A six mois de son lancement, la radio numérique ne convainc pas encore

Alors que les premiers tests du DAB+ sont satisfaisants, le consommateur ne semble pas prêt à s’équiper dans l’immédiat.

A la veille de la journée mondiale de la radio, maRadio.be, la plateforme qui réunit opérateurs de radio publics et privés, a fait un premier bilan du test lancé mi-novembre dernier dans la perspective du déploiement du DAB+ (la radio numérique hertzienne). Un test auquel participent tous les cadors du secteur (RTBF, le groupe RTL, le groupe NRJ-Nostalgie, les réseaux provinciaux).

"Notre grand défi sera de faire basculer rapidement en DAB+ les 80% des gens qui écoutent encore la radio en FM"
Francis Goffin
administrateur délégué de maRadio.be

Ce bilan est positif selon Francis Goffin, administrateur délégué de maRadio.be : "Nous avons 17 sites d’émission pour ce test et nous avons déjà atteint une couverture de 95% de la population, se réjouit-il; en septembre nous en aurons 24, ce qui nous permettra de toucher 97% des gens, l’objectif est de couvrir la quasi-totalité de la population de la Fédération Wallonie Bruxelles en 2020 grâce à une dizaine de sites supplémentaires."

En outre, grâce à un accord de coopération avec la Flandre, des sites d'émission pourront être implantés au bord de la frontière linguistique ce qui permettra d'éviter les brouillages. Une bonne nouvelle pour les habitants de la périphérie bruxelloise.  

Autre motif de satisfaction selon Francis Goffin: une étude menée par Ipsos auprès de 1.500 personnes pour maRadio.be montre que, bien qu’encore très balbutiant, le DAB est connu spontanément par 20% des sondés et par 43% une fois qu’on leur décrit de quoi il s’agissait. Selon les sondés, les principaux avantages du DAB+ sont la meilleure qualité de son, la meilleure accessibilité des chaînes, l’ajout d’informations complémentaires sur les écrans de ces récepteurs et seulement après la plus grande offre de chaînes qu’il permet, un avantage pourtant mis régulièrement en avant par les opérateurs.

Un consommateur peu pressé

L’étude montre que la radio s’écoute encore à 80% en FM, ce qui est assez logique, et à 17% en numérique (Internet, TV numérique, DAB+….). "Notre grand défi sera de faire basculer rapidement ces 80% de la FM vers le DAB+", commente Francis Goffin.

31%
de taux d'équipement
Un véhicule sur trois vendu en 2018 en Begique était équipé d'un autoradio DAB+

Et là ce n’est pas gagné. Selon les chiffres de l'institut GfK, sur les 652.000 récepteurs radio vendus en Belgique en 2018, seulement 14% étaient équipés de la technologie DAB+. Un chiffre qualifié de "dramatique" par Francis Goffin. Pourtant il y a des récepteurs en DAB+ accessibles pour une trentaine d’euros. En outre, selon l'étude Ipsos, seulement 5% des ménages sont déjà équipés d'une radio en  DAB+ et 64% des répondants n’envisagent pas d’acquérir ce type d'appareil, contre 12% qui comptent le faire.

Au niveau de l’automobile, les chiffres sont un peu meilleurs puisque 31% des voitures vendues en Belgique en 2018 sont déjà équipées en DAB+. Mais c’est moins que dans tous les pays voisins (à l’exception de la France)

Le temps presse

Bref, il y a du boulot. On pourrait même dire que le temps presse. Car l’appel d’offres pour le futur double plan de fréquences radio FM et DAB+ a été lancé mi-janvier. Les heureux élus seront connus mi-juillet pour un démarrage à la rentrée de septembre.

Pour accélérer la cadence, maRadio.be va lancer des campagnes de communication (plusieurs millions d’euros de budget sont prévus par an) et se lancer dans un intense lobbying auprès des importateurs automobiles pour équiper davantage leurs véhicules en DAB+. Ils pourront s’appuyer sur le nouveau code européen des communications électroniques. Adopté en décembre dernier, il impose que chaque nouveau véhicule intègre le DAB+. Les Etas auront jusque fin 2020 pour la transposer dans leur législation nationale.

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