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60 équivalents temps plein de L'Avenir menacés

©BELGA

L'annonce tombe comme un couperet: 60 emplois appelés à disparaître sur les 249,5 que compte les Éditions de l'Avenir. Le groupe de médias tenait ce mardi un conseil d'entreprise extraordinaire.

Le groupe de médias Les Éditions de l'Avenir est sous haute tension. Un conseil d'administration s'est tenu hier. Un conseil d'entreprise extraordinaire a été réuni ce matin et le couperet est tombé. Le personnel réuni en assemblée générale a appris que 60 équivalents temps plein sont menacés. En priorité à la rédaction, le commercial et les services administratifs. Le groupe compte 249,5 personnes.

Les journaux de L'Avenir seront publiés, ce mercredi, avec 25% de blancs pour dénoncer les mesures prises par le conseil d'administration. 

"Nous allons traverser une période humainement difficile."
Jos Donvil
Administrateur délégué des Editions de l'Avenir

La direction évoque dans un communiqué l'obligation de mettre en oeuvre "un plan de redéploiement pour garantir le futur". Elle évoque aussi un "renforcement de l’ancrage local et dans les grandes villes wallonnes, le développement d’une offre digitale d’information de qualité et la concrétisation des synergies entre les pôles Télécom et Média".

Nethys, propriétaire du groupe média depuis 2014, s'inquiète des finances des titres. Rappelons que les résultats des Éditions de l'Avenir ont plongé dans le rouge l'an dernier (-1,2 million d'euros).

Nethys envisage donc un rapprochement avec le groupe Rossel, déjà à la tête des titres Le Soir et SudPresse et possédant une participation à hauteur de 50% dans L'Echo et De Tijd. Cette intention fait grincer des dents au sein du personnel des Éditions de l'Avenir qui s'inquiète des possibles fonctions doublons appelées à disparaître. 

Dans le chef de la direction des Editions, on indique d'une part qu'il n'est nullement question d'un rapprochement avec Rossel. D'autre part, elle ajoute que la première phase d’information et de consultation de la procédure Renault démarrera cette semaine. "Ce n’est qu’à l’issue de cette procédure qu’une décision définitive sera prise quant au nombre d’emplois affectés par ce licenciement collectif."

Changement de format et d'imprimerie

Outre l'emploi, la direction a également indiqué que le journal serait désormais imprimé à Nivelles sur les presses du groupe Rossel. Un changement d'imprimerie qui passera aussi par un changement de format du quotidien vers le modèle "berlinois".

"Il y a cinq ans déjà, j'avais fait, sur base d'un rapport du consultant McKinsey, une série de propositions de synergies entre éditeurs de presse. Mais je dois bien constater que personne n'est revenu vers moi..."
Jean-Claude Marcourt
Ministre francophone des Médias

Dans un communiqué commun, l'association des journalistes (AJP) et la société des rédacteurs parlent de "gâchis". Le personnel se réunira en AG cet après-midi à 15h. 

"Nous allons traverser une période humainement difficile", reconnaît Jos Donvil, administrateur délégué des Editions de l'Avenir. "Cette transformation est indispensable pour garantir un futur à notre journal. Nous la mènerons dans le respect de chaque collaborateur." 

Rappelons que les Editions de l'Avenir, ce sont bien entendu les titres de Vers L'Avenir mais aussi le journal des enfants JDE, les magazines Moustique et TéléPocket ou encore le magazine gratuit Proximag.

Le ministre Marcourt préoccupé

Pour le ministre en charge des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles Jean-Claude Marcourt (PS) a exprimé mardi sa "préoccupation", une préoccupation qui "s'accompagne d'une autre, l'importance primordiale pour notre Communauté d'avoir une presse pluraliste et de qualité", a-t-il commenté sur Twitter. Interrogé plus avant dans les couloirs du Parlement de la Fédération par l'agence Belga, Jean-Claude Marcourt s'est dit "très triste" de l'incertitude qui pèse sur les travailleurs, tout en rappelant les initiatives qu'il avait entreprises lorsqu'il était encore ministre wallon de l'Economie pour tenter d'aider la presse écrite dans son ensemble. "Il y a cinq ans déjà, j'avais fait, sur base d'un rapport du consultant McKinsey, une série de propositions de synergies entre éditeurs de presse. Mais je dois bien constater que personne n'est revenu vers moi...", a-t-il déploré, pointant une nouvelle fois l'impossibilité, selon lui, des éditeurs francophones à sortir de leur logique "de chiens de faïence".

Quant aux difficultés actuelles des Editions de l'Avenir, Jean-Claude Marcourt estime aussi que le tumulte autour de Nethys, actionnaire du groupe de presse wallon, n'a certainement pas facilité les choses: "Depuis vingt mois, on a eu droit à du "Nethys-bashing" et cela n'a certainement pas aidé la gestion du groupe...". 

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