L'appel d'offres radio est officiellement lancé

©AFP

Les candidats aux fréquences radio FM et numériques ont deux mois pour répondre. Le CSA quatre pour les attribuer.

Le Moniteur belge a publié dans son édition du jour l'appel d'offres relatif au plan de fréquences radio 2019. Les radios candidates à une fréquence ou à un réseau ont à partir de ce jour deux mois pour déposer leur candidature au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA). Vu son statut de service public audiovisuel, la RTBF n'est pas concernée.

Pour la première fois, l’appel d’offres propose des fréquences à la fois en analogique (FM) et en numérique (DAB+). Ce double appel d’offres est donc historique. Aussi, le CSA a mis différents outils en oeuvre pour guider les candidats. Un site dédié et des séances d’information permettront d’accompagner les radios candidates dans la rédaction de leur dossier.

Un plan pour l'été

Le CSA aura ensuite quatre mois pour examiner les dossiers et attribuer les précieuses fréquences pour une durée de neuf ans. Le plan entrera donc en vigueur mi-juillet 2019, soit avec deux ans de retard!

> Pourquoi deux ans de retard? Les explications ici et ici.

Les fréquences seront attribuées aux projets qui auront obtenu les meilleures évaluations tout en assurant la diversité de l’offre. Parmi les critères examinés figurent la diversité culturelle, les quotas musicaux, le plan financier, l'expérience dans le secteur, l’originalité et la singularité des services proposés.

"Il faut que les candidats présentent un plan financier crédible pour que l’on puisse veiller à ce que les projets soient viables", rappelle Nele Smets, la responsable de l’Unité Radios du CSA en rappelant aux radios candidates l’importance de remettre un dossier "sérieux". " Les candidats devront proposer des engagements qu’ils seront à même de tenir. Les fréquences sont rares et ces engagements seront contrôlés pendant toute la durée de l’autorisation pour des questions évidentes d’égalité de traitement".

Le rôle du CSA sera donc de veiller à ce que l’offre soit équilibrée, avec des radios qui s’adressent à différents publics. Malgré ce souhait de diversité, on notera toutefois que parmi les candidats pressentis, les radios musicales sont très largement majoritaires.

Plus de candidats que de places

En FM, il y aura plus de demandes que de places disponibles. Théoriquement, il ne devrait pas y avoir de grands changements au niveau des quatre grands réseaux communautaires: RTL (Bel RTL, Contact) et NGroup (Nostalgie, NRJ) devraient conserver leurs réseaux. Il n'en va pas de même au niveau des deux réseaux multi-villes (aux couvertures moins larges), actuellement occupés par Fun et DH Radio. Ces deux dernières restent candidates, mais trois autres noms ont déjà été identifiés: Chérie FM (NGroup), Mint (RTL) et le réseau qu'ambitionne de monter les télévisions locales.

Les fréquences sont rares et ces engagements seront contrôlés pendant toute la durée de l’autorisation
Nele Smets
Responsable de l'Unité radios du CSA

Bref la bagarre risque d'être chaude en FM et deux dossiers pourraient faire sécher le CSA. D'abord, celui des télés locales: majoritairement financées par le public, elles n'ont a priori pas voix au chapitre. Pour que leur candidature soit prise en compte, elles devraient créer une société commerciale. Et puis celui de DH radio aussi, si l'on en juge par les critères d'évaluation. DH Radio a en effet été plusieurs fois épinglée par le CSA pour manquement à ses engagements.

Offre enrichie

Reste la seconde chance que constitue le DAB +. Le numérique permet en effet 12 réseaux, dont sept mixtes (six pour les réseaux FM qui doivent obligatoirement émettre aussi en DAB + et un regroupant les 4 radios provinciales). Restent donc cinq réseaux uniquement en DAB+. Les recalés du plan FM pourraient donc se consoler avec le numérique. Car contrairement à la FM, le DAB+ est plutôt généreux en termes de places et de confort d'écoute. C'est aussi le cas pour les radios locales et indépendantes. Il en reste aujourd'hui 70 en FM (mais 82 sont mises en appele d'offres), mais le DAB offre de la place pour plus de 200 projets. Et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a débloqué près d'un million d'euros pour les accompagner dans leur mutation numérique.

12
réseaux
Le futur plan de fréquences radio en DAB+ permettra le déploiement d'une douzaine de réseaux.

Bref, grâce au DAB+, l'offre radiophonique sera largement enrichie. "Certaines manifestations d'intérêt nous ont fait comprendre que des projets seront candidats uniquement pour des fréquences numériques. Il serait intéressant que l'offre numérique ne soit pas un simple copier-coller des offres en FM. Comme le montre les exemples des pays qui se sont lancés dans la technologie DAB+ en radio, si une offre spécifique ne se développe pas en numérique, le public risque d'être moins enclin à s'équiper de nouveaux récepteurs."

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés