La plateforme anti-fake news de la RTBF relancée

A peine lancée, Faky, la plateforme anti-désinformation de la RTBF, était déjà suspendue. ©rtbf

Après six semaines de silence qui ont suivi le couac des débuts, le service audiovisuel public relance ce jeudi une version améliorée et plus transparente de son outil visant à lutter contre la désinformation.

Faky, lancé en grande pompe le 18 octobre par la RTBF, avait été suspendu illico presto quelques heures plus tard. Sur les réseaux sociaux, des journalistes de plusieurs rédactions (dont BX1, Le Soir, L’Avenir, Médor) avaient fait part de leurs doutes vis-à-vis de ce nouvel outil anti-fake news, s’étonnant de voir leurs articles être jugés peu fiables par la plateforme, alors que dans le même temps, certaines fausses informations n’étaient pas détectées.

La RTBF promettait de corriger le tir quelques jours plus tard. Mais dans les faits, il lui a fallu six semaines pour soigner ses maladies de jeunesse. Elle relance donc la plateforme ce jeudi en priant pour qu’il n’y ait plus de couacs.

"Les cinq outils sont visibles sur la plateforme, c’est donc plus clair et plus transparent." RTBF

Pour rappel, Faky vérifie la fiabilité d’un texte en copiant/collant l’URL d’un article sur la plateforme. Celle-ci le soumet ensuite à cinq outils d’analyse: le "Decodex" (analyse des sources) et "Les Décodeurs" (fact checking de liens référencés), deux outils mis en place par Le Monde; le "Détecteur de désinformation", un outil d’analyse de syntaxe qui repose sur l’intelligence artificielle issu d’une collaboration entre la société Sopra Steria et la RTBF; "Textgain", spin-off de l’Université d’Anvers qui évalue le degré de subjectivité d’un texte et "Neutral News", qui permet de déceler les informations manipulées. Faky mélange le tout et attribue une cote de fiabilité sur cinq niveaux: fiable, relativement fiable, neutre, peu fiable, pas fiable.

La principale nouveauté, c’est que Faky donne désormais l’appréciation de chacun des cinq outils et non plus une cote globale et agrégée. "Les cinq outils sont plus visibles sur la plateforme, c’est donc plus clair et plus transparent", dit-on à la RTBF.

D’autres fonctionnalités sont disponibles, comme la recherche d’informations vérifiées à partir de mots-clés ou l’analyse d’images.

Lors du lancement initial de la plateforme, beaucoup de critiques ont été émises sur le fait que la RTBF semblait s’ériger en juge de ce qui est ou non une fake news, ce qu’elle assure n’avoir jamais voulu faire: "Via ces outils, nous donnons des évaluations, des appréciations mais ne portons en aucun cas de jugement sur les contenus. Et c’est aussi à chacun d’exercer son esprit critique", dit-on au boulevard Reyers.

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