Imbroglio total aux Editions de l'Avenir

Jos Donvil, CEO des Editions de l'Avenir, veut négocier au finsih avec les syndicats ©Anthony Dehez

Alors que la rédaction a repris le travail ce mercredi matin après deux jours de grève, la direction bloque la parution du journal tant qu’un accord global n’est pas conclu.

C’est le monde à l’envers aux Editions de l’Avenir. A l’issue d’une assemblée générale ce mercredi matin, le personnel a décidé à 109 voix pour, 0 contre et 15 abstentions, de reprendre le travail ces mercredi et jeudi, après deux jours de grève, ceci en "en signe d'ouverture". La grève avait été décrétée suite aux licenciements secs de trois journalistes dans la cadre du plan de restructuration. Des licenciements ciblés selon la SDR (Société des Rédacteurs) et l’AJP (Association des Journalistes Professionnels); ce qu’a toujours nié la direction.

Lock-out numérique

Cette reprise du travail est liée à la levée du "lock-out" numérique et à la garantie que de telles mainmises sur l'outil de travail des journalistes ne se produiront plus à l'avenir, ont précisé les deux associations. Depuis mardi, les journalistes n’ont en effet plus accès au site et aux réseaux sociaux du titre. L'AG a voté une grève ce vendredi si les revendications ne sont pas rencontrées.

"Le lock-out opéré à L’Avenir est gravissime! Il s’apparente à de la censure pure et simple."
Ricardo Gutiérrez
Secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes

"Ce lock-out patronal numérique est inédit", déplorent l’AJP et la SDR ; "pour ce faire, la direction a spécialement dépêché un technicien de Voo, très étonné de la mission qui lui était confiée: priver les travailleurs d’un accès à leur outil de travail."

"Le lock-out opéré à L’Avenir est gravissime! Il s’apparente à de la censure pure et simple", renchérit le secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes, Ricardo Gutiérrez. "Un journal n’appartient ni à son éditeur ni à ses journalistes, mais à ses lecteurs."

Accord au finish

Mais, surprise, ce mercredi après-midi, la direction a fait part de sa volonté de ne relancer les rotatives qu'après la conclusion d'un accord social définitif. "La publication du journal demain/jeudi est liée aux négociations qui sont en cours", confirmait ce mercredi en début de soirée à Belga la direction du journal.

Ces discussions - qui ont repris mercredi à 16H avec les syndicats mais sans l'AJP et la SDR, qui voulaient pourtant y participer - portent sur la réintégration des trois journalistes. L'intention de la direction est de mener ces négociations au finish. Dans l'attente d'une fumée blanche, le personnel de l'Avenir a toutefois travaillé normalement ce mercredi pour préparer le journal de ce jeudi.

Un conflit qui laissera des traces

Quoi qu’il en soit, ce conflit, d’une violence rarement vue, agite le landerneau politico-médiatique. Très discret jusqu’ici sur ce dossier, le ministre des Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles Jean-Claude Marcourt a demandé à la direction de faire toute la clarté sur l'existence ou non d'une liste noire.

"La Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas amenée à s'immiscer dans les mécanismes de restructuration, ni dans la procédure sociale qui l'accompagne, qui relèvent de la compétence et de la responsabilité des gouvernements fédéral et wallon."
Jean-Claude Marcourt
Ministre des Médias

La demande porte également sur la logique qui a présidé au choix des trois personnes licenciées et sur le blocage des outils de production, le réseau informatique en l'occurrence, indique-t-il ce mercredi dans un communiqué. Et de rappeler que "la Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas amenée à s'immiscer dans les mécanismes de restructuration, ni dans la procédure sociale qui l'accompagne, qui relèvent de la compétence et de la responsabilité des gouvernements fédéral et wallon. Par contre, toute question relative à la liberté de la presse, pilier essentiel de notre démocratie, interpelle au premier chef".

De leur côté, les sociétés de rédacteurs de La Libre, du Soir et de la RTBF ont dit apporter leur soutien aux journalistes de L'Avenir. L'AJP a également voté à l'unanimité une motion de soutien aux journalistes de L'Avenir.

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