Patron de ses radios, Francis Goffin va devenir consultant de la RTBF

Francis Goffin. ©Laurie Dieffembacq

Francis Goffin, patron des radios de la RTBF, ne postulera pas dans le futur organigramme né de la nouvelle organisation du service audiovisuel public. Il deviendra consultant pour la RTBF.

Coup de tonnerre à la RTBF. Francis Goffin, le patron des radios du service audiovisuel public, va quitter son poste. Il ne postulera pas dans le nouvel organigramme qu’a adopté vendredi le conseil d’administration dans le cadre du plan stratégique "Vision 2022". "Le 21 avril, cela fera quinze ans que je suis à la RTBF, nous a-t-il confié, c’est une date symbolique à titre professionnel et personnel qui m’a amené à réfléchir."

"Décision personnelle"

Francis Goffin, ne sera donc plus salarié du boulevard Reyers mais restera dans son giron. "Je ne quitte pas vraiment la RTBF puisque j’assumerai à partir de mai une mission de consultance auprès de l’administrateur général Jean-Paul Philippot dans le cadre de la réorganisation de l’entreprise", explique-t-il, n’excluant pas de mener ici et là d’autres missions.

Francis Goffin dit ne pas savoir encore exactement ce qui lui sera demandé, "mais cela devrait tourner autour de ce que je connais le mieux: la radio, sa numérisation via le Dab +, sa distribution sur ses différentes plateformes, etc." Âgé de 59 ans, l’homme connaît en effet le sujet sur le bout des doigts. Pionnier des radios libres, il est à la base du lancement réussi de Bel RTL en 1991 puis du renouveau des radios de la RTBF qui, depuis leur réforme de 2004, sont passés au cours des dix dernières années de moins de 27% à plus de 36% de parts de marché. Francis Goffin l’assure, "c’est une décision personnelle. J’aurais pu postuler dans le cadre de ce plan, que je soutiens totalement, mais après 38 années de fonctions managériales, j’ai réfléchi sur l’évolution de ma carrière, c’est un vrai choix de vie". Il ne nie cependant pas que ses récents soucis de santé ont joué dans sa décision, avant d’ajouter: "J’ai encore beaucoup d’envie, je ne me sens pas prêt à prendre ma pension."

Dans l’entourage de la RTBF, même si on le dit toujours très impliqué, on le trouve un peu fatigué. Certains relèvent que ses absences pour maladie n’en faisaient pas un favori dans la course aux nouveaux fauteuils de directeur. D’aucuns le voyaient occuper en effet un des deux postes clés dans le cadre de la nouvelle organisation: celui de directeur général du futur pôle "médias" (lire ci-contre). "Mais c’est une fonction tout à fait nouvelle qui demande un profil très particulier", nuance un proche de la RTBF.

François Tron, ad intérim

Ce poste sera ouvert à candidatures internes et externes dans les prochains jours, celui de l’autre poste de directeur général, dédié aux "contenus", ne le sera pas avant la fin 2019. D’ici là, c’est François Tron, l’actuel directeur de la télévision, qui occupera ce poste ad intérim jusqu’au 31 décembre 2019, soit peu avant la fin de son mandat actuel.

Pourquoi une telle différence dans le timing? Officiellement parce que François Tron est l’homme qui convient le mieux pour assurer la mutation de l’entreprise; officieusement parce que le mettre de côté à deux ans de sa pension et recruter un nouveau directeur aurait coûté un bras à la RTBF. Tout comme Francis Goffin, l’homme gagne en effet plus que son patron, Jean-Paul Philippot. D’où cette solution de compromis. Et, dans la foulée, la décision prise vendredi par le conseil d’administration de limiter les rémunérations des hauts dirigeants qui ne pourront désormais plus gagner plus que l’administrateur général.

Une nouvelle RTBF pour l'ère numérique

Afin de s’adapter à la révolution numérique, la RTBF va être totalement réorganisée. Elle va abandonner son organisation en silos, par médias (TV, radio, internet) au profit d’une organisation transversale. Place dorénavant à deux grands pôles: le pôle "contenus" dédié à la production (info, sport, divertissement, fiction, documentaire…) et le pôle "médias", pour diffuser ces contenus sur les différentes plateformes: télé, radio, web, réseaux sociaux, applications… Autour de ces deux pôles graviteront les services généraux: RH, finances, juridique…

Cette nouvelle organisation entraînera un bouleversement de l’organigramme. Une soixantaine de fonctions hiérarchiques vont être impactées. Elles vont être redéfinies, certaines vont apparaître, d’autres vont disparaître. Ce qui veut dire que certains vont devoir repostuler pour le poste qu’ils occupent pour autant que celui-ci évolue. 

Le descriptif de ces fonctions n’est pas encore totalement terminé, cela fera l’objet d’un CA vendredi avant de lancer l’appel à candidatures. Ces fonctions touchent les niveaux n-1 et n-2. Le nombre de directeurs (n-1) va diminuer sensiblement: il n’y en aura plus dix-huit comme aujourd’hui. Au total, seuls une dizaine de postes sur les soixante ne bougeront pas. On songe, par exemple, à ceux de directeur technique, de directeur de l’information, de directeur des affaires juridiques ou aux directeurs des cinq radios. "Mais rien n’empêchera ces gens de postuler pour une autre fonction", dit-on à la RTBF. L’objectif est que les différentes pièces du puzzle soient assemblées d’ici la rentrée de septembre 2018. Il est donc encore trop tôt pour connaître le casting définitif.

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