La tempête Covid freine la croissance d'AudioValley

Alexandre Saboudjian, fondateur et CEO d'Audiovalley va rembouser d'ici la fin septembre la dernière tranche du rachat des parts de Vivendi dans son entreprise. ©Frédéric Pauwels / HUMA

La PME bruxelloise spécialisée dans l’audio digital a vu des revenus bondir de près de 30% en 2019 à périmètre comparable. Mais la crise devrait fortement affecter sa croissance.

Cotée sur Euronext Bruxelles et Paris, la société bruxelloise AudioValley spécialisée dans l’audio digital a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires à périmètre comparable de 21,9 millions d’euros, en hausse de 29,6%. À périmètre historique, la croissance est de 17,8 à 29 millions d’euros. Fin 2019, AudioValley a en effet cédé un de ses trois pôles, Storever (gestion de flux musicaux dans les magasins) à l’italien M-Cube, ne conservant que Targetspot (monétisation publicitaire de l’audience de web radios, de plateformes de streaming, de podcasts et, bientôt, du gaming…) qui représente 88% de ses revenus, et Jamendo (gestion de droits d’artistes).

Expansion

La croissance de Targetspot (+36,1%) a été soutenue par les États-Unis et l’expansion géographique (Canada, Allemagne et au Royaume-Uni), Aiudiovalley étant aujourd'hui présent dans neuf pays. Elle a signé des contrats avec Deezer et Soundcloud. Et compte aussi comme référence Radio France, l’Espagnol Prisa, etc.

Côté résultats, en revanche, AudioValley affiche un résultat opérationnel, certes en légère hausse mais toujours négatif à -4,7 millions, en raison notamment des investissements à l’étranger. "En outre, les normes IFRS nous empêchent d’inclure dans nos résultats Storever bien que nous ayons opéré cette activité pendant onze mois avant qu’elle ne soit cédée, indique Alexandre Saboudjian, CEO et fondateur de l’entreprise; AudioValley atteindrait donc largement la rentabilité opérationnelle (près de 1,3 million  contre 99.000 euros en 2018) avec la consolidation de Storever." Le résultat net a par contre bondi à près de 4,8 millions contre une perte nette de 5,3 millions un an plus tôt grâce à une plus-value de 7,1 million sur la vente de Storever.

Remboursement

Dans les mois qui viennent, AudioValley aura à payer la dernière tranche du remboursement de 3 millions des parts que possédait le français Vivendi dans l’entreprise et qu’Alexandre Saboudjian avait rachetées en 2017. En raison de la crise, la société a obtenu le report du paiement du 31 mars au 30 septembre. Elle cherche des financements complémentaires de 6,5 millions afin non seulement de couvrir cette échéance, mais aussi de renforcer son fonds de roulement et de parer à la crise. " Selon les conditions de marché, cela pourrait prendre la forme d’un placement privé, d’une offre au public, d’un recours à la dette ou à une combinaison de ces trois options", indique son CEO.

- 35 à -40%
de chiffre d'affaires
AudioValley s’attend à un recul de 35-40% au deuxième trimestre, les annonceurs ayant mis le frein à main sur leurs investissements publicitaires

Si les revenus du premier trimestre ont été stables à 4,6 millions d’euros à périmètre constant, le groupe s’attend à un recul de 35-40% au deuxième trimestre, les annonceurs ayant mis le frein à main sur leurs investissements publicitaires en raison de la crise. Le groupe s'est organisé en conséquence: recours au chômage économique, déduction des coûts et diminution des effectifs (8 des 110 collaborateurs ont été licenciés) "Nous estimons pouvoir terminer l’exercice sur un résultat opérationnel positif, car, estime Alexandre Saboudjian, nous sommes dans un secteur globalement en croissance. "

« Nous estimons pouvoir terminer l’exercice sur un résultat opérationnel positif car nous sommes dans un secteur globalement en croissance »
Alexandre Saboudjian
Fondateur et CEO d'Audiovalley

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