Un héritier de la famille Lhoist entre au capital de StoryMe

StoryMe développe des vidéos courtes pour les entreprises et les organisations, qu'elle distribue sur les différentes plateformes. ©doc

Jérôme Lhoist devient actionnaire minoritaire de cette scale-up spécialisée dans le marketing vidéo aux côtés du fondateur Lorenzo Bown dans le but, entre autres, de la développer à l’international.

Dans la famille Lhoist, je demande Jérôme. Après Nicolas, qui a développé le groupe événementiel Knokke Out/People First, et Arthur qui a lancé la chaîne de restaurants durables Tero, voici Jérôme (33 ans). Jusqu’il y a peu, il était le seul des trois fils de feu le baron Léon-Albert Lhoist à travailler dans l’entreprise familiale, un des leaders mondiaux dans la production de chaux et de dolomie.

Ingénieur commercial de l’UCL, le jeune trentenaire s’occupait de la stratégie de développement du groupe en Asie après des passages chez Delhaize et Roland Berger, lorsque le besoin de changer d’air se fit sentir. "Je voulais faire autre chose, mais je n’avais pas de plan précis, j’étais toutefois attentif à d’éventuelles opportunités dans le private equity", raconte-t-il.

Retrouvailles

Une occasion ne va pas tarder à se présenter. L’entrepreneur gantois Lorenzo Bown, un francophone de Flandre, qui lui avait été présenté naguère par un ami commun est à la recherche de partenaires pour développer StoryMe, société spécialisée dans le marketing vidéo qu’il a créée il y a cinq ans. "On ne s’était plus vus depuis un certain temps et un jour je l’ai appelé pour lui parler de la deuxième phase de StoryMe, dont le développement à l’étranger, raconte ce dernier. C’est sa capacité analytique de vite comprendre le business et sa vision internationale qui m’ont séduit."

StoryMe
  • Création: 2013
  • Activité: agence de vidéo marketing (stratégie, production, distribution)
  • Actionnaires Lorenzo Bown, Jérôme Lhoist
  • Implantations: Gand, Bruxelles, Londres, Sofia, Amsterdam (en juillet)
  • Chiffre d’affaires: 3,2 millions d’euros en 2017 (6 millions prévus en 2018)

Les deux hommes se sont vite entendus et Jérôme Lhoist a pris une participation minoritaire – mais importante – dans StoryMe. Il a racheté les parts des deux précédents associés de Lorenzo Bown, qui reste majoritaire, et a accordé à l’entreprise un prêt convertible, le tout pour un montant non communiqué. "Je n’ai pas seulement investi parce que je connais Lorenzo mais parce que StoryMe a beaucoup de potentiel, notamment à l’international, dans un marché en pleine croissance. Elle dégage en outre un véritable esprit d’équipe", explique-t-il. Jérôme Lhoist ne s’occupera pas de l’opérationnel mais sera impliqué dans les décisions stratégiques.

Créée il y a juste cinq ans, StoryMe est un peu une histoire de famille. Lorenzo Bown explique que c’est grâce à la caméra vidéo reçue de son beau-père qu’il s’est lancé, filmant des mariages pour payer son matériel et financer ses études à Vlerick. Son premier vrai client sera une ONG pour lequel il crée une petite vidéo d’animation pour expliquer ses activités. C’est comme ça que tout a commencé.

Le business de StoryMe est relativement simple. D’une part, elle produit des vidéos d’animation courtes (de 5 à 60 secondes) simples et ludiques, permettant à une entreprise ou une organisation de présenter de nouveaux produits et services, de recruter des collaborateurs, de donner des formations, de faire de la pub, etc. D’autre part, elle organise toute la stratégie de distribution de ces vidéos sur différentes plateformes et réseaux sociaux – YouTube, Facebook, Instagram, Snapchat, LinkedIn… – afin d’atteindre les bons groupes cibles, et en analyse les résultats.

StoryMe a aussi lancé de nouveaux services. "Nous avons développé en interne le premier ‘bot’ de stratégie vidéo au monde", affirme Lorenzo Bown. Ce programme pose des questions au client sur son secteur, ses objectifs, ses groupes cibles, ce qui permet de déterminer automatiquement les vidéos dont ils ont besoin. La technologie permet à StoryMe de démultiplier les vidéos à raison d’une par jour par client. L’entreprise travaille aussi à la "personnalisation de masse", permettant au départ d’une vidéo de la personnaliser en fonction du profil du spectateur.

Active dans un marché qui croît de 25% par an, la PME gantoise emploie aujourd’hui 80 collaborateurs et possède des antennes à Bruxelles, Londres ainsi qu’à Sofia – où est sous-traité une partie de son travail, coût intéressant de la main-d’œuvre oblige. Elle travaille pour de grands comptes comme BNP Paribas Fortis, Decathlon, Danone, Uber, Microsoft, Volvo, Red Bull, GSK, Kipling ou encore… les Diables Rouges.

Ambitions internationales

L’arrivée de son nouvel actionnaire a ouvert l’appétit de celle qui est passée du statut de start-up à celui de scale-up. L’an dernier, elle a réalisé 3,2 millions d’euros de chiffre d’affaires et vise les 6 millions cette année. Elle ambitionne de produire plus de 10.000 vidéos l’an prochain, ce qui passera par la poursuite de l’internationalisation de l’entreprise.

Le mois prochain, elle ouvrira un bureau à Amsterdam et étudie l’opportunité de se développer dans les pays nordiques, de l’Est et même aux Etats-Unis, "car nous recevons des demandes en provenance de ces pays", indique Lorenzo Bown. Jérôme Lhoist adhère à cette ambition, mais estime "qu’il faut aussi consolider l’activité en Belgique".

Reste à voir si StoryMe restera longtemps indépendante. "Des fonds nous ont déjà approchés, mais c’est trop tôt pour être vendu, on n’est pas encore assez mûrs, estime son fondateur. Il n’est cependant pas exclu que nous ouvrions notre capital à plus long terme et je sais que des agences de pub s’intéressent à nous." L’histoire de StoryMe fait d’ailleurs un peu penser à celle de Social Lab. Cette agence dédiée au marketing sur les réseaux sociaux s’est fait avaler en partie (80%) par le géant Ogilvy (un des réseaux du holding publicitaire WPP), ce qui lui a permis de conquérir le monde. "C’est un exemple intéressant", conclut Lorenzo Bown.

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