Closer, Paris Match, Elle, Marie-Claire… les "mags" français s'allient face aux Gafa

L’empire médiatique Lagardère (ici son CEO Arnaud Lagardère) a fortement fondu ces derniers temps. ©BELGAIMAGE

Réunis, les titres de Mondadori, Lagardère et Marie-Claire seraient mieux à même de faire bonne figure dans un secteur aux règles bouleversées par les géants du web. Pour Arnaud Lagardère, qui a déjà cédé dix titres en 3 ans, ce serait un dégagement majeur de la presse écrite.

Dès lors que l’on touche à la matière médiatique, les rumeurs prennent une ampleur accrue. Selon Milano Finanza qui publiait l’information hier sur son site, trois grands éditeurs de presse française s’apprêteraient à rassembler leurs forces dans une entreprise cotée en Italie.

Il s’agirait de la branche française de l’éditeur italien Mondadori, du groupe Lagardère et du groupe Marie-Claire (dans lequel Lagardère détient une participation de 42%). En fonction des titres qui sont pressentis pour être juxtaposés, le nouvel ensemble réaliserait un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros. Ce montant en ferait le premier éditeur de presse tricolore.

Empire évaporé

Pour Mondadori, qui semble à la manœuvre et dont l’action est en hausse, ce serait une occasion de loger à part ses activités presse comme de se désendetter. Le groupe Marie-Claire trouverait là une opportunité de réaliser le patrimoine familial après le décès d’Evelyne Prouvost l’an dernier (la famille possède 58%). Quant à Lagardère, qui a déjà cédé dix titres il y a trois ans, ce serait du moins, en direct, un dégagement majeur de la presse imprimée, avec de belles pépites stratégiques mises au pot, tels Le Journal du Dimanche ou Paris Match.

1 milliard €
En fonction des titres qui sont pressentis pour être juxtaposés, le nouvel ensemble réaliserait un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros.

S’il se concrétise d’ici à la fin de l’année, le rapprochement de ces trois grands éditeurs de journaux français, matérialisera d’ailleurs un épisode quelque peu cruel pour Lagardère.

Il y a tout juste vingt ans, l’entreprise alors dirigée par Jean-Luc Lagardère pouvait se vanter d’être le premier éditeur de presse magazine dans le monde et, quelque temps plus tard, selon le mot d’un observateur de l’époque, de "tutoyer Boeing" grâce à la participation du groupe dans le consortium EADS. Tout ce prestige s’est évaporé.

Incidemment, à la même époque et de l’autre côté de l’Atlantique, deux petites start-ups prometteuses faisaient surface ou s’apprêtaient à le faire: Google et Facebook. Un phénomène qui allait complètement bouleverser la donne sur le marché de la presse ce que bien peu d’éditeurs avaient correctement anticipé.

Un géant face aux géants

Mais il n’est peut-être pas trop tard. Il est en effet possible que l’accotement d’actifs actuellement dispersés confère à la future entité, une taille critique à même de ne pas se laisser dicter ses choix par les géants américains du numérique et des réseaux sociaux. En outre, des titres comme Closer et Grazia (Mondadori), le magazine Elle diffusé presque partout dans le monde ou Paris Match, Télé 7 jours (Lagardère), et enfin Marie-Claire dont le groupe du même nom édite le mensuel gratuit Stylist (considéré par beaucoup comme le meilleur et le plus moderne du genre), devraient également, grâce à cet amalgame, permettre au futur ensemble de peser significativement sur le marché publicitaire.

Le défi le plus épineux consistera à choisir un dirigeant à même de faire face aux enjeux d’un secteur des plus mouvants. Ni lui (ou elle) n’aura le droit à l’erreur pour ce qui ressemble tout à la fois à un redécoupage industriel, une nouvelle épure financière et un sursaut vital.

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