Everlasting lave son linge sale en public

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Séance de lavage de linge sale en public ce matin [mercredi] au tribunal de commerce francophone de Bruxelles à l'occasion de la présentation des offres de deux repreneurs des activités d'Everlasting Group, la société de production qui fournit quelques-uns de ses plus importants programmes à RTL-TVI.

Marathon judiciaire ce matin pour Nicholas Ouchinsky, le mandataire de justice chargé de gérer le transfert des activités d'Everlasting Group, la société de production qui fournit à RTL-TVi quelques-uns de ses programmes phares (Mariés au premier regard, Septante et un, Expédition Pairi Daiza,...). Après avoir assisté à une audience au tribunal du travail dans le cadre de la validation du transfert des contrats de travail, le mandataire de justice n'a eu qu'à traverser la Place Poelaert pour présenter au tribunal de commerce francophone de Bruxelles deux offres. 

Deux offres intéressantes

©RTL TVI

Résumant sa mission dans les grandes lignes, Nicholas Ouchinsky a expliqué avoir travaillé dur pour obtenir toutes les informations nécessaires à la mise en place d'une data room afin que les candidats repreneurs puissent se faire une idée des activités à reprendre. In fine, après deux tours de table, le mandataire de justice a isolé deux offres qui ont été présentées hier matin [mardi] au tribunal de commerce.

D'un côté, il y a l'offre faite par Xavier Debatty, le CEO d'Everlasting Group, actuellement sous le coup d'une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ), qui, pour l'occasion, a décidé de s'associer avec le producteur français Hervé Hubert (La Roue de la fortune, les Reines du Shopping, Le Juste Prix, le Bigdil,...). Cette offre prévoit un prix de 314.000 euros, la reprise d'un passif bancaire évalué à 2,350 millions d'euros et la reprise de 22 travailleurs. Une autre offre, remise par le producteur espagnol Lavinia, prévoit un prix de 496.000 euros et la reprise de 22 travailleurs (+ 1 autre travailleur dans le cadre d'une offre complémentaire faite par MM Motivation).

Linge sale

Le mandataire de justice ne s'est pas prononcé sur une quelconque préférence, laissant le soin au tribunal d'écouter le détail des offres faites par les avocats des parties. La parole a d'abord été donnée à Philippe Meessen, le conseil de Xavier Debatty et de Never Ending Story (NES, société en formation qui reprendrait les activités d'Everlasting si cette offre est choisie). Il a commencé par présenter le profil du producteur français Hervé Hubert qui prendrait 60% des parts de la société en train d'être constituée. Avant, ensuite, de commencer à dénigrer Lavinia, le candidat espagnol qui a fait la seconde offre. 

Il a alors abordé par le détail la situation de certains travailleurs repris par Lavinia, s'interrogeant ouvertement sur leurs fonctions et s'étonnant ouvertement de la non-reprise du principal réalisateur d'Everlasting Group sur les épaules duquel reposent la plupart des émissions. Il n'a pas manqué de souligner que Lavinia était plutôt spécialisé dans les émissions d'informations et non de divertissements. Il a également précisé que le directeur des programmes d'Everlasting, repris par Lavinia, lui a fait part de sa volonté de ne pas travailler pour Lavinia si l'offre espagnole était acceptée. 

RTL "sauve" le "Septante et Un"

©Photo News

En marge de la procédure de PRJ des 5 sociétés du groupe Everlasting, un conflit était né concernant les droits de la licence permettant d'exploiter l'émission "Septante et un", l'un des programmes phares de RTL-TVi qui amène, sur un tapis rouge, les auditeurs vers le Journal Télévisé. En cours de procédure, le mandataire de justice a obtenu une requête interdisant à l'intermédiaire souhaitant négocier en direct avec RTL-TVi les droits du "Septante et Un" de prendre contact avec RTL. Cet intermédiaire était en conflit (financier) avec Xavier Debatty. Ce matin, à l'étonnement général, l'intermédiaire en question a décidé de se retirer de la procédure. "Cette affaire avait créé beaucoup de difficultés de communication avec RTL qui a senti le vent du boulet passer", a expliqué l'avocat avant de préciser que les contacts avaient été renoués. "J'annonce à RTL que son programme n'est plus menacé", a-t-il ajouté, probablement à l'intention de Xavier de Thibault de Boesinghe, l'avocat de RTL-TVi, venu assister à l'audience en observateur. 

Dénigrement

Prenant la parole à son tour, Rodolphe Horion, le conseil de Lavinia, n'a pas caché sa déception. "Je ne comptais pas prendre la parole pour dénigrer l'offre de mon adversaire", a-t-il entamé, rappelant que Xavier Debatty, avant de se tourner vers Hervé Hubert, avait négocié pendant des mois avec Lavinia, le producteur espagnol avec qui un accord de reprise avait même été trouvé. Le conseil de Lavinia, répétant ce qu'avaient affirmé avant lui le mandataire de justice et le juge-délégué, a expliqué que son client avait souffert d'un manque d'informations. "On a dit que monsieur Debatty était un homme d'honneur et qu'il ne voulait pas rompre la confiance avec ses fournisseurs, mais sa réelle motivation n'est pas celle-là. Les différentes sociétés ont accumulé pour plus de 13 millions de dettes, l'objectif de monsieur Debatty n'est pas de sauver les activités d'Everlasting Group, mais bien de se sauver de la pression des banquiers". 

Le manque d'informations disponibles et une levée de boucliers d'une grande majorité des travailleurs d'Everlasting semblent avoir eu raison de l'enthousiasme de Lavinia. "Le projet de Lavinia est de reprendre les activités dans un climat positif. Des projets sont en place, mais nous ne voulons pas les réaliser dans un contexte conflictuel. Nous maintenons notre offre, mais du bout des lèvres, je vous dis, face à cette levée de boucliers, que nous avons des craintes", a plaidé l'avocat, assurant tout de même que la cession devait se faire de toute urgence. Les caisses d'Everlasting sont vides, "l'ensemble des sociétés du groupe perd de l'argent et elles augmentent leurs dettes". 

13 travailleurs

©BELGAIMAGE

Treize travailleurs ont tenu à faire une intervention volontaire dans la procédure afin, notamment, de faire connaître leur position. Dix d'entre eux étaient repris par les deux projets. Malgré cela, ils ont tenu à apporter leur soutien au projet NES (Debatty/Hubert) et ce, notamment, dans une optique de continuité des activités. Une travailleuse, reprise par les deux offres, a sans doute le mieux résumé le sentiment de ses collègues. "Je suis tracassée par ce que je ne connais pas et je confirme que Xavier Debatty a toujours la confiance des clients", a-t-elle déclaré, précisant qu'elle soutenait l'offre de NES. 

Après trois heures d'une audience particulièrement dense, la présidente de la chambre des PRJ a promis de rendre un jugement dans les meilleurs délais. 

 

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