"La Casa de Papel", touche locale de Netflix

©Netflix

La nouvelle saison de "La Casa de Papel" sort sur Netflix ce vendredi. Une bonne nouvelle malgré la plongée vertigineuse du cours de Bourse.

Les fans l’attendaient depuis des mois. La troisième saison de la série "La Casa de Papel" débarque ce vendredi sur Netflix (lire notre critique). Après un véritable carton pour ses deux premières saisons, la série est devenue un hit. Avec comme particularité de ne pas être flanqué du classique "made in USA" puisque "La Casa de Papel" est une création tout droit venue d’Espagne. Au fil du temps, Netflix a décidé de sortir des frontières américaines pour partir à la recherche de perles étrangères promises à faire un carton sur sa plateforme.

La stratégie tient en deux axes, reprendre une série locale pour en faire une "marque" Netflix ou partir de zéro. Une stratégie indispensable selon Noël Magis, managing director de Screen.Brussels, le fonds d’investissement bruxellois spécialisé dans l’audiovisuel. "C’est nécessaire pour Netflix de continuer à alimenter son contenu, d’autant plus avec la concurrence qui est toujours plus forte. Apporter de nouvelles créations d’un peu partout dans le monde permet d’avoir un ancrage local, qui est aussi demandé par le public", explique-t-il.

Le Mexique, la Colombie et l’Espagne sont de bons candidats à la création de contenus.
Noël Magis
managing director de Screen.Brussels

Si ce développement à l’international est donc nécessaire, certains pays sont plus porteurs que d’autres. "L’Espagne est justement un bon exemple. Développer des séries en espagnol permet de toucher spécifiquement ce pays mais aussi l’Amérique du Sud. Mais l’accent à son importance. Une série chilienne est beaucoup moins "exportable" dans les autres pays hispaniques. Le Mexique, la Colombie et l’Espagne sont spécifiquement de bons candidats à la création de contenus", explique encore Noël Magis, qui souligne également l’intérêt du marché belge et français pour les "débordements" mutuels possibles.

Pour Jean-Paul Philippot, l’administrateur délégué de la RTBF, il faut néanmoins relativiser un peu l’implication du géant américain dans les productions locales. "‘La Casa de Papel’ reste l’arbre qui cache la forêt. Je ne pense pas qu’il y ait une volonté spécifique d’investir dans des productions européennes. Cela serait le cas si des Casa de Papel sortaient chaque année, de chaque pays européen, ajoute le patron de la RTBF. Cela ne veut pas dire pour autant que le service offert par Netflix est mauvais. Mais lorsque l’on compare les investissements annoncés en Europe par Netflix à ceux réalisés par les services publics, il y a encore clairement une différence en notre faveur. Nos ambitions ne sont pas les mêmes."

151 millions d’abonnés

Et celle de Netflix est simple: retenir les abonnés déjà présents et continuer à en attirer toujours plus. Le nombre d’abonnés est l’une des clés principales pour évaluer la forme de l’entreprise. D’ailleurs, la Bourse le lui rappelle douloureusement depuis quelques jours. En moins d’une semaine, le cours de l’entreprise américaine a chuté de 10%, le faisant ainsi redescendre à 324 dollars.

Une chute qui s’explique par un nombre de nouveaux abonnés moins important que prévu. Alors que le groupe tablait sur une croissance de cinq millions de nouveaux utilisateurs entre avril et juin, la plateforme a dû se contenter de "seulement" 2,7 millions d’abonnés en plus, portant le total d’utilisateurs dans le monde à un peu plus de 151 millions.

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