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interview

Joan Condijts, CEO de LN24: "Nous espérons nous lancer en Flandre l’an prochain"

Joan Condijts et Martin Buxant, cofondateurs de LN24. ©Frederic Sierakowski / Isopix

La chaîne d’infos en continu fait sa rentrée avec quelques nouveautés. Crise oblige, elle a reporté à plus tard son objectif de break-even et est toujours à la recherche de nouveaux investisseurs. Notamment pour se développer en Flandre.

Lancée en grande pompe il y a tout juste deux ans, la chaîne d’infos LN24 a connu des débuts chaotiques. La crise sanitaire a plombé ses déjà maigres revenus publicitaires. Et il a fallu plusieurs remises au pot de ses actionnaires historiques et l’arrivée d’invests publics (Finance.brussels et la SRIW, cette dernière sous forme de prêt) pour maintenir le navire à flot.

Pas de quoi réfréner les ambitions de ses pères fondateurs, le duo Joan Condijts (CEO) et Martin Buxant (rédacteur en chef). Que ce soit sur le plan des contenus que de la croissance. Côté offre, LN24 propose ainsi une série de nouveautés pour sa rentrée. Comme, à 20h, "C’est direct", émission d’analyse de l’actu du jour par de vieux briscards de la politique (dont les nouveaux venus Joëlle Milquet et Jean-Michel Javaux), le tout sous la houlette de l’ex-ertébéen Thibaut Roland, une émission dédiée aux investisseurs et aux marchés financiers le vendredi soir, l’extension de la matinale au week-end, un magazine bimensuel dédié à la mobilité et le lancement de la plateforme digitale LN24+, dédiée au décryptage de grandes thématiques, avec le soutien financier de Google, etc. Bref, l’occasion de faire le point avec le patron, Joan Condijts.

Comment se porte LN24 deux ans après son lancement?

Sur le plan des audiences, nous avons dépassé nos attentes puisque nous enregistrons 2% de parts de marché sur notre groupe cible, les 25-54 ans issus des groupes sociaux 1 à 4 et 132.000 téléspectateurs quotidiens. En outre, 98% de notre audience se fait "en live", contre seulement 80% pour le marché.

"On considère que 2021 est la vraie première année pour nous."

Sur le plan financier, par contre, nous n’atteindrons pas notre objectif d’être break-even en 2022. On a démarré il y a deux ans. Six mois après éclatait la crise sanitaire qui a poussé les annonceurs à fermer le robinet publicitaire. Pour une chaîne en plein démarrage, c’était évidemment très compliqué, même si la crise nous a aussi permis de doper notre notoriété. On considère donc que 2021 est la vraie première année pour nous. Heureusement, le marché publicitaire qui représente la moitié de nos revenus (le reste vient de parrainage, de content marketing, d’émissions sur mesures, de location des studios, etc. ), se redresse. Nous enregistrons ainsi une croissance de 200% de nos recettes pub au premier semestre, même si, c’est vrai, on partait de beaucoup plus bas.

"Nous tablons donc plutôt sur un break-even d’ici 2023 ou 2024."

Selon les comptes annuels 2020, LN24 affiche plus de 7 millions de pertes cumulées. Quels sont dès lors vos objectifs financiers?

Notre budget de fonctionnement tourne autour des cinq millions d’euros. Cette année, notre chiffre d’affaires devrait atteindre 2 à 3 millions d’euros. Sauf nouvelle crise, nous tablons donc plutôt sur un break-even d’ici 2023 ou 2024.

Pour cela, faudra-t-il de nouvelles injections de capital?

On aura encore besoin d’argent frais au cours des prochains mois et des prochaines années. Que cela soit via les sept actionnaires existants (les deux fondateurs, Besix, Belfius, Jean-Pierre Lutgen, Giles Daoust et, plus récemment, Finance.brussels, NDLR) ou en élargissant notre capital. Nous n’avons jamais caché que nous étions ouverts à d’autres investisseurs.

5
millions d'euros
C'est le budget de fonctionnement annuel de LN24

À propos de Finance.brussels, n’est-ce pas étrange que son patron, Pierre Hermant, anime sur vos antennes une émission dédiée à l’entrepreneuriat? N’y a-t-il pas un mélange des genres inapproprié, d’autant qu’il parle dans son émission d’entreprises qu’il soutient?

Je comprends que cela interpelle. Mais Pierre Hermant a mis un point d’honneur à ce que toutes les règles de corporate governance soient respectées. Tout est parfaitement balisé et, dans les faits, il y a vraiment une séparation claire entre ses deux activités. Et nous n’avons pas de retour négatif sur cette question.

Des rumeurs ont évoqué un retrait de Belfius et un intérêt de IPM, soucieux de se développer dans l’audiovisuel après l’échec de sa tentative de reprise de RTL Belgium. Qu’en est-il?

Pour Belfius, je n’ai pas connaissance de pareille volonté (contacté, le bancassureur ne confirme pas non plus). Quant à IPM, ce sont en effet des rumeurs que je ne commente pas.

"Le dossier de notre radio est loin d'être enterré."

D’autant que vous êtres en conflit avec IPM (éditeur de La Libre, La DH, et l’Avenir) sur le dossier de la radio... Où en est cette affaire?

Nous ne sommes pas en conflit avec IPM. C’est IPM qui a attaqué devant le Conseil d’État l’attribution par le CSA de la fréquence de DH Radio à LN24. Si tout va bien, le Conseil d’État devrait se prononcer d’ici la fin de l’année. Et si sa décision nous est favorable, il nous faudrait quelques mois avant de lancer notre radio. Ce dossier est donc loin d’être enterré.

Et vos velléités de développement en Flandre?

Elles sont également toujours à l’ordre du jour. Elles dépendent des discussions que nous menons avec de potentiels investisseurs, qu’ils soient financiers ou industriels, c’est-à-dire issus du secteur des médias. Mais je ne peux pas en dire plus à ce stade, pour des questions de confidentialité. Nous espérons pouvoir nous lancer en Flandre d’ici le premier semestre 2022.

Tout cela demande beaucoup d’argent. Avez-vous d’autres pistes de financement potentielles?

Oui. Je songe au système d’aides à la presse de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je trouve qu’il n’est pas équitable que nous ne puissions pas en bénéficier.

Le résumé

  • "Sur le plan des audiences, nous avons dépassé nos attentes puisque nous enregistrons 2% de parts de marché sur notre groupe cible (...) et 132.000 téléspectateurs quotidiens."
  • "Nous enregistrons ainsi une croissance de 200% de nos recettes pub au premier semestre, même si, c’est vrai, on partait de beaucoup plus bas."
  • "On aura encore besoin d’argent frais au cours des prochains mois et des prochaines années."
  • "Je trouve qu’il n’est pas équitable que nous ne puissions pas bénéficier du système d'aide à la presse de la Fédération Wallonie-Bruxelles."

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