créer

REM prévoit de réaliser les investissements sur trois ans et de créer dans la foulée environ 400 emplois tout en sauvegardant la centaine d’emplois d’ESB (aciers spéciaux) et environ 80 emplois chez AMR. "Le plan de REM est ambitieux et cohérent au niveau industriel, il garantit une indépendance énergétique avec un approvisionnement plus efficace et bon marché d’ESB. Mais il manque des précisions sur l’aspect financier", note Jordan Atanasov, secrétaire régional de la CSC-Metea Liège. "Leur business plan est vague et imprécis. REM dit avoir déjà des clients, mais on ne les connaît pas. La Sogepa ne sait toujours pas qui ils sont exactement. Le projet semble être bon, mais le groupe doit lui apporter plus de crédibilité en apportant des précisions sur l’aspect financier", dit Jean-Luc Rader, son homologue de la FGTB-Métal à Liège.

Selon des sources proches du dossier, REM compte injecter lui-même 10 millions d’euros de fonds propres dans le projet et faire appel à un financement bancaire pour environ 65 millions. Il devrait aussi solliciter la Région wallonne.

• Faut-il croire en ce dossier? Le doute subsiste au sujet du groupe luxembourgeois, car il était apparu sous le nom Activa Pro aux côtés de l’Américain Oxbow Mining qui avait voulu racheter la cokerie, puis sous l’appellation Ressource Reconversion et aujourd’hui REM. Le business plan ne semble pas clair pour les syndicats, et REM compte sur un gros financement venant de tiers.

Rappelons que depuis la reprise d'ESB à Seraing, le personnel est toujours en chômage technique.


[Suivez Philippe Lawson sur Twitter en cliquant ici]

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés