Des députés wallons aimeraient voir L'Avenir sortir de Nethys

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Le dossier de l’avenir de… L’Avenir revient à l’ordre du jour. Alors que le journal régional détenu par l’intercommunale Nethys s’est rapproché de Rossel via différents accords stratégiques, des députés wallons, issus tant de la majorité que de l’opposition craignent son absorption pure et simple.

Le rapprochement entre les éditons de L’Avenir et le groupe Rossel est devenu un sujet politique à Namur. Pour rappel depuis quelque temps, les deux groupes ont lié des alliances stratégiques (rachat d’IP Presse, commercialisation commune de leurs espaces publicitaires et, peut-être, impression de l’Avenir par Rossel…).

L’inquiétude de voir le pluralisme de la presse attaqué par une possible fusion entre les deux groupes de presse pousse l’ensemble des partis politiques à réfléchir à une solution de sauvetage. Le ministre de l’Economie se dit conscient du problème. "Cet adossement à Rossel est une mauvaise chose, car cela renforce le monopole et la fin du pluralisme dans la presse. C’est une formule à éviter." Alerté, Pierre-Yves Jeholet regrette également le silence de la direction de Nethys interpellée à de nombreuses reprises par les travailleurs de L’Avenir. "Au sein de Nethys, il y a une absence de stratégie qui nuit aux travailleurs." Privé de toute information, le personnel est inquiet. Il craint des mesures douloureuses pour l’emploi. L’Avenir s’apprête en effet à doubler sa perte en 2017. Elle devrait dépasser le million d’euros en raison de la mauvaise santé du marché publicitaire.

Rachat de L’Avenir par la SRIW

Une piste avancée par les députés  MR, le PS, Ecolo et le cdH au parlement mardi est de lancer un mécanisme de portage financier par la Région wallonne à travers la SRIW visant à racheter les parts de Nethys dans les éditions de L’Avenir. Dans un deuxième temps, la Région wallonne toujours à travers la SRIW se chargerait de trouver un nouvel actionnaire pour les activités de L’Avenir.

"Ce n’est pas naturel pour le monde politique d’être un groupe de presse. Je ne veux pas qu’on me reproche d’être le Berlusconi wallon."
Pierre-Yves Jeholet
Ministre wallon de l'Économie

Le ministre de l’Economie Pierre-Yves Jeholet se dit prêt à soutenir ce scénario de portage. "Je ne suis pas opposé à ce scénario mais il y a des conditions à suivre. On parle d’un portage et pas d’une subvention." Il avertit également que cette solution doit être temporaire. "Ce n’est pas naturel pour le monde politique d’être un groupe de presse. Je ne veux pas qu’on me reproche d’être le Berlusconi wallon."

Ultimatum

D’ici le lancement de la contre-offensive politique et la possibilité de racheter L’Avenir, les députés ont lancé un ultimatum aux patrons de Nethys et au monde politique liégeois actionnaire de l’intercommunale. "Il appartient à la majorité provinciale d’agir. Il faut une réponse pour le 20 décembre, la veille de l’assemblée générale de Nethys et de son actionnaire Publifin. Au-delà de cette date, si nous n’avons pas de réponse, il y aura une nécessité d’agir", clame le député cdH Dimitri Fourny. Sans réponse de la direction de Nethys, les députés pourraient forcer la vente en envoyant un commissaire spécial.

De son côté, Pierre-Yves Jeholet n’entend pas se précipiter. Il attend le nouveau plan stratégique de Nethys. "Une étude sur l’avenir de Nethys est en cours d’élaboration. Elle devrait faire le point sur le futur des activités dans l’assurance, la presse ou l’énergie. J’attends les différents scénarios qui vont venir sur la table du conseil d’administration de Nethys.

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