Unisono, une plateforme unique pour le paiement de la musique

Dès le 1er janvier 2020, les cafetiers n'auront plus qu'un interlocuteur unique pour payer la diffusion de musique dans leurs établissements. ©Saskia Vanderstichele

A partir du 1er janvier 2020, entreprises, magasins, établissements horeca et organisateurs d'événements ne recevront plus qu’une seule facture pour payer l’usage de musique en leur sein.

La musique, on le sait, adoucit les mœurs. Elle peut aussi doper les ventes. C’est ce qui ressort d’une étude de l’institut Profacts commandée par la Sabam, principale société d’auteurs du pays. Selon elle, plus de 60% des entrepreneurs estiment que la musique crée de la valeur ajoutée pour leurs affaires. Un exploitant horeca sur deux estime qu’elle a un augmente les ventes.

Encore faut-il rémunérer la chaîne musicale: auteurs, compositeurs éditeurs, artistes interprètes, musiciens et producteurs. Et là c’est la cacophonie. Non pas pour les entreprises et les services publics. Via la plateforme Unisono, ils peuvent régler la totalité de leur utilisation de musique sur le lieu de travail, sur leur site web ou en tant que musique d’attente au téléphone.

C’est, pour les établissements horeca, les chaînes de magasins, les salons de coiffure, les organisateurs d’événements, etc. là que le bât blesse. Ils doivent toujours s’adresser à des organisations distinctes: la Sabam pour le paiement des droits d'auteurs, compositeurs et éditeurs, mais aussi à PlayRight pour les artistes-interprètes et à la SIMIM pour les producteurs. Ces deux dernières gèrent ce qu’on appelle la rémunération équitable, c’est à dire une licence qui doit être payée lorsque de la musique enregistrée est diffusée dans un lieu accessible au public.

Simplification

Mais les choses vont bientôt changer. A partir du 1er janvier les utilisateurs de musique, que ce soit dans un cadre commercial (magasins, horeca, salons de coiffure, etc.) dans les entreprises (une cantine par exemple) ou dans des administrations publiques, pourront payer les ayants-droit de manière simplifiée via un guichet unique qui n’est autre qu’Unisono. L’utilisateur pourra demander sa licence de façon simple et une seule facture lui sera envoyée. La mesure a fait l’objet d’un arrêté royal publié le 29 mai dernier.

« Jusqu'à présent, le commerçant qui diffusait de la musique dans son établissement recevait deux factures. Cela conduisait à bien des malentendus et beaucoup de confusion »
Christine Mattheeuws
Présidente du SNI.

Cette facture unique était une vieille revendication d’organisations d’indépendants comme l’Unizo ou le SNI. "Jusqu'à présent, le commerçant qui diffusait de la musique dans son établissement recevait deux factures. Cela conduisait à bien des malentendus et beaucoup de confusion", observe Christine Mattheeuws, présidente du SNI. De fait, bon nombre d’utilisateurs pensaient qu’il leur suffisait de payer la Sabam, négligeant la deuxième facture, ils se voyaient infliger une amende dont ils ne comprenaient pas le sens.

Simulateur

Cette simplification va de paire avec le lancement d’un simulateur de prix pour les commerçants et le secteur horeca: via la plateforme Unisono ils pourront introduire certains critères (localisation de de leur établissement, surface, etc.) leur permettant de connaître la formule tarifaire la mieux adaptée.

Les utilisateurs de musique espèrent qu'une perception plus efficace permettra de réduire leur facture tandis que les sociétés de gestion de droit estiment de leur côté que leurs membres ont désormais plus de chance de recevoir la rémunération à laquelle ils ont droit. Actuellement les sociétés de gestion de droit prélèvent jusqu’à 15% des droits perçus pour leurs frais de fonctionnement.

153
millions d'euros de droits
En 2018, les trois sociétés de gestion de droits (Sabam, SIMIM et PlayRight) ont perçu 153 millions d’euros

Cette rationalisation devrait diminuer ce chiffre au profit tant des artistes eue des utilisateurs. L’an dernier les trois sociétés de gestion de droits ont perçu 153 millions d’euros (115 via Sabam, 20 via la SIMIM et 18 via PlayRight). Une centaine l’ont été via l’utilisation la musique dans les entreprises, et les services publics, les commerces et l’horeca.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect