Advertising Store ou la pub "ubérisée"

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Un groupe de publicitaires lance la première agence accessible uniquement en ligne. Le but: répondre à des besoins ponctuels des annonceurs et leur permettre de gagner temps et argent.

Le publicitaire belge Jean-Marc Segati, cofondateur de l’agence parisienne Big Success, est un empêcheur de tourner en rond dans son milieu. Après avoir été l’un des premiers à s’intéresser au senior marketing, puis avoir lancé une agence de pub télé "low-cost", voici qu’il a imaginé avec quelques confrères, des créatifs free-lance, l’agence de publicité en ligne, ou virtuelle: Advertising Store, présentée comme le "premier service de création et production publicitaire intégré en ligne."

Ici, pas de bureaux clinquants, ni réunions interminables: tout se fait en direct, par mail; même les sessions Skype ne sont pas privilégiées. Le client envoie ses desiderata par mail, les créatifs lui font une proposition en retour, s’ensuit un dialogue par échange de mails jusqu’à l’approbation du projet créatif avant la mise en production. Objectif: gagner du temps et de l’argent. "Aujourd’hui, tout est en ligne, argumente Jean-Marc Segati. Les agences de voyages, les banques, les magasins, les médias, etc. L’économie s’est ubérisée, tout se fait en direct. La pub a popularisé l’e-économie, mais a évité d’en devenir un acteur, mais pourquoi échapperait-elle au phénomène?"

"Aujourd’hui, tout se fait en ligne, pourquoi pas la publicité?"
Jean-Marc Segati
Cofondateur d'Advertising Store


Le publicitaire part aussi d’un constat: le manque de moyens qui rend la pub peu accessible aux petits annonceurs, aux PME, surtout en Belgique. "On constate que deux tiers des briefings adressés aux agences sont fermés, c’est-à-dire que l’annonceur a fait une bonne partie du travail, a lui-même défini la stratégie, etc. Seules lui manquent les compétences pour rendre son message sexy, c’est ici que nous intervenons pour créer et produire la campagne la plus pertinente", résume Jean-Marc Segati.

À demandes simples, solutions simples

Évidemment, les pros diront que l’agence de com se voit ainsi amputée d’une grande partie de ses prérogatives, soit le conseil, l’accompagnement, la capacité à définir une stratégie de communication – en partenariat avec l’annonceur – et à l’exécuter. Mais la réalité est celle-là: à moins d’être issu d’un grand groupe, l’annonceur n’a plus le temps ni l’argent pour investir dans de grandes campagnes de com’. "C’est vrai, mais même de gros annonceurs ont des demandes simples, qui appellent des réponses simples, moins chères, plus rapides et aussi efficaces", argumente Jean-Marc Segati. D’où l’idée du store, du magasin.

Advertising Store n’est cependant pas une agence béni-oui-oui: "Nous fixons les règles du jeu: à savoir les tarifs et le timing", indique son cofondateur.

Le spot TV à 20.000 euros

Côté tarifs, l’agence en ligne propose six formules "tout compris". Il faut compter 20.000 euros pour un spot TV, 6.000 pour une affiche ou un kit PLV (publicité sur le lieu de vente, NDLR), 5.000 pour un spot radio ou une annonce presse et 2.500 euros pour un jeu de bannières web. La stratégie médias (conseil et achat d’espace) se fait quant à elle de manière plus traditionnelle via des agences médias spécialisées. À terme, d’autres services seront proposés comme des formules pour la com sur les réseaux sociaux, l’utilisation des influenceurs, etc.

Quand on lui fait remarquer que le modèle paraît assez disruptif, Jean-Marc Segati ne peut s’empêcher de sourire: "Dans l’économie en général, c’est loin d’être disruptif car aujourd’hui, tout est ubérisé. Mais dans la pub, c’est bien le cas. Et c’est paradoxal, car alors qu’elle est censée être un laboratoire d’innovation, la publicité est restée assez traditionnelle dans son mode de fonctionnement."

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