Le futur gouvernement wallon s'opposera au rachat d'actifs Nethys par le management

L'éventualité d'un rachat de Voo par le mangement de Nethys -en ligne de mire Stéphane Moreau- fait grincer des dents. ©BELGA

Publifin, désormais rebaptisé Enodia, demande à un réviseur d'entreprises d'analyser la vente des actifs de Nethys. L'éventualité de voir Stéphane Moreau racheter Voo fait grincer des dents, notamment au PS, au MR et chez Écolo, les trois partis du futur gouvernement wallon.

Enodia, l'ex-Publifin, tenait son conseil d'administration mercredi soir. Au programme notamment la validation de la liquidation de Finanpart, la holding privée créée entre l'intercommunale liégeoise et la SA Nethys. Cette dissolution avait été recommandée il y a deux ans déjà par la commission parlementaire sur le scandale Publifin.

Nethys s'était montrée réticente à supprimer cette coquille vide. Une étude juridique avait même été demandée pour montrer les risques encourus en touchant à cette pièce de l'organigramme. Au final donc, Finanpart absorbée par Enodia, disparaîtra au cours d'une opération qui prendra il est vrai plusieurs mois.

La vente des "telco"

Autre dossier sur la table du conseil: la vente éventuelle du pôle telco de Nethys (Voo, WIN, L'Avenir, Elicio...). Selon "Le Soir" et "L'Avenir", les administrateurs d'Enodia veulent, dans un premier temps, s'assurer que la valorisation effectuée par McKinsey prend en compte l'intérêt des communes actionnaires. La première décision du conseil a donc été de saisir un réviseur d'entreprises pour analyser le travail de McKinsey.

Par ailleurs, les administrateurs se sont aussi penchés sur plusieurs questions liées à cette revente éventuelle dont celle de savoir comment marier le réseau privé de Voo avec celui de Brutélé fraîchement racheté par Enodia?

PS, MR et Ecolo d'une même voix 

Certains craignent l'éventualité de voir l'opérateur Voo racheté par son administrateur délégué, Stéphane Moreau avec des apports privés. Un fonds étranger serait en effet prêt à l'accompagner.

Deux candidats naturels sont aussi au portillon: Orange et Telenet, dont les managements respectifs ont déjà fait savoir à maintes reprises leur appétit pour le réseau câblé wallon et pour les millions de clients de Voo.

PS, MR et Ecolo partagent l'idée que si le management de Nethys devait racheter certains actifs, ils demanderaient à la tutelle d'exercer son pouvoir de blocage.

Il nous revient par ailleurs que le sujet Nethys et la vente des actifs concurrentiels a été abordé lors des discussions entre les partis du futur gouvernement wallon. PS, MR et Ecolo partagent l'idée que si le management de Nethys devait racheter certains actifs, ils demanderaient à la tutelle d'exercer son pouvoir de blocage.

Willy Borsus, ministre-président wallon sortant, nous déclarait déjà que l'hypothèse d'un "management buy out" sur Voo n'était pas une "bonne idée". "On a imaginé qu'on puisse adosser les activités concurrentielles comme Voo à des partenaires privés du secteur et que l'on puisse renforcer l'ancrage public pour les activités stratégiques comme l'aéroport. L'hypothèse d'une forme d'appropriation de Voo par le management ne semble pas la bonne voie."

Des bourgmestres socialistes inquiets

Quant aux bourgmestres socialistes, ils estiment aussi "imbuvable" l'idée d'un management buy out. En ligne de mire: leurs intérêts mal défendus, des craintes pour l'emploi statutaire chez Voo, des craintes de voir leurs dividendes versés par Enodia utilisés pour éponger les salaires des travailleurs laissés sur le carreau par l'acheteur.

Enfin, Valérie De Bue, toujours ministre de tutelle, réclamait il y a quelques semaines dans un courrier le détail du contenu du mandat des négociations confié à Nethys pour réaliser ces ventes d'actifs.

Un nouveau conseil d'Enodia est prévu le 25 septembre.

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