L’UE s'en prend à Apple, accusée d’abus de position dominante

©REUTERS

L’Union européenne accuse Apple de fausser la concurrence sur le marché de la musique en ligne. Plusieurs procédures visent désormais Apple et son App Store.

On pourrait presque parler de rébellion, tant les plaintes d’entreprises du monde entier, comme Netflix et Deezer, se multiplient contre la firme à la pomme. Celle-ci est en effet accusée d'utiliser son App Store, sa boutique d'applications, pour promouvoir sa propre application Apple Music.

Dernier développement en date, la Commission européenne vient de donner suite, ce vendredi, à une plainte de Spotify, datant de 2019, qui reprochait à Apple de violer les règles de concurrence loyale en imposant un droit de 30% aux services de musique en ligne qui vendent leur abonnement via sa boutique.

"Préoccupée"

Bruxelles est en effet venu appuyer les accusations de Spotify, pour qui Apple était à la fois distributeur et concurrent de son service.

Dans un acte d'accusation transmis au groupe californien, la Commission reproche concrètement à la société américaine de ne pas permettre aux développeurs d'informer les utilisateurs sur le fait qu'ils disposent d'autres moyens d'achat, parfois moins onéreux, pour leurs services en dehors du magasin d'applications App Store.

"En fixant des règles strictes sur l'App Store qui désavantagent les services concurrents de musique en ligne, Apple prive les utilisateurs d'alternatives moins onéreuses et fausse la concurrence"
Margrethe Vestager
Commissaire européenne à la Concurrence

La Commission va même plus loin, se disant "préoccupée" par le fait qu'Apple soumet les développeurs d'applications à des "restrictions les empêchant d'informer les utilisateurs des d'iPhone et d'iPad d'alternatives potentielles moins chères".

"En fixant des règles strictes sur l'App Store qui désavantagent les services concurrents de musique en ligne, Apple prive les utilisateurs d'alternatives moins onéreuses et fausse la concurrence. Elle le fait en prélevant des commissions élevées sur chaque transaction effectuée via les applications rivales", indique notamment la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

Réponse immédiate

Ces propos de la Commission ne sont toutefois pas tombés dans l’oreille d’un sourd, la société américaine n’hésitant pas à répondre tant à l'institution européenne qu’à l’entreprise suédoise, qu'Apple accuse de vouloir profiter de sa boutique sans payer.

Spotify "veut tous les avantages de l'App Store mais ne pense pas qu'il doit payer quoi que ce soit pour ça", s'est notamment justifié le groupe californien dans un communiqué, jugeant également les arguments de Bruxelles "contraires à une concurrence équitable".

Multitudes de plaintes

Si ces accusations constituent la première charge de l’Union contre la société américaine, elle ne sera, sans doute, pas la dernière, alors que l’institution européenne a ouvert pas moins de quatre dossiers contre Apple, dont les pratiques sont de plus en plus contestées à travers le monde.

Cette affaire intervient en effet à un moment où Apple s’apprête à livrer une multitude de batailles juridiques, parmi lesquelles un combat épique avec Facebook sur sa nouvelle politique visant à mieux protéger les données personnelles des utilisateurs d'iPhone.

10%
De son chiffre d'affaires mondial
En cas de condamnation, Apple pourrait verser une amende pouvant représenter jusqu'à 10% de son chiffre d'affaires mondial

Le lundi 3 mai s’ouvrira également un procès antitrust aux États-Unis, Apple étant attaquée en justice par Epic Games, l’éditeur du célèbre jeu Fortnite, qui lui reproche d’abuser de sa position dominante.

Alors que les autorités de la concurrence américaine, britannique et sud-coréenne, s'intéressent aussi aux pratiques d’Apple, la société, basée à Cupertino, aura déjà l'occasion de défendre sa position devant l'UE, mais aussi de proposer des réponses aux reproches formulés, avant que l'institution ne rende un verdict final.

En cas de condamnation, le géant technologique se verrait toutefois infliger une amende pouvant représenter jusqu'à 10% de son chiffre d'affaires mondial, soit plus de 27 milliards de dollars.

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