Facebook déçoit avec ses résultats et s'effondre à Wall Street

©REUTERS

Facebook a attiré moins d'utilisateurs que prévu et a dévoilé un chiffre d'affaires décevant au 2e trimestre. Le titre a dévissé à Wall Street où il a clôturé en baisse de 19%.

Facebook , embourbé dans les polémiques, a déçu les attentes mercredi concernant son nombre d'utilisateurs mensuels et son chiffre d'affaires, faisant chuter le titre de 19% à Wall Street ce jeudi. Soit 115 milliards de dollars de capitalisation boursière partis en fumée.

Forte d'une envolée de 23,3% depuis le début de l'année, l'action Facebook avait pourtant grimpé mercredi à un niveau inédit, atteignant 217,50 dollars. Mais le groupe a pris les investisseurs et analystes financiers de court mercredi soir en annonçant ses résultats du deuxième trimestre.

"Le deuxième trimestre a apporté des grandes surprises à Facebook."
Michael Graham
Analyste

"La chute du cours a été entraînée par les commentaires de la direction, qui a toujours adopté une posture très prudente, sur le ralentissement de la croissance du chiffre d'affaires après un trimestre au cours duquel l'entreprise a pour la première fois (depuis son entrée en Bourse) déçu en matière de revenus publicitaires", selon les analystes de Goldman Sachs. Ils incitent toujours leurs clients à acheter le titre mais ont réduit leur objectif de prix à 12 mois de 225 à 205 dollars l'action.

"Le deuxième trimestre a apporté des grandes surprises à Facebook", a remarqué de son côté Michael Graham, analyste spécialisé dans les technologies chez Canaccord Genuity, qui a aussi revu son estimation de prix de 240 à 200 dollars.

"La croissance du chiffre d'affaires est affecté de façon importante par les effets de change, les utilisateurs se tournent de plus en plus vers Stories, qui rapportent moins d'argent, et le groupe va potentiellement être affecté par toutes les problématiques autour du Règlement général pour la protection des données", entré en vigueur en mai dans l'Union européenne et qui renforce les droits des usagers, a-t-il souligné.

Résultats et prévisions décevants

Le réseau social n'avait au 30 juin que 2,23 milliards d'utilisateurs mensuels actifs (+11%), moins que les 2,25 milliards anticipé par les marchés, qui scrutaient tout signe de faiblesse du titan. Le groupe est en effet englué dans les controverses, en particulier sur la gestion des données personnelles depuis le scandale Cambridge Analytica, des polémiques mauvaises pour son image et susceptibles de refroidir le public et les annonceurs.

"Nous sommes déterminés à investir pour que le public soit en sécurité."
Mark Zuckerberg
PDG de Facebook

Déception aussi concernant le nombre d'utilisateurs quotidiens actifs, qui étaient de 1,47 milliard fin juin quand les marchés en attendaient 1,49 milliard. Facebook a aussi déçu les marchés sur son chiffre d'affaires, qui atteint 13,23 milliards (+42%), moins que les 13,36 milliards espérés par les analystes.

Le groupe a pourtant vu son bénéfice net bondir de 31% à 5,1 milliards de dollars.

"Nous sommes déterminés à investir pour que le public soit en sécurité", a commenté le PDG du groupe Mark Zuckerberg. De fait, les dépenses du groupe, en partie dues au besoin de mieux contrôler ce qui circule sur le réseau, ont bondi de 50%, à 7,37 milliards de dollars.

Désinformation, manipulations politiques venues de Russe, gestion des données personnelles: Facebook connaît des polémiques à répétition depuis plus d'un an et tente de redorer son image par tous les moyens. En particulier depuis le scandale retentissant autour de Cambridge Analytica (CA), du nom d'une firme britannique qui avait récupéré les données de dizaines de millions d'utilisateurs de Facebook sans leur consentement. CA avait travaillé ensuite pour la campagne présidentielle du républicain Donald Trump en 2016.

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