En Angleterre, la folle envolée des droits TV du foot s'est arrêtée

Sky diffusera la majorité des matchs en direct (128). ©REUTERS

Pour la première fois de l’histoire, les droits TV vont baisser au Royaume-Uni. C’est tout le monde du ballon rond qui peut s’inquiéter pour ses rentrées.

Le foot anglais, et le monde du ballon dans son ensemble, a-t-il atteint son maximum? Pour la première fois depuis la création de la Premier League, il y a 25 ans, les droits télévisuels de la compétition ont été attribués à la baisse.

Sky et BT Sport se sont en effet arrogé cinq des sept lots de la période 2019-2022 pour 4,46 milliards de livres (5,22 milliards d’euros), soit 700 millions de moins que pour l’actuelle période (2016-2019). Les deux chaînes payantes, qui diffusent conjointement la Premier League depuis 2013, ont obtenu l’exclusivité de 168 des 380 matchs de l’ensemble du championnat.

4,46 milliards £
Sky et BT Sport ont emporté cinq des sept lots des saisons 2019-2022 pour 700 millions de livres de moins que sur la période 2016-2019.

Sky diffusera la majorité des matchs en direct (128), alors que BT Sport, qui retransmet par ailleurs l’intégralité de la Ligue des Champions et d’Europa League, confirme que l’évolution de son modèle économique s’est avérée pertinente.

Cette baisse des droits est une douche froide pour les clubs anglais, qui dépendent principalement de la générosité des chaînes de télévision. Cette baisse est également inédite dans l’histoire économique du football de très haut niveau.

Les droits du football anglais restent toutefois assez nettement supérieurs à ceux des quatre autres grands championnats européens. Les deux lots restants ne devraient pas modifier ce renversement de tendance, qui reste surprenant puisque les contrats prévoient désormais la possibilité de retransmettre des matchs du samedi soir – une première en Angleterre. Par ailleurs, les analystes attendaient l’irruption d’Amazon ou de Facebook, qui pourraient toutefois se lancer sur les deux derniers lots.

Facebook et Amazon prêts à envahir le terrain

Ce prix moindre reflète aussi potentiellement une réalité plus inquiétante: l’effritement des audiences. Depuis le début de la décennie, les téléspectateurs anglais sont de moins en moins nombreux devant leur poste.

L’audience internationale, elle, a continué de progresser, à la faveur de matchs programmés en milieu de journée pour s’adapter aux horaires asiatiques. Ces droits internationaux sont toutefois nettement moins élevés et ne contribuent pas forcément à la popularité de la Premier League sur le plan domestique, les matchs disputés à midi ne correspondant pas tout à fait à la tradition footballistique.

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