IPM et un quatuor d'investisseurs wallons font une offre formelle sur L'Avenir

©BELGA

Le groupe IPM (La Libre, La DH…) et une série de personnalités comme Bernard Delvaux, Laurent Levaux et Pierre Rion sont prêts à injecter 10 millions dans L’Avenir.

Nouvel épisode dans la saga des Éditions de l’Avenir (EDA). Selon nos sources, le groupe IPM (La Libre, la DH/Les Sports, Paris Match Belgique, DH Radio…) et un quatuor de personnalités en vue du monde économique wallon ont fait une offre ferme de reprise de la majorité de l’éditeur du quotidien namurois détenu par le groupe Nethys, lui-même émanation de l’intercommunale Enodia. On le sait, suite aux affaires qui ont ébranlé ces dernières années l’intercommunale, celle-ci a prié Nethys de céder ses activités concurrentielles. De son côté, le nouveau gouvernement wallon lui a donné six mois pour s’exécuter.

L'offre concerne le quotidien L’Avenir, Le Journal des Enfants et le toutes boîtes Proximag, mais pas les magazines Moustique et Télé Pocket.

À côté d’IPM, on trouve donc des personnalités de la trempe de Bernard Delvaux, patron de la Sonaca, Laurent Levaux, président de la Sogepa, président et actionnaire d’Aviapartner, administrateur de bpost, Proximus, etc., le multi-entrepreneur, business angel et président du Conseil numérique wallon Pierre Rion et Juan de Hemptinne, un Namurois actif dans le développement durable. Bref, rien que du lourd. Ils agissent tous à titre personnel. Contacté, François le Hodey, patron d’IPM n’a pas souhaité faire de commentaire. Nethys n’a pas réagi non plus à nos sollicitations.

Déposée la semaine dernière, il s’agit d’une offre ferme. Elle concerne le quotidien L’Avenir, Le Journal des Enfants et le toutes boîtes Proximag. Les magazines Moustique et Télé Pocket (logés dans la société L’Avenir Développement) n’en font pas partie.

Augmentation de capital

Ce groupe d’investisseurs propose de procéder à une augmentation de capital tournant autour de 10 millions d’euros afin essentiellement d’appuyer la transition digitale du groupe namurois qui affiche du retard en la matière. Ils contrôleraient ainsi environ 60% des EDA ce qui les valoriserait autour de 16-17 millions. L’objectif est de boucler le deal idéalement avant la fin de l’année. Selon un proche du dossier, il y a urgence. En pertes depuis 2016, les Éditions de l’Avenir perdraient près d’un demi-million d’euros par mois. Le plan social bouclé au printemps dernier serait quant à lui respecté.

10 mios €
IPM et ses quatre partenaires sont prêts à injecter une dizaine de millions d’euros dans les Éditions de L’Avenir.

"Il est de notoriété publique que les Éditions de l’Avenir sont en vente, commente Bernard Delvaux, notre engagement vient de notre souci de préserver la pluralité de la presse et à maintenir une presse locale forte, mais pour cela il fallait un industriel du secteur, c’est le cas du groupe IPM, ce qui permettra de dégager des synergies en terme informatique, publicitaire et autres." Une autre source insiste sur le fait qu’il s’agit d’une "offre d’ouverture" présentée dans l’intérêt de toutes les parties: Nethys, les EDA, le personnel, etc., susceptible de permettre à terme à Nethys, si le titre se redresse, de sortir par le haut. Pour rappel, ce dernier avait racheté les EDA pour 25 millions fin 2013.

Les synergies évoquées ci-dessus, François le Hodey les avait déjà présentées fin 2018 lorsque, en plein plan social à L’Avenir, il avait marqué son intérêt pour la reprise du groupe, notamment devant une commission parlementaire. Il avait alors parlé de mutualisation de moyens en matière d’informatique, de distribution, d’abonnements, de publicité, de back-office, de marketing, ainsi que la complémentarité des deux groupes en terme de contenu, IPM ne possédant pas de journal régional.

Nethys a contacté des repreneurs potentiels, dont le groupe "N4" piloté par l’homme d’affaires Stéphan Jourdain.

Cette offre n’est pas le premier avatar dans ce dossier explosif. Une source rappelle que Nethys a contacté des repreneurs potentiels, dont le groupe "N4" piloté par l’homme d’affaires Stéphan Jourdain et que toutes les forces politiques sont informées de l’offre d’IPM et consorts.

Restent ces questions: qu’en est-il du projet de coopérative du personnel afin de relancer avec des partenaires privés et/ou publics le titre? Ces statuts sont en voie de finalisation. Et puis surtout, quelle sera l’attitude du groupe Rossel (Le Soir, Sudpresse, Le Soir Mag’, Ciné Télé Revue, 50% de Mediafin, éditeur de L’Echo…) qui imprime l’Avenir depuis cette année? Son administrateur-délégué, Bernard Marchant, n’a jamais caché qu’il regarderait le dossier si un processus de vente était lancé. "Nous n’avons pas fait d’offre pour L’Avenir", nous a-t-il cependant indiqué mardi. Les offrants mettent, eux, en avant le pluralisme. L’arrivée des Éditions de l’Avenir dans le giron d’IPM permettrait d’avoir deux groupes de force égale (IPM et Rossel) alors qu’une reprise des EDA par Rossel rendrait ce dernier sensiblement dominant sur le marché de la presse quotidienne.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect