L'ex-producteur exécutif des Dardenne lance le premier réseau social des pros du cinéma

Olivier Bronckart, fondateur de Moonday a été producteur exécutif des frères Dardenne. ©Tim Dirven

Collaborative et multifonctionnelle, la plateforme en ligne Moonday permet de gérer la multitude d'informations destinées aux professionnels du cinéma.

Olivier Bronckart est un pilier du cinéma belge. Il a été producteur exécutif des frères Dardenne. Il a créé la société de production Versus, une autre dédiée aux levées de fonds Tax Shelter (InverInvest) ainsi qu’une société de distribution (O’Brother). Habitué des festivals et rencontres professionnelles, il s’est toujours demandé comment gérer l’énorme flux d’informations qui y sont diffusées. Il revient ainsi du festival de Berlin. Sur son bureau, des montagnes de brochures promotionnelles et de magazines professionnels distribués dans ce qui est aussi un marché, là où se vendent et s’achètent des (projets de) films. Sans compter les centaines de mails quotidiens.

LinkedIn du 7ème art

Depuis longtemps mijote dans sa tête le projet de rationaliser ce flux d’infos. Il imagine alors une plateforme de communication en ligne pour professionnels de l’audiovisuel, sorte de LinkedIn du 7ème art. En 2018, il vend ses parts dans ses sociétés, planche sur le concept, compose une équipe d’experts et lève 700.000 euros pour lancer la start-up Moonday, opérationnelle depuis début 2020. Il en détient la majorité des parts avec son associé Christophe Deliens. À leurs côtés, deux partenaires, Laurent Kinet et Olivier Beaujean, des investisseurs Tax Shelter pour start-up, l’incubateur montois Digital Attractions et Wallimage Entreprises.

"Moonday permet aux professionnels du cinéma de se tenir au courant en temps réel de projets de films, de leur état d’avancement, de chercher des partenaires financiers, d’étudier des scénarios, etc."
Olivier Bronckart
Fondateur de Moonday

Concrètement, Moonday est un entrecroisement entre un réseau social professionnel, des datas et un CRM. Elle est destinée à ceux qui font "l’économie" du cinéma: producteurs, vendeurs internationaux, exploitants de salles, distributeurs, chaînes de télé, services VOD, etc. "Elle leur permet de se tenir au courant en temps réel de projets de films, de leur état d’avancement, de chercher des partenaires financiers, d’étudier des scénarios, détaille Olivier Bronckart. Comme sur un réseau social, on peut y suivre le développement d’un projet et recevoir régulièrement des infos sur sa time line."

Via Moonday, un producteur peut savoir si les droits d’adaptation d’un roman sont disponibles; un vendeur international négocier l’achat d’un film sur certains territoires; un distributeur local acquérir un film pour le commercialiser auprès d’exploitants, etc. "Les distributeurs examinent en moyenne une centaine de projets par an, constate le créateur de Moonday, ils s’informent via des rencontres professionnelles, les marchés du film et le Web, mais l’info y est éclatée et rarement mise à jour. Bref, cela prend un temps fou." Moonday veut simplifier tout ça.

Plateforme de partage

L’info est collationnée par ses data collectors, notamment via des outils d’intelligence artificielle et modélisée par un data scientist. Le développement de l’outil a duré plus d’un an. "C’est aussi une plateforme de partage, chaque professionnel est invité à y amener de l’info", ajoute Olivier Bronckart. Moins de trois mois après son lancement, sa base de données recense 10.000 professionnels, 2.000 entreprises et près de 3.000 films.

20.000
entreprises
Le marché de Moonday, ce sont 45.000 utilisateurs correspondant à 20.000 sociétés.

Elle est bien sûr amenée à s’élargir. Notamment aux comédiens et aux techniciens. De même que d’autres fonctionnalités viendront s’y ajouter comme des documents partagés, le box-office, l’accès à des castings, des critiques de films… "C’est un projet qui n’est cohérent que s’il a une vocation internationale, ce qui est heureusement son cas, observe Virginie Nouvelle, directrice de Wallimage Entreprises. Reste à voir si l’industrie est prête pour pareille plateforme collaborative."

Le business model repose sur l’abonnement, soit 60 euros par mois par utilisateur avec des tarifs dégressifs à partir de cinq personnes par société. "Une centaine de comptes ont déjà été ouverts et les retours du Festival de Berlin, où nous avons eu une centaine de rendez-vous, sont très positifs, car ce genre d’outil n’existe pas", assure Oliver Bronckart qui compte sur la caisse de résonnance médiatique du Festival de Cannes, en mai, pour booster la notoriété de Monday. Au total, il évalue son "marché" à 45.000 utilisateurs, correspondant à 20.000 sociétés.

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