Feu vert pour la réorganisation de l'information à la RTBF

Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF ©Photo News

Après avoir frôlé la crise cet automne, direction et journalistes du service audiovisuel public se sont accordés sur la manière de mieux faire fonctionner la rédaction.

La Société des Journalistes (SDJ) et la direction de la RTBF se sont mis d’accord sur la réorganisation de la rédaction. On se souvient qu'en octobre, la SDJ (plus de 300 journalistes) avait adressé un courrier musclé à l'administrateur général, Jean-Paul Philippot, dénonçant l'échec du plan de transformation de la rédaction, un an après sa mise en oeuvre.

+ de 300
journalistes
La rédaction de la RTBF compte plus de 300 journalistes

Ce plan avait pour objectif d’instaurer un fonctionnement plus transversal entre les TV, radio et web. Las, ce plan a désorganisé la rédaction et a entraîné une surcharge de travail et des congés maladie. Ce qui poussa la SDJ à déposer une motion de défiance envers la direction, ultimatum à la clé: si aucune amélioration n’intervenait pour le 11 décembre ils déclencheraient des actions.

Puis, les choses se calmèrent, la direction fit preuve d’ouverture et organisa des réunions de travail via un "groupe des dix". Comme prévu, une première évaluation a eu lieu la semaine dernière. Elle a été votée positivement par la majorité des membres de la SDJ.

Concrètement, les grands principes ne changent pas. Il s’agit toujours de produire l’info dans une approche à 360 degrés (un journaliste doit être capable de travailler pour la télé, la radio et le web), la stratégie éditoriale doit être adaptée à tous les publics et les moyens sont stabilisés, alors qu’à l’époque certains évoquaient un plan d’économies caché.

Trois pôles

En revanche, la fonction de "managers info 360 degrés" disparaît. Ces cinq personnes étaient chargées de toute l'info produite au quotidien sur toutes les plateformes. "C’était une sorte de dispatching qui avait pour conséquence de transformer les journalistes en simples pions susceptibles de traiter de tous les sujets, explique un journaliste, si la polyvalence a ses vertus, ce système bridait les expertises de chacun." Retour donc à un système plus classique en trois pôles spécialisés: Belgique, international et société.

Jean-Paul Philippot n’avait pas d’autre choix que de lâcher du lest

Dans un courrier interne dont L’Echo a pris connaissance, Jean-Paul Philippot félicite ses équipes pour leur engagement. Du côté de la SDJ, on salue l’ouverture de la direction qui a joué le jeu, sans tabou, même si tout est loin d’être parfait et que le processus est amené à évoluer.

Certains ne manquent cependant pas d’observer que Jean-Paul Philippot n’avait pas d’autre choix que de lâcher du lest. En pleine procédure de reconduction de son mandat, gangrenée par l’affaire de son salaire, ce n’était pas le moment de se mettre à dos la puissante rédaction.

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