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IPM et Rossel candidats au rachat de Paris Normandie

Comme l'ensemble de la presse, Paris Normandie voit ses recettes publicitaires chuter en raison de la crise. ©MAXPPP

Trois groupes, dont deux Belges, sont candidats à la reprise de ce titre de presse régionale française placé en liquidation judiciaire.

Après avoir fait une offre pour le pôle presse de Nethys (L’Avenir, Proximag, Moustique…), Rossel (Le Soir, Sudpresse, 50% de Mediafin…) et IPM (La Libre, la DH…) s’affrontent désormais pour la reprise de Paris Normandie, groupe de presse régionale française actif en Haute Normandie. Ils ont chacun déposé une offre vendredi, tout comme un troisième larron, 1healthmedia, un groupe d’édition et de formation dans le domaine médical.

Paris Normandie est en difficultés depuis longtemps et a souvent changé de propriétaire. Il avait été racheté en 2012 au groupe Hersant par l'homme d'affaires Xavier Ellie, avant d’être placé en redressement judiciaire en 2016. À l’époque, Rossel s’était déjà intéressé au dossier avant que le tribunal de commerce de Rouen se prononce début 2017 en faveur du plan de continuation de son actionnaire. Lequel allait le céder ensuite à Jean-Louis Louvel, un entrepreneur normand à la tête de PGS, n°1 français de la palette (286 millions d’euros de chiffre d’affaires).

Depuis, les ventes ont continué à baisser passant de 50.300 exemplaires en 2017 à 41.300 en 2019. Le titre affichait fin 2019 un chiffre d’affaires de 29,4 millions d’euros pour une perte de plus de 530.000 euros et un endettement de 7 millions, rapporte l’AFP. Ses recettes publicitaires ont chuté de 90% depuis le début de la crise du coronavirus. Il a donc été à nouveau placé en liquidation judiciaire devant le tribunal de commerce. Celui-ci va examiner les trois offres et devrait trancher d’ici le 9 juin.

41.000
exemplaires
Entre 2016 et 2019, les ventes de Paris Normandie sont passées de 50.300 à 41.300 exemplaires.

Expansion

Reste à voir quel est l’intérêt des deux Belges à investir dans pareille entreprise. Pour Rossel, cette nouvelle tentative lui permettrait d’étendre sa tache d’huile dans le "grand nord" de la France après La Voix du Nord à Lille et L’Union de Reims. "Paris Normandie est trop petit pour continuer à vivre seul, il doit s’adosser à un grand groupe, indique Bernard Marchant, CEO de Rossel; il y a plusieurs synergies possibles, que ce soit en termes d’informatique, de digital ou de distribution."

La reprise de Paris Normandie permettrait à Rossel d’étendre sa tache d’huile dans le "grand nord" de la France après La Voix du Nord à Lille et L’Union à Reims.

Quant à IPM, son patron François le Hodey souligne que son groupe veut croître et qu’il cherche depuis longtemps à se développer en France, après avoir été pendant dix ans actionnaire minoritaire de Libération: "Il y a une logique économique, dit-il, développer les activités en ligne, l’informatique, etc. nécessite d’importants moyens; pour les amortir, il faut de gros volumes et donc des alliances." Si son offre devait être retenue, IPM s’associerait avec l’actionnaire actuel, "car il est important de s’appuyer avec des gens du cru qui connaissent bien le terrain", ajoute son CEO. IPM deviendrait alors majoritaire avec 51%, Jean-Louis Louvel conservant 49%. Une position minoritaire visiblement plus conforme à son statut de candidat à la mairie de Rouen.

Si son offre devait être retenue, IPM s’associerait avec l’actionnaire actuel, car dit son patron, "il est important de s’appuyer avec des gens du cru qui connaissent bien le terrain."

En pôle pour L’Avenir

Malgré la crise qui pèse sur les recettes publicitaires et l’activité de paris sportifs d’IPM, François le Hodey assure que le groupe est à même de mener conjointement cette opération avec le rachat du pôle presse de Nethys. Un rachat pour lequel il paraît aujourd’hui en pole position. Alors que Roularta s’intéresse surtout aux magazines et que la candidature du fonds allemand Fidelium reste mystérieuse, il nous revient que la motivation de Rossel dans ce dossier serait amoindrie en raison des mauvais chiffres des Éditions de l’Avenir, accentués par la crise, et de difficultés en matière de concurrence rendant impossible la gestion de l’entreprise pendant 6 à 12 mois. Le verdict de ce processus-là est, lui, attendu en juillet.

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