AudioValley, ex-Radionomy, bientôt cotée sur Euronext Paris

©Frédéric Pauwels / HUMA

Spécialisée dans l’audio digital, l’entreprise bruxelloise prépare son entrée en Bourse sur Euronext Paris. Objectif: financer son développement et, surtout, solder la période Vivendi.

On la savait prête à ouvrir son capital. Finalement, c’est par le biais de la Bourse qu’AudioValley, spécialisée dans l’audio digital, s’apprête à financer son développement. Celle qui s’appelait encore récemment Radionomy, du nom de son activité initiale, va s’introduire sur Euronext Growth à Paris. Bien que basée à Bruxelles, AudioValley a choisi la place parisienne notamment parce qu’elle réalise une bonne part de ses activités en France.

L’offre au public, d’un montant de 9,6 millions d’euros, pourra être portée à 12,6 millions en cas d’exercice intégral de la clause d’extension.

AudioValley

• Création: 2004

• Répartition des activités: Radionomy (radios digitales, logiciel de streaming, régie publicitaire: 54%), Storerver (animation musicale en magasins: 33%), Jamendo (gestion de droits: 13%)

• Chiffre d’affaires: 20 millions d’euros

• Personnel: 135 collaborateurs dans 7 pays

Au terme du traditionnel roadshow, des engagements de souscription par des investisseurs institutionnels ont été pris à hauteur de 5,75 millions d’euros. La fourchette indicative de prix va de 4,53 et 5,42 euros par action et la période de souscription se déroule du 12 au 23 juillet inclus. Les premiers échanges sont prévus fin juillet. À l’issue de l’opération, Alexandre Saboudjian, cofondateur du groupe en 2004, détiendra encore un peu moins de 70% du capital. 23% seront dans le public, le solde aux mains de différents actionnaires minoritaires dont la Société régionale d’investissement de Bruxelles (SRIB).

Rembourser Bolloré

Selon Alexandre Saboudjian, l’objectif de l’opération est d’assurer le développement futur de l’entreprise et de boucler le remboursement du rachat des parts de Vivendi. Ce dernier point est loin d’être négligeable. Fin 2015, l’ex Radionomy avait en effet fait entrer dans son capital le groupe de Vincent Bolloré (Canal +, Universal Music, Ubisoft, Dailymotion…). Le géant français des médias et du divertissement avait pris 64,5% des parts en échange d’un chèque de 24 millions d’euros.

Mais il y a un an, Alexandre Saboudjian rachetait les parts de Vivendi pour 14 millions, les deux parties n’ayant jamais eu réellement la même vision stratégique. Une majeure partie des montants levés serviront donc à financer ce rachat ainsi que le paiement de diverses créances pour un montant de 16 millions peut-on lire dans le prospectus. Le capital de l’entreprise avant l’entrée en Bourse (c’est-à-dire les titres détenus par Alexandre Saboudjian) a d’ailleurs été mis en gage au profit de Vivendi. Ce gage sera automatiquement levé dès qu’AudioVallley lui aura payé le montant de 8,9 millions, le solde étant payable d’ici 2025.

Quant au développement de la société, Alexandre Saboudjian entend surtout renforcer son activité initiale, Radionomy, qui pèse plus de la moitié de son chiffre d’affaires mais qui affiche des pertes. Selon son patron, c’est cependant elle qui possède le plus fort potentiel de croissance en raison de l’émergence de la radio digitale. Radionomy couvre en fait trois branches: la création radios digitales par des particuliers (environ 10.000 aujourd’hui), Shoutcast, un logiciel de streaming utilisé par 60.000 web radios dans le monde et Targetspot, régie publicitaire qui vend l’audience de toutes ces radios aux annonceurs; active aux Etats-Unis et en France, elle commence à s’ouvrir à l’Europe.

Mais AudioValley c’est aussi Storever, dédiée à l’univers sonore dans les points de vente (animation, spots promo) et qui travaille pour 170 enseignes dans 90 pays dont Delhaize, Cartier, C&A, Renault ou Camaïeu, et, enfin, Jamendo: dédiée à la gestion de droits de musiciens, elle compte 40.000 artistes en portefeuille et près de 580.000 œuvres en catalogue; elle gère 215.000 licences d’artistes et leur a redistribué 1,9 million d’euros en 2017.

AudioValley emploie plus de 135 collaborateurs dans sept pays. En 2017, elle a réalisé 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais une perte opérationnelle de 1,5 million et une perte nette de 7,1 millions. Elle vise 25 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année et 50 millions dès 2020. C’est dire si l’arrivée de capitaux frais s’avère nécessaire.

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