À quelques semaines de son lancement, LN24 fourbit ses armes

©LN24

La première chaîne belge d’info en continu débarque le 2 septembre. Programmes et casting sont en voie de finalisation. Visite guidée d’une start-up de l’audiovisuel.

Ce sont les joies du direct. Alors que Boris Portnoy (CEO) et Martin Buxant (rédacteur en chef) nous font faire le tour du propriétaire de LN24, la chaîne de télé d’info qu’ils lanceront le 2 septembre avec Joan Condijts (ex rédac’ chef de L’Echo et directeur de l’information), ils apprennent qu’ils ont été retenus par le CSA pour l’exploitation d’un réseau radio FM. "No comment, ce n’est pas officiel", répond Portnoy. Voilà en tout cas du boulot supplémentaire qui attend la première chaîne d’info en continu du paysage audiovisuel belge. Il reste sept semaines avant le grand jour. Côté infrastructures, LN24, basée pile poil en face de RTL, semble prête.

L’équipe compte 33 personnes et 15 autres sont attendues bientôt.

Studios, régies, rédaction, bureaux, salle de réunion sont aménagés. L’espace est assez réduit (900 m²). Normal: LN24 fonctionnera en mode low cost — n’y voyez rien de péjoratif. L’équipe compte 33 personnes et 15 autres sont attendues bientôt. Parmi elles, une quinzaine de "journalistes reporters d’image". Ces Rémy Bricka de l’info iront à la pêche aux scoops, filmeront, écriront et monteront leurs sujets eux-mêmes. Leur matériel? Un simple iPhone. Ils pourront intervenir en direct avec du matériel ultraléger. "Nos jeunes journalistes sont quasi nés avec un téléphone en main. Ce sont des ‘smartphone native’", observe Boris Portnoy.

Chasse aux gaspis

L’heure est à la chasse aux gaspis. Place au flex desk. On arrive, on trouve une place on branche son PC et — pour les journalistes — on monte son sujet. Cette newsroom sert aussi de studio pour les flashs infos. Des caméras pilotées automatiquement filment les présentateurs. Idem dans le studio principal, qui accueille les émissions en direct, équipé de 7 caméras robotisées. En régie, le personnel est réduit à sa portion congrue. L’habillage a été finalisé sous la direction de Skan Triki, multimedia manager passé par divers médias écrits et audiovisuels. "On s’est basé sur le modèle de chaînes comme CNN ou la BBC avec un maximum de 3D", explique-t-il. Un autre studio, plus petit et lui aussi automatisé, est dédié à la présentation des magazines.

Le 19 août, deux semaines avant le lancement, on démarrera "à blanc" on fera des journées complètes en conditions réelles.
Boris Portnoy
CEO de LN24

Pour l’heure, les équipes se préparent en multipliant les reportages "pour de vrai", en créant des stocks d’images pour illustrer les futurs sujets. Elles se rodent via une interview matinale sur Facebook Live. "C’est un outil de construction de notoriété et un excellent laboratoire pour nos jeunes journalistes", note Martin Buxant. 

"Le 19 août, deux semaines avant le lancement, on démarrera ‘à blanc’ on fera des journées complètes en conditions réelles", ajoute Boris Portnoy. Les sources d’infos s’étoffent. La chaîne a passé des accords avec CNN, Reuters et l’AFP pour les images d’actu internationale. Elle se passera en revanche de l’agence Belga, dont les tarifs sont jugés prohibitifs.

Âge moyen: moins de 30 ans

Le casting prend forme, lui aussi. 350 candidatures ont été enregistrées. La rédaction sera bientôt renforcée par Didier Defawe, rédac’ chef de Contact, qui sera le bras droit de Martin Buxant. L’équipe est jeune: moins de 30 ans en moyenne.

À 31 ans, Maxime Binet fait presque figure de vieux. Passé par la RTBF où il était affecté à l’actualité politique, il présentera la grande tranche d’infos du soir.

À 31 ans, Maxime Binet fait presque figure de vieux. Passé par la RTBF où il était affecté à l’actualité politique, il présentera la grande tranche d’infos du soir. Catarina Letor, 27 ans, une ex de RTL, Contact et BX1, sera à la barre de la tranche du milieu de journée. "J’ai été séduite par le projet, confie-t-elle, LN24 c’est une manière de sortir de la télé traditionnelle."

Pour Brieuc, tout juste sorti de l’Ihecs, c’est un tout premier job, mais il a aussi une formation de vidéaste, bien utile. L’encadrement n’est pas en reste. Venue d’EY, la CFO Mathilde Dubois a 27 ans et Nicolas Portnoy (fils de Boris), responsable de la production et du digital, est de la même génération. Passé par RTL et Fremantle, l’homme est aussi diplômé de Solvay: "Comme ‘solvaysien’, vivre la création d’une start-up en télévision c’est passionnant."

Des stars du PAF

Et puis, derrière ces "petits jeunes", il y a aussi de vieilles gloires du PAF qui y tiendront une chronique: PPDA, Christine Ockrent, Franz-Olivier Giesbert (Le Point), Yves Thréard, (Le Figaro) et… l’ancienne ministre française de la Santé de Nicolas Sarkozy, Roselyne Bachelot, reconvertie dans l’animation télé.

Ces ténors seront présents tour à tour dans la tranche matinale de 6H à 10H présentée par Pierre Fagnart (ex Bel RTL), dont un des temps fort sera l’interview politique de Martin Buxant. La tranche de mi-journée sera axée sur la culture, la société, les loisirs. Entre ces tranches, place aux "hard news" (un journal renouvelé tous les quart d’heure).

1 à 1,5%
d'audience
LN24 vise 1 à 1,5% d’audience. La chaîne estime pouvoir atteindre le break-even d’ici 2021.

Puis, à 17h, place à des magazines (sciences, technos, immobilier, médias…) avant le "LNSoir" de 18H à 20H avec des invités, des analyses politiques, économiques etc. Suivra, sur le modèle de Ter Zake à la VRT, le "grand débat" entre 20H et 21H30 présenté par le trio Buxant-Condijts-Rosenblatt (ex n°2 de RTL devenu conseiller) et dédié à des thématiques d’actu, "de préférence en mélangeant les genres, comme un philosophe avec un politique ou un économiste", détaille Martin Buxant. La fin de soirée sera consacrée à des rediffusions et le week-end à l’actualité européenne, à un club de la presse et au sport business.

Chaque vendredi soir, Laurette Onkelinx (députée fédérale sortante PS) et Louis Michel (ancien Commissaire européen MR) co-animeront une émission de débriefing de l’actualité de la semaine.

LN24 sera en principe reprise par tous les télédistributeurs. "Certains ont déjà signé et il y a encore des détails techniques à régler", assure Boris Portnoy, qui entretient un certain flou sur la question. La chaîne sera aussi visible sur le web et via une app’.

LN24 ne tirera ses revenus que de la pub. La régie publicitaire RMB "travaille très bien", y dit-on, malgré un marché en berne. Boris Portnoy l’assure: "Nous venons avec une nouvelle offre, on vise 1 à 1,5% d’audience; notre objectif reste d’atteindre le break-even d’ici deux ans."

Les studios de LN24



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