IG Metall s'allie avec les YouTubeurs face à Google

YouTube déçoit des vidéastes, qui lui présentent une série de revendications. ©ANP

Étrange association entre le syndicat allemand et le monde des YouTubeurs. En défendant des créateurs de vidéos, IG Metall questionne l'organisation des métiers du digital et se dresse face à Google.

Alors que ses vidéos commençaient à se faire "démonétiser" sans raison, Joerg Sprave, un Allemand dont la chaîne affiche 2,2 millions d'abonnés, décide de prendre des initiatives. Depuis deux ans, il tient un groupe Facebook nommé "The Youtubers Union" qui accueille désormais plus de 21.000 membres. Suite aux nouvelles politiques de YouTube en 2017, certains vidéastes perdent jusqu'à 80% de leurs revenus. Ceux-ci veulent des explications, savoir quelles règles ils enfreignent exactement et pourquoi on leur empêche de générer du revenu publicitaire. Susan Wojcicki, PDG de YouTube, stipule dans une publication sur son blog qu'il s'agit de réponses aux plaintes des marques qui ne veulent pas apparaître aux côtés de contenus "inappropriés". Cette explication n'est pas jugée suffisamment précise par les utilisateurs, qui ne comprennent pas à quel moment leurs vidéos passent la limite de l'"approprié".

De la transparence 

IG Metall exige davantage de clarté de la part de YouTube. La plus puissante organisation syndicale d'Europe, qui représente aussi bien des travailleurs de la métallurgie que du textile, du bois ou de l'électrotechnique, s'allie avec The Youtubers Union. Ensemble, ils invitent les créateurs à rejoindre leur campagne FairTube pour faire pression sur la plate-forme américaine. Il revendiquent plus de transparence, mais aussi la possibilité de contester et la création d'un conseil d'entreprise. Pour trancher les disputes, ils veulent un comité indépendant. Un compte à rebours est lancé: si d'ici le 23 août Google ne se joint pas à la table des négociations, ils programment un appel aux avocats.

Un combat ambitieux 

Ici, il ne s'agit pas de faire grève dans une usine. Même si tous les YouTubeurs allemands entament un boycott, le géant YouTube, qui charge 450 heures de vidéos par minute, ne sera pas dramatiquement impacté. En effet, sa communauté, dispersée partout dans le monde, lui confère une librairie presque infinie.

Néanmoins, l'Union estime qu'il y a infraction au règlement général sur la protection des données (RGPD). Depuis un an, cette réglementation donne à chacun le droit de connaître la manière et l'emploi qui est fait de ses données personnelles lorsqu'elles sont exploitées par un tiers. L'algorithme utilisé par YouTube pour décider la démonétisation utilise ces données, affirme l'Union des Youtubeurs. Si tel est le cas, IG Metall a de la matière pour entamer un combat face à Google. 


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