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C’est la saison de la confirmation pour Eleven Sports

Eleven Sports se dit satisfait des audiences de la première saison de son contrat de cinq ans avec la Pro League. ©Photo News

Fan cam, nouveaux consultants, datas, réalité augmentée, publicité virtuelle… Eleven Sports veut enrichir l’expérience du téléspectateur. Et de l’annonceur.

L’Euro 2020 à peine achevé, le championnat belge de foot redémarre déjà ce vendredi. Si les clubs sont encore en plein mercato, côté médias, Eleven Sports, le détenteur des droits depuis un an, est dans les starting blocs.

Et il arrive avec plusieurs nouveautés. Les fans autorisés à revenir au stade, la chaîne va davantage les impliquer grâce à une fan cam (caméra qui se balade dans les travées), des interviews de supporters, de l’activation via les clubs.

"Nous allons aller beaucoup plus loin que la simple retransmission des matchs."
Guillaume Collard
CEO d’Eleven en Belgique

Autre nouveauté: une cotation automatisée de la qualité des matchs via des paramètres objectifs (nombre de tirs, d'occasions de but…), de quoi générer de l’interaction avec les fans sur les réseaux.

La réalité augmentée, testée durant les derniers playoffs sera généralisée: le journaliste en bord de terrain pourra montrer des graphiques virtuels et des animations comme s’il était en studio. Des caméras 8K (ultra HD) permettront également de vivre davantage le match comme si on était sur le terrain. Enfin, les ex-Diables rouges Silvio Proto, Johan Walem et Jelle Van Damme arrivent comme consultants.

"Nous allons aller beaucoup plus loin que la simple retransmission des matchs", résume Guillaume Collard, le CEO d’Eleven en Belgique.

562.000
téléspectateurs
Le match le plus vu la saison dernière est FC Bruges-Anderlecht durant les playoffs avec plus de 562.000 téléspectateurs (ayant regardé au moins une seconde).

Anderlecht champion de l’audience

Vu leurs coûts, ces nouveautés seront privilégiées pour les grands matchs car, on s’en doute, les audiences sont très variables. En moyenne, chaque match a attiré 216.000 téléspectateurs en phase classique et 290.000 durant les playoffs, Anderlecht restant le club le plus attractif avec 8 présences dans le top 10.

Le match le plus vu fut FC Bruges-Anderlecht en playoffs, avec 562.000 téléspectateurs (ayant regardé au moins une seconde). Le moins regardé fut Ostende-OHL (37.000). Certains ont capté des parts d’audience importantes comme FC Bruges-Antwerp (23,7% côté flamand) et le classico Standard-Anderlecht (14,2% côté francophone).

En moyenne, chaque journée de championnat a attiré 668.000 téléspectateurs, auxquels il faut ajouter quelques dizaines de milliers d’abonnés à l’offre digitale. Ces données d’audience sont fondamentales pour fixer les tarifs des écrans pub et, surtout, déterminer la clé de répartition des droits entre clubs.

Statu quo attendu

"Nous sommes satisfaits de ces chiffres d’autant qu’Eleven est une chaîne payante", se félicite, Guillaume Collard qui s’attend néanmoins à un statu quo avec le retour des fans au stade, car ce sont autant de gens qui ne seront pas présents devant leur écran. 

"L’objectif reste néanmoins de progresser, c’est pourquoi nous investissons tant dans l’expérience du téléspectateur", ajoute-t-il. De fait, si Eleven paie cent millions d'euros par saison pour les droits, il faut en ajouter vingt pour la production.

"La Belgique est le seul pays européen où le format de la compétition change aussi souvent."
Guillaume Collard
CEO d'Eleven Sports Belgique

Besoin de stabilité

Chez Eleven, on estime avoir rempli le cahier des charges. "D’autant, pointe Guillaume Collard, que nous payons nos échéances avant l’heure." Du pain bénit pour les clubs, qui devraient perdre, selon Deloitte, entre 80 et 120 millions d'euros sur les saisons 2020-21 à 2022-23 en raison de la crise sanitaire.

Le patron d’Eleven espère à présent de la stabilité dans le format du championnat qui a beaucoup changé. La Pro League a décidé de prolonger d’un an celui à 18 clubs, ce qui n’arrange guère Eleven puisque cela entraîne une hausse des coûts de production. "Pour des questions d’image, de compréhension du public et de coûts, on a intérêt à avoir plus de stabilité, la Belgique est le seul pays européen où le format change aussi souvent", observe-t-il.

Concurrence d'Amazon?

Cette stabilité est d’autant plus nécessaire pour Eleven qu’il détient les droits jusqu’en 2025. Et après? Amazon, qui vient d’entrer avec fracas en France, pourrait-il s’intéresser au championnat belge?

"Le marché des droits sportifs évolue sans cesse, cette arrivée ne nous a donc pas surpris, répond Guillaume Collard; mais la Belgique est un petit marché, compliqué, avec deux langues et déjà bien couvert; pour Amazon, c’est moins évident d’y débarquer que dans un grand marché uniforme comme la France."

En ligne avec le business plan

Pas de stress, donc, a priori. Car si Eleven était bénéficiaire à l’issue de son exercice 2019-2020, il se pourrait que le break-even pour l'activité Pro League ait déjà été atteint dès la première saison. Pas de confirmation officielle vu que l’exercice de la saison 2020-21 a été clôturé en juin et ne sera publié que fin d’année, mais le CEO se dit en ligne avec le business plan, malgré le Covid et ses impacts sur certains revenus.  

Un exemple: la pub. "Les revenus publicitaires sont bons, mais ne sont pas encore en lien avec les audiences, estime Guillaume Collard, ce qui n’est pas étonnant car, en raison de la crise, les annonceurs ont coupé leurs budgets une bonne partie de la saison."

La pub ne génère encore que quelques pourcents du chiffre d’affaires, l’essentiel venant des télédistributeurs, mais le groupe investit pour augmenter ces revenus. Un appel d’offres va ainsi être lancé auprès de prestataires technologiques par la Pro League pour développer, grâce à de l’intelligence artificielle, la publicité virtuelle dans les stades. Les revenus devraient être partagés entre Eleven, la Pro League et les clubs.

Le résumé

  • Le championnat de Belgique de football redémarre déjà ce vendredi. Pour Eleven Sports, détenteur des droits médias depuis un an, c'est la saison de la confirmation.
  • Le groupe va lancer plusieurs nouveautés pour enrichir l'expérience du téléspectateur.
  • Si les audiences de la saison 2020-21 ont été satisfaisantes, les revenus publicitaires ne sont pas encore en phase.
  • Eleven demande de la stabilité dans la formule de la compétition.

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