Débordé de plaintes, le CDJ demande de nouveaux moyens

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En 2018, le Conseil de déontologie journalistique a enregistré un record de plaintes. Alors qu’il fête ses dix ans, il demande des moyens supplémentaires pour faire face à cet afflux.

Année 2018 à nouveau chargée pour le Conseil de déontologie journalistique. L’organe d’autorégulation a reçu et traité 161 plaintes et a ouvert 77 dossiers d’instruction. C’est un nouveau record d’activités après celui de 2016.

161
plaintes
Le CDJ a reçu et traité 161 plaintes en 2018. Il a ouvert 77 dossiers d’instruction. C’est un nouveau record après celui de 2016.

Près d’une plainte sur deux a été jugée irrecevable, soit parce qu’il n’y avait pas d’enjeu déontologique, soit par une perception erronée du public du fonctionnement du CDJ. Dans ces différents cas, le CDJ a expliqué aux plaignants que le journalisme est affaire de droits autant que de devoirs.

Public plus exigeant

Cette inflation de plaintes peut paraître inquiétante pour le secteur. Le CDJ y voit plutôt l’intérêt pour la qualité déontologique de l’information à l’heure où les fake news se propagent comme un cancer. "Le public se montre beaucoup plus exigeant, il interpelle davantage le CDJ qui est lui-même mieux connu", explique Muriel Hanot, sa secrétaire générale.

« Le public se montre beaucoup plus exigeant, il interpelle davantage le CDJ qui est lui-même mieux connu"
Muriel Hanot,
secrétaire générale du CDJ

La recherche et le respect de la vérité, l’atteinte aux droits des personnes et les approximations sont les griefs les plus fréquemment invoqués par les plaignants. Un quart des dossiers concernaient des sites Web, devant les quotidiens imprimés (20%), la télévision (14%) et des quotidiens et leur site Web (11%).

Deux plaintes sur trois ont été introduites par des particuliers. Par ailleurs, le CDJ a répondu à 106 demandes d'information et résolu une quinzaine de dossiers par la médiation.  

Important arriéré

La conséquence de ce surcroît de travail, c’est un important arriéré. Début 2019, 46 des 77 dossiers ouverts en 2018 étaient toujours pendants. Il faut désormais 266 jours en moyenne pour obtenir une décision, soit près de neuf mois. Le CDJ réclame donc davantage de moyens. Après avoir obtenu un subside spécial pour l’acquisition d’un logiciel de traitement de plaintes, il demande l’engagement d’une personne supplémentaire à temps plein.

A ce jour, le CDJ n’emploie en permanence que deux personnes pour préparer et faire le suivi des dossiers (l’instance en elle-même étant constituée de représentants des journalistes, des rédacteurs en chef, des éditeurs et de la société civile). Son budget annuel s’élève à environ 190.000 euros, financé pour moitié par les éditeurs, et pour moitié par l’Association des Journalistes Professionnels via un subside de la Fédération Wallonie Bruxelles.

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