"Restructurer Nyrstar était la meilleure solution"

©Dieter Telemans

Geert Verhoeven (Freshfields) et Benoît Allemeersch (Quinz), les deux conseils de Nyrstar, assurent que les administrateurs se sont comportés "comme il le fallait". La restructuration de la société était, selon eux, "la meilleure solution" pour les travailleurs, les créanciers et les actionnaires.

Depuis l’été, une centaine d’actionnaires de Nyrstar, défendus par Robert Wtterwulghe et Laurent Arnauts (WATT Legal) ferraillent contre la société. Après la prochaine assemblée générale qui se tiendra le 5 novembre, ils ont l’intention d’introduire une action en justice visant à faire annuler les opérations qu’ils considèrent comme un démantèlement pur et simple de Nyrstar. Ils estiment que Trafigura, l’actionnaire de contrôle de Nyrstar (22,42% du capital) a pris le contrôle de la société avant de la dépouiller. Les actifs de Nyrstar ont été transférés dans une Newco détenue à 98% par Trafigura et à 2% par Nyrstar. Entre 2015 et cette opération de sauvetage, l’action de Nyrstar est passée de 15 euros à 0,20 centime.

Nyrstar n’a pas été pillé

Face à cette fronde judiciaire, les avocats belges de Nyrstar ont décidé de sortir du bois, pour livrer leur version de l’histoire. "Nous avons lu dans la presse les accusations qui semblent indiquer que Nyrstar rejette ces accusations avec la plus grande fermeté", expliquent Geert Verhoeven et Benoît Allemeersch.

"Il n’y a pas une seule pièce dans le dossier qui démontrerait que les transactions avec Trafigura n’ont pas été objectives."
Geert Verhoeven et Benoît Allemeersch
Avocats de Nyrstar

Et les deux avocats d’insister. Les administrateurs de la société ont fait tout ce qu’il fallait pour éviter le naufrage. Et la seule alternative aux opérations menées avec Trafigura était la faillite, plaident-ils aujourd’hui. "Nyrstar a agi dans l’intérêt de la société et il n’y a pas une seule pièce dans le dossier qui démontrerait que les transactions avec Trafigura n’ont pas été objectives. D’ailleurs, Trafigura n’est pas actionnaire de contrôle au sens de la loi belge."

Les deux avocats profitent de l’occasion pour rappeler que Nyrstar évoluait dans un marché difficile, soulignant qu’en 2015, la société était en état de quasi faillite. Les deux conseils font également référence à l’investissement de Nyrstar dans des mines, une décision qui a pesé sur les comptes de la société, la forçant à devoir gérer une réduction de valeur de 1,65 milliard d’euros. Enfin, Nyrstar, gourmand en matières premières, dépendait beaucoup du marché. "Il n’y avait pas beaucoup d’autres acteurs que Trafigura capables de livrer de telles quantités de matières premières. Nyrstar n’avait pas beaucoup d’alternatives."

"Nous avons l’impression que nous devons nous battre contre la perception, ce qui est toujours difficile. Mais si vous regardez les faits de plus près, c’est une toute autre histoire."
Geert Verhoeven

Les deux avocats en sont convaincus, Trafigura était le seul partenaire à même de sauver la société. "Trafigura a pris ses responsabilités lorsque Nyrstar avait besoin de lignes de crédits pour être sauvé", expliquent-ils. Aujourd’hui, ils assurent avec la plus grande fermeté qu’aucun cadeau n’a été fait à Trafigura. "Nous avons l’impression que nous devons nous battre contre la perception, ce qui est toujours difficile. Mais si vous regardez les faits de plus près, c’est une toute autre histoire", précise Geert Verhoeven. Et ce dernier de rappeler que lors de la restructuration, le conseil d’administration de Nyrstar a chaque fois étudié toutes les alternatives, notamment concernant un appel au marché ou la vente de certaines composantes. "Sur base d’avis, entre autres de Morgan Stanley, il est apparu que dans chaque cas de figure, le résultat pour les actionnaires serait nul."

Mieux que rien

"On ne va pas demander qu’ils applaudissent. Qu’ils ne soient pas contents avec ces 2%, on le comprend. Le conseil d’administration de Nyrstar aurait espéré mieux aussi."
Benoît Allemeersch

Pour les avocats, ce n’est qu’une fois que les créanciers et les obligataires ont accepté de réduire leurs créances de plusieurs centaines de millions d’euros qu’une solution a pu être trouvée et que 2% de la Newco, valorisés à 15 millions d’euros dans un premier temps, ont pu être attribués aux actionnaires. "Je les entends dire qu’il s’agit de cacahuètes. On ne va pas demander qu’ils applaudissent. Qu’ils ne soient pas contents avec ces 2%, on le comprend. Le conseil d’administration de Nyrstar aurait espéré mieux aussi", explique Benoît Allemeersch. Avant d’insister: c’était ça ou rien.

Les deux hommes rappellent enfin que plus de 95% des créanciers et des obligataires ont soutenu le plan de sauvetage. Et ils l’assurent, la société a été transparente lors de ces opérations et le marché a été correctement informé.

Nul doute que les débats de la prochaine assemblée générale du 5 novembre seront animés.

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