Ergon s'apprête à tourner la page Keesing

Les sports cérébraux sont plutôt des gagnants de la crise. ©Theo Saffroy

Fort de la croissance du leader européen des revues de jeux cérébraux, le fonds de private equity né dans le giron de GBL étudie désormais la vente de sa participation.

À la mi-2017, Ergon prenait une participation de 70% dans Keesing, leader européen dans les revues de jeux cérébraux (mots croisés, mots fléchés, sudokus,...) en remplaçant les sociétés néerlandaises de capital-investissement Egeria et Parcom. Telegraaf Media Groep (TMG), jusqu'alors propriétaire, était, lui, resté à bord (30%).

Trois ans après son entrée et une forte croissance de ce qui constitue l'une des belles pièces de son portefeuille, le moment était désormais venu de plier bagage pour le fonds de private equity, né dans le giron de GBL. ING et la banque d'affaires DC Advisory ont été mandatées pour gérer le processus de vente (de ses désormais 60%, le management étant entre-temps entré au capital), a-t-on appris à bonnes sources. Dont le coup d'envoi doit être donné début septembre.

Côté TMG, filiale du groupe de presse belge Mediahuis, par contre, rien n’a filtré quant à un éventuel exit.

Après une forte croissance

Lors de l'entrée au capital d’Ergon, Keesing était évaluée à 150 millions d'euros, soit environ 7 fois son excédent brut d'exploitation (ebitda) pour 2016. Et réalisait cette année-là un chiffre d'affaires de 73 millions pour un ebitda de 21,5 millions. Ceci, grâce à une forte position de marché dans des pays comme la France, la Belgique et le Danemark.

Sous l'égide d’Ergon, l'entreprise néerlandaise a bien grandi. Elle s'est même hissée au rang de leader sur le marché européen des revues dédiées aux jeux cérébraux – notamment grâce à ses marques SportCérébral ou Denksport. Réalisant une dizaine d'acquisitions au passage – sans compter une prise de participation minoritaire substantielle dans Elevate Labs, éditeur américain d'applications mobiles spécialisé dans la gymnastique cérébrale, à l'origine de l'app de l'année en 2014 sur l'Apple Store US.

156 millions €
De 73 millions d'euros en 2016, le chiffre d'affaires de Keesing est passé à 156 millions d'euros en 2019.

Résultat, ses ventes ont désormais atteint les 156 millions d’euros, en 2019, pour un ebitda de 33 millions – qui devrait dépasser les 40 millions cette année. Et ce, grâce à plus de 100 millions de magazines publiés, contre 86 encore lors de l'arrivée du fonds de private equity.

Une performance qui ne fut pas entachée par les effets de la pandémie de Covid-19. Et pour cause, Keesing – qui rachetait deux concurrents en Suède et en Italie en mai dernier - fait partie des gagnants de la crise, rapportaient nos confrères du Financieele Dagblad en mai. Et les acteurs du monde des médias lui ont commandé plus de jeux qu'à l'accoutumée pour pallier le manque d'actualités sportives.

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