L'AJP veut confier L'Avenir à ses lecteurs et ses travailleurs

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L'Association des journalistes professionnels (AJP) préconise, pour sortir les Editions de l'Avenir de la crise, l'arrêt immédiat du plan social, la sortie de Nethys et la création d'une coopérative entre salariés et lecteurs des publications.

L'AJP (Association des journalistes professionnels) a déposé une note au Parlement wallon ce jeudi en commission concernant le plan social imposé par Nethys aux Editions de l'Avenir. Pour rappel, le 23 octobre, la direction du journal L'Avenir a annoncé son intention de supprimer 60 équivalents temps plein sur un total de 280 travailleurs. 

"Depuis le rachat des Éditions de l’Avenir par Nethys (Tecteo), nous assistons à une destruction de valeur des actifs du journal, jusque-là bénéficiaire, mais en perte depuis l’arrivée de Nethys", constate l'AJP, qui ajoute que "si l'entreprise existe encore aujourd'hui, c'est uniquement grâce à son personnel". 

Que propose l'AJP? 

Tout d'abord, de retirer "immédiatement" le plan social imposé par Nethys. "S"il faut un plan de restructuration, c'est au niveau de l'actionnariat qu'il faut le réaliser d'urgence."

"S"il faut un plan de restructuration, c'est un niveau de l'actionnariat qu'il faut le réaliser d'urgence."
Association des journalistes professionnels

Bien que "le rachat par IPM semble à ce stade et sous toutes réserves, le scénario le moins dommageable", l'AJP préconise un autre scénario: la reprise du quotidien par une SCOP, une société à gestion coopérative et participative des salariés de L’Avenir et de ses lecteurs, dans laquelle pourraient être associés un ou plusieurs opérateur(s) industriel(s) privés et/ou des partenaires publics. La reprise par une SCOP pourrait se faire après un portage de la Région, limité dans le temps, ajoute l'Association des journalistes professionnels. 

La SCOP a déjà été utilisée en France pour certains médias comme Nice Matin ou encore Libération. 

Qu'est-ce qu'une SCOP?

La SCOP est la transposition dans le monde des affaires d’un modèle économique dont les buts sont la réalisation d’objectifs démocratiques de services et prestations. L’avantage de la SCOP est de maintenir la prise de décisions au niveau des travailleurs et des bénéficiaires.

La SCOP est basée sur une gouvernance participative, associant les travailleurs aux décisions importantes en leur donnant voix au chapitre au sein de l'assemblée générale ou du conseil d’administration ou encore dans d’autres lieux de concertation.

Le management est participatif et basé sur la reconnaissance des compétences de chaque travailleur, le dialogue constant avec les salariés et des mécanismes de délégation.

Le capital y est détenu de manière significative par les travailleurs-associés, ce qui signifie que la moitié au moins des associés doit être composée des travailleurs. Une part du bénéfice est affectée à une réserve "impartageable", ce qui signifie que l’argent de la réserve ne pourra pas être distribué aux associés. Une part du bénéfice est affectée aux travailleurs.

La mise en place d’une SCOP, appuyée ou non par un opérateur extérieur, peut se faire dans la période de "portage" par la Région wallonne. Le statut de coopérative permet donc, vu sa flexibilité, d’intégrer les principes de gouvernance partagée. Il n’exclut pas la présence d’actionnaires privés ou publics.

IPM fait encore part de son intérêt

Le groupe IPM, éditeur de La Libre Belgique et de La Dernière Heure, a encore fait part à Nethys de son intérêt à un rachat du journal L'Avenir au début de cette semaine, explique son administrateur délégué François le Hodey, qui avait déjà marqué son intérêt quelques jours après l'annonce du plan social.

François le Hodey a rencontré lundi Stéphane Moreau, l'administrateur délégué de Nethys, a-t-il précisé à l'agence Belga. Il lui a confirmé la disponibilité de son groupe à faire une offre pour racheter L'Avenir en cas d'intérêt de la part de Nethys. "Mais faut-il encore qu'ils soient d'accord d'entrer en négociation", a-t-il concédé. 

De son côté, le conseil d'administration de Nethys a souligné n'avoir (encore) reçu aucune proposition officielle de rachat du journal. Le patron de Nethys a répété ne pas être vendeur, a confié François le Hodey. "Mais il ne faut dès lors pas affirmer pour autant qu'IPM n'est pas acheteur", rétorque-t-il à la sortie du CA de Nethys.

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