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interview

" C'est Claude Lelouch qui m'a sauvé la vie "

©Photo News

Bernard Tapie nous a accordé une longue interview. Il aborde son séjour en prison, ses projets dans la presse, la politique française.

«Avec les journaux, on est en train de faire un truc de malade»

Bernard Tapie est en forme comme jamais. A 71 ans, cet ancien ministre de la Ville a eu mille vies. Aujourd’hui, alors que l’affaire de l’arbitrage censé clôturer la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais refait la "une" de l’actualité, Bernard Tapie joue la carte du patron de presse. Depuis son soutien financier aux salariés de "Nice-Matin", il est entré en possession de 100% des parts de "Corse-Matin". Il détient également le titre "La Provence". Homme de marketing, il sait où il va. "Avec la Provence, j’ai acheté la marque la plus connue de France". Et l’assure sans détour. L’avenir de la presse quotidienne régionale en France passera par la diversification. Il s’en explique à L’Echo.

« Aujourd’hui, ce sont les électeurs socialistes ou communistes déçus qui rejoignent le Front National ».

Il revient également sur ses années passées en politique. "Mon plus beau métier", assure-t-il. Mais un milieu qui ne lui a pas fait de cadeaux. "Dans ce pays, on peut s’en sortir si on a la gauche ou la droite contre soi, mais pas les deux. Quand les deux vous condamnent à mort, vous mourez". Les années ont passé, pas la rancœur. "En France, pour faire de la politique, vous devez avoir collé des affiches à quinze ans ou sortir de l’Ecole nationale d’administration. Je n’ai fait ni l’un ni l’autre. Je suis entré en politique par effraction, comme ils disent et ça, ils ne supportent pas".

« Aujourd’hui, ce sont les électeurs socialistes ou communistes déçus qui rejoignent le Front National. »

Bernard Tapie, qui nous a reçu chez lui à Paris en plein Saint-Germain-des-Prés, jette un regard acéré sur la politique actuelle. " Que la politique soit menée par la gauche ou la droite, aucun n’ose s’attaquer aux réformes qu’il faut faire dans ce pays. Et si on le fait pas, on n’y arrivera pas. Le patron de presse, grand pourfendeur de l’extrême droite, estime que pour combattre le parti de Marine Le Pen, il faut faire de la pédagogie. " Il faut dire où on est, où on va et par quel moyen ".

Jugeant légitime le retour de Nicolas Sarkozy, il est sans doute le seul à se féliciter de ce qu’ont révélé les écoutes clandestines de Nicolas Sarkozy réalisées par un de ses anciens conseillers. Ou des écoutes téléphoniques effectuées par des magistrats. " Les juges ont pu se rendre compte qu’il n’a pas été une seule fois question ni de moi ni de mon dossier ".

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Et son dossier, c’est l’arbitrage. Une affaire politique, juge-t-il, dans droite ligne d’un lynchage démarré il y a vingt ans. Bernard Tapie, mis en examen pour escroquerie en bande organisée en juin 2013 dans l’affaire de l’arbitrage) n’y va pas de main morte avec les policiers français. " Ils se comportent comme des cow-boys. On les a transformé en chasseurs dont on serait le gibier à abattre. Il y a une dérive dans la justice d’investigation en France, celle qui ne cherche pas à savoir, mais à démontrer que vous êtes en tort. Heureusement, derrière cette justice-là, il y a des magistrats du siège qui font leur travail en étudiant le droit et rien que le droit ".

L'intégralité de l'interview ce samedi dans L'Echo.

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