Des résultats financiers flatteurs pour la RTBF

La gestion au cordeau de Jean-Paul Philippot permet à la RTBF de présenter de bons résultats en 2019 ©Photo News

Le service audiovisuel public a affiché des profits record en 2019. Mais pour cause de Covid-19, 2020 et 2021 se termineront dans le rouge, prédit son patron.

Son rapport annuel 2019 confirme la bonne santé financière de la RTBF. Le résultat d’exploitation grimpe de 14,2 à 17,6 millions d’euros et le résultat net de 11,5 à 16 millions. Un record. Les revenus progressent de 2,4% à 381,9 millions. La trésorerie (53,1 millions, contre 38,3 en 2018) est aujourd’hui bien supérieure aux emprunts qui continuent de baisser, soit un différentiel de 28,8 millions. La perception d’une nouvelle tranche de la vente de terrains (12 millions) n’y est pas étrangère.

16
millions d'euros
En 2019, la RTBF a dégagé un résultat net de 16 millions d'euros. Un record.

"Nous avons des fonds propres positifs, ce que la maison n’a jamais connu et ce qui nous permet de  respecter le plan de financement de notre nouveau siège puisqu’on va y investir 55 millions sur fonds propres (pour un budget total de 191 millions), sans subside de la Fédération Wallonie-Bruxelles", se félicite son patron, Jean-Paul Philippot. "Une Fédération dont on améliore le solde de financement à hauteur de plus de 40 millions d’euros en 2019", ajoute le CFO Chris Vandevinne.

C'est le fruit d'une gestion stricte dans un contexte de "transformation à 360°", mais aussi de la hausse de 13 millions de la dotation, qui passe à 284,6 millions, conformément  au contrat de gestion. Celui-ci prévoit notamment pour 2019 et 2020 une hausse de 1,25% pour compenser la suppression de la pub pour certains produits et la baisse de 30 à 25% de la part de la pub dans le total des recettes. Un engagement théorique, la publicité n’ayant jamais atteint ces 25%.

La pub s'écrase

Et elle n’est pas près de l’atteindre. L’an dernier, les recettes pub ont à nouveau baissé, de 4% à 68 millions, mais de 8% en télé (36,2 millions). En cause : l’absence de gros événement sportif, la hausse de la consommation des plateformes digitales et l’impact de TF1 qui explique, selon la RTBF, la moitié de la perte de recettes.

"Dans le même temps, nous avons aussi vu nos charges augmenter puisque nous avons encore investi plus de 5 millions dans le digital et 46,5 millions dans la production indépendante locale ; c’est 50% de plus que ce que nous impose le contrat de gestion", rappelle Jean-Paul Philippot.

"Sur le volet rémunération, on doit avoir le rapport annuel le plus précis de toutes les sociétés belges, c’est bétonné de chez bétonné."
Jean-Paul Philippot
administrateur général de la RTBF

Reste que ce beau bulletin ne sera que passager. La RTBF subit, elle aussi, la crise du Covid-19. Elle s’attend à perdre 20 à 30% de ses recettes publicitaires (15 à 20 millions) en 2021, tandis que les droits sportifs (Euro, JO) seront imputés dans ses comptes 2021 au lieu de 2020, vu le report à 2021 de ces deux événements. Résultat : les deux exercices à venir seront dans le rouge.  

Enfin, ce rapport était aussi très attendu après que la précédente édition eut "oublié" une partie du salaire de Jean-Paul Philippot (58.000 euros, aujourd’hui remboursés). On se doute que toutes les précautions ont été prises : "Sur le volet rémunération, on doit avoir le rapport annuel le plus précis de toutes les sociétés belges, c’est bétonné de chez bétonné", ironise-t-il. On y apprend que François Tron, ex-directeur du pôle contenus aujourd’hui à la retraite, a gagné 417.000 euros brut, soit plus que son patron (402.000). Pour rappel, suite entre autres à cette affaire, ce dernier a vu ses émoluments ramenés à 245.000 euros à partir de 2020.

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