Le numérique et les podcasts au secours de la presse mondiale

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Le "Digital News Report", publié par le Reuters Institute, prend le pouls de l'industrie mondiale des médias après une année 2018 marquée par la montée des populismes en Europe, le mouvement des "gilets jaunes" en France et l'impact sans cesse croissant des géants de la tech sur tous les pans de la société.

Chaque année, la branche académique de Thomson Reuters, le "Reuters Institute", propose un état des lieux de la consommation d'informations à travers le monde dans un rapport détaillé. A cet effet, 75.000 personnes à travers 38 pays, majoritairement européens, ont été sondées. 

42%
.
La confiance moyenne du public à l'égard des médias tombe à 42% en 2018.

Pour 2018, les chercheurs constatent tout d'abord qu'en réponse aux dynamiques défavorables du secteur et au déclin des revenus autres que publicitaires, le réel défi des rédactions réside plus que jamais dans leur capacité à faire payer leurs lecteurs pour des contenus en ligne. Ici, ils observent une croissance timide des abonnements digitaux et autres offres payantes à l'échelle globale, malgré une adaptation réussie en Suède, en Norvège et pour certains grands noms de la presse mondiale.

Le rapport attribue ces résultats en demi-teinte à divers facteurs:

  • 70% des utilisateurs payants de sites d'informations ne s'abonnent qu'auprès d'un seul média.
  • WhatsApp et les autres applications de messagerie privées se substituent de plus en plus aux canaux publics traditionnels de diffusion de l'information. Cette tendance est plus marquée dans l'hémisphère sud et apparaît favoriser les risques de désinformation et de propagation de "fake news".
  • La confiance moyenne du public à l'égard des médias affiche un petit 42%. En France, le niveau n'est plus que de 24%, soit une chute de 11 points par rapport à 2017 expliquée, en partie, par la couverture médiatique du mouvement des "gilets jaunes".
  • La multiplication des souscriptions en ligne semble également limiter le potentiel des contenus payants, la préférence des sondés allant aux plateformes de divertissement (Netflix, Spotify).
  • Près d'un tiers des interrogés évite activement de s'informer. En cause, les effets négatifs sur le moral, le sentiment d'impuissance face aux grands événements d'actualité et l'exaspération causée par le Brexit pour la partie britannique de l'échantillon.

Peu de bonnes nouvelles pour le secteur donc. On retiendra tout de même que la consommation de podcasts poursuit sa progression, passant de 34 à 36% d'auditeurs mensuels. Cette tendance est amenée à se poursuivre en raison de l'accessibilité actuelle des programmes audios via diverses applications et plateformes et la volonté croissante des quotidiens de presse écrite de diversifier leurs canaux de diffusion.

En Belgique, le passage au numérique se fait attendre

Seuls 11% des belges payent pour s'informer en ligne. Les résultats, similaires en Flandre et en Wallonie, sont en recul par rapport aux 14% de l'an dernier. La Belgique se place ainsi dans la moyenne des pays étudiés, mais loin derrière la Norvège, leader du classement, et ses 34% d'utilisateurs payants.

En matière de confiance accordée à la presse, le rapport révèle que seuls 49% des sondés déclarent se fier à l'actualité telle qu'elle leur est présentée en général. C'est 4 points de moins que l'an dernier mais cela suffit pourtant à la Belgique pour se placer en septième position de l'échantillon.  

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