Google et Facebook s'attaquent aux faux sites d'actualités

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La victoire de Trump a lancé un débat sur l’inaction des deux entreprises face au partage de fausses infos.

Une semaine après l’élection surprise de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, Google et Facebook réagissent. Lundi 14 novembre, les deux géants du Web ont annoncé que les faux sites d’actualités n’auront plus accès à leurs plates-formes publicitaires, respectivement AdSense et Facebook Audience Network. Les sites parodiques, comme Nordpresse, Le Gorafi et The Onion ne sont pas concernés par cette mesure.

Les sites parodiques, comme Nordpresse, Le Gorafi et The Onion ne sont pas concernés.

Depuis une semaine, la polémique fait rage dans la Silicon Valley. De nombreux observateurs accusent en particulier Facebook d’avoir facilité la victoire du candidat républicain en permettant à ses partisans de partager de fausses informations. Plus d’un million de fois pour certains de ces articles, comme par exemple celui assurant, à tort, que le pape François soutenait Donald Trump. Selon le Pew Research Center, près de la moitié des Américains s’informent sur le réseau social.

Zuckerberg minimise

Facebook, qui compte plus de 150 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis, a choisi de nier le problème. "Il est dingue de croire que les fausses informations publiées sur Facebook ont pu influencer le résultat de l’élection", affirmait jeudi dernier Mark Zuckerberg, son fondateur et patron. "99% de tout ce que les gens voient sur Facebook est authentique. Seuls une minorité sont des articles mensongers", a-t-il ajouté samedi dans un message publié sur son profil. Ce chiffre reste cependant impossible à vérifier.

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La position de Mark Zuckerberg contraste avec celle de Sundar Pichai, le directeur général de Google. Interrogé mardi par la BBC, celui-ci reconnaît que la prolifération de fausses informations a pu jouer un rôle. Des voix discordantes se font entendre au sein même de Facebook. Selon le site BuzzFeed, plusieurs dizaines d’employés se sont ainsi réunis, de manière informelle, pour évoquer ce sujet et les outils pouvant être mis en place pour limiter la diffusion des articles mensongers.

Nouvelle ampleur

Le problème n’est pas nouveau mais il semble avoir pris une nouvelle ampleur au cours de la dernière campagne américaine, alors que la défiance vis-à-vis des médias traditionnels n’a jamais été aussi importante. La semaine dernière, BuzzFeed racontait comment une partie de ces sites étaient gérés depuis une petite ville de Macédoine, avec pour seul objectif de générer des recettes publicitaires. "Jusqu’à 3.000 dollars par jour", expliquait l’un des gérants.

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Les mesures prises par deux entreprises ne vont pas suffire à résoudre le problème. D’abord, parce que les sites concernés disposent d’autres plates-formes pour monétiser leur audience. Ensuite, parce que leurs articles continueront d’apparaître dans les résultats de recherche sur Google et dans les fils d’actualités sur Facebook. Lundi, en cherchant "résultats élection" sur Google, le premier lien renvoyait vers un faux site, affirmant que Donald Trump avait obtenu plus de voix qu’Hillary Clinton.

Une question de volonté

Le blocage total de ces sites est avant tout une question de volonté. "Malgré son audience massive, Wikipedia n’a pas renoncé à la vérité", estime un ancien de Facebook. Mais il faudra y mettre les moyens, avec des équipes dédiées à traquer les articles mensongers.

Un tel scénario ouvrirait cependant un autre débat, en donnant le droit à Google et Facebook de déterminer ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. "Nous devons être extrêmement prudents avec l’idée que nous puissions devenir nous-mêmes des arbitres de la vérité", assure ainsi Mark Zuckerberg. Le fondateur de Facebook sait aussi que la marge de manœuvre est étroite. En mai, le réseau social avait été accusé par des responsables républicains de parti pris politique.

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