Le nombre de plaintes au CSA a bondi de près de 150% en 2017

Karim Ibourki, le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) ©Frédéric Pauwels / HUMA

Explosion des plaintes, travaux de révision de la directive et du décret SMA, dossier TF1, reprise du contrôle de RTL: le CSA n’a pas chômé en 2017.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a publié son traditionnel rapport annuel 2017. Le régulateur de l’audiovisuel a été bien occupé l’an dernier. Ne serait-ce que par le nombre de plaintes qu’il a eu à gérer. Celles-ci ont littéralement explosé puisque son secrétariat d’instruction a reçu et traité 392 plaintes contre 161 en 2016, soit un bond de près de 150%! Cependant 294 étaient irrecevables (108 en 2016)

Le CSA explique cette forte croissance par sa visibilité accrue (le régulateur a été très présent dans les médias), le phénomène de plaintes multiples (un même programme ou une même pub peut entraîner une déferlante de récriminations) et surtout, selon lui, par la volonté des consommateurs de médias de ne pas s’en laisser compter, notamment sur le plan de la dignité humaine et des discriminations.

Et de fait, ces deux thématiques forment un gros tiers des plaintes, largement devant l’égalité hommes-femmes (10%), la protection des mineurs (9%) et l’information (9%). A noter qu’un quart des plaintes sortaient du champ de ses compétences.

RTL devant la RTBF

C’est la télévision qui, assez logiquement, a généré la grosse majorité des récriminations: plus de 300 contre une cinquantaine pour la radio. Les chaînes françaises ont été les plus concernées, le CSA renvoyant les plaintes son homologue français. En tête: le talk-show 'Touche pas à mon poste' diffusé sur C8 et repris en tout ou en partie en Belgique sur Plug RTL. A elle seule, elle en a entraîné 90!

Au niveau belgo-belge stricto sensu, RTL a enregistré 82 plaintes et la RTBF 71. En radio, c’est sans surprise l’émission polémique 'C’est vous qui le dites' qui a été la plus contestée avec une douzaine de plaintes.

TF1 à tous les étages

Mais le CSA n’a pas officié qu’en tant que bureau des plaintes. Il aussi joué son rôle de régulateur et de conseiller. Il a repris en main les instructions que contre RTL Belgium considérant qu’elle entre dans son champ de compétence contrairement à la chaîne privée qui s’abrite derrière son statut luxembourgeois pour ignorer les poursuites du CSA.  Les deux parties s’abritent toujours  derrière leur propre interprétation de la législation européenne.

Le CSA a eu aussi à gérer le dossier de l’arrivée de TF1 sur le marché publicitaire belge. S’il a pu obtenir que TF1 respecte les règles plus strictes de la Fédération Wallonie-Bruxelles en matière de communication commerciale, il n’ par contre pas pu obtenir d’engagement formel de TF1 d’investir dans la production audiovisuelle locale. 

Le CSA est aussi intervenu dans trois autres dossiers chauds. D’abord, le contrat de gestion de la RTBF, où il insisté sur des enjeux majeurs devant figurer dans le contrat comme la place de la culture, la publicité, les collaborations avec les producteurs indépendants, l’accessibilité, les quotas de diffusion, l’égalité entre les femmes et les hommes, ou encore le déploiement de la radio numérique terrestre.

Ensuite, la révision du décret SMA (Services médias audiovisuels) - adopté mercredi soir par le parlement de la Fédération, la CSA veillant à garantir le pluralisme dans le secteur de la radio alors que le gouvernement s’apprête à lancer les appels d’offres pour les deux plans de fréquences (FM et DAB+). Enfin, dans le cadre de la  révision de la directive européenne SMA où, au sein de l’ERGA, l’association des régulateurs européens, il a mis en avant les réalités du marché francophone belge ciblé par des opérateurs étrangers... comme TF1.

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