L'arrivée de TF1 coûtera 5 millions d'euros à la RTBF en 2018

Jean-Paul Philippot ne veut pas entendre parler d’une réduction du volume publicitaire à la RTBF. ©Photo News

L’arrivée de TF1 privera la RTBF de 8% de ses recettes pub en télé. Pour poursuivre ses missions, elle va devoir se montrer créative.

L’arrivée de TF1 sur le marché publicitaire belge en septembre n’a apparemment pas encore provoqué le séisme redouté. Mais la fin de l’année qui arrive est la période pendant laquelle les annonceurs finalisent leurs engagements vis-à-vis des chaînes de télé. L’effet TF1 se fera donc surtout ressentir l’an prochain.

L’administrateur général de la RTBF Jean-Paul Philippot a déjà fait ses calculs. Selon lui, TF1 impactera les finances du service audiovisuel public à hauteur de 5 millions d’euros en 2018. C’est ce qu’il a indiqué mardi en commission Médias du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le patron de la RTBF était mis pour la troisième fois sur le gril dans le cadre des auditions préparatoires au futur contrat de gestion (2018-2022).

Cinquante emplois

Jean-Paul Philippot a précisé que ces 5 millions pèsent 8% du chiffre d’affaires publicitaire en télévision de la RTBF. "Sachant que les charges salariales représentent 60% de nos coûts, ces cinq millions représentent l’équivalent de 50 équivalents temps plein (la RTBF emploie 1.970 personnes, NDLR), a-t-il indiqué. Ce montant ne sera pas compensé dans nos comptes et nous nous apprêtons en 2018 à absorber cette baisse de revenus en sachant que nous ne voulons pas réduire nos effectifs ni toucher à nos collaborations avec les producteurs indépendants. Telle est l’équation à laquelle nous allons devoir nous astreindre."

Jean-Paul Philippot ajoute que depuis dix ans, ses recettes publicitaires en télévision ne cessent de baisser: "En neutralisant l’inflation, elles ont baissé de 19% au cours des dix dernières années, a-t-il indiqué. Nous les avons absorbées année après année par des économies et des baisses d’effectifs, puisque durant cette période notre personnel permanent a diminué de 30% et les CDD et les intérimaires de 20%."

Pas de baisse de la pub

Tout ceci dans un marché morose vampirisé par les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple), véritables aspirateurs publicitaires. La conclusion coule de source: "Dans un marché en berne avec en outre un nouvel et puissant acteur, il n’est pas question de discuter ni à la hausse ni à la baisse notre cadre publicitaire actuel, car nous souhaitons pouvoir poursuivre l’ensemble de nos missions en ce compris notre mutation numérique", a lancé Jean-Paul Philippot. Une manière détournée de répondre au collectif La RTBF nous appartient. Auditionné mi-octobre, celui-ci avait estimé que la logique commerciale avait pris le pas et influençait les programmes de la RTBF.

Comment, dès lors, résoudre cette quadrature du cercle? "Nous avons pris en compte le risque de l’arrivée d’un nouvel acteur dans notre plan stratégique 2020-2022, répond le patron du boulevard Reyers. Celui-ci est fondé sur une stabilité de nos moyens publics, nous allons donc devoir augmenter notre efficience, travailler avec d’autres acteurs, augmenter la diffusion de nos contenus, monétiser certains d’entre eux sur les plateformes digitales afin de maintenir l’équilibre de l’entreprise et amortir l’effet de l’arrivée de TF1."

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