La double lecture des résultats de Facebook

©REUTERS

Facebook a réussi à ne pas perdre la face lors de la présentation de ses derniers résultats financiers, qui ne résistent pas à une lecture attentive.

Lus rapidement, les résultats de Facebook peuvent laisser une bonne impression. Une progression du nombre d’utilisateurs, un bénéfice et un chiffre d’affaires trimestriels supérieurs aux attentes de Wall Street, grâce entre autres à la croissance de sa filiale Instagram et à celle de ses revenus publicitaires, le cocktail idéal pour donner une bonne image. Cela n’a pas suffi à leurrer les investisseurs qui ont sanctionné l’action Facebook après la publication des résultats (en baisse de 6% à la mi-séance).

2,5
milliards
Facebook enregistre une croissance de 8% de son nombre d’utilisateurs pour atteindre 2,5 milliards fin 2019.

Principal point d’attention pour un réseau social, le nombre d’utilisateurs et son évolution. Le modèle économique de Facebook repose sur la croissance de ce nombre d’utilisateurs. Ces utilisateurs correspondent au nombre de données que Facebook peut collecter, croiser et revendre à ses annonceurs. Si les chiffres dévoilés hier révèlent une croissance de 8% pour atteindre 2,5 milliards d’utilisateurs fin 2019, cette croissance n’est pas aussi positive qu’elle n’y parait. Ces quatre derniers trimestres, elle est restée en dessous des 20%. Facebook atteint un stade de maturité et une masse critique qui ne lui permet plus d’afficher des chiffres de croissance insolents comme lors des précédents exercices.

Plusieurs facteurs expliquent ces chiffres "décevants", le plus important étant les nouvelles régulations auquel est maintenant soumis Facebook, et l’ensemble des procédures dont fait l’objet le réseau social, principalement sur la question de la gestion des données et du respect de la vie privée de ses utilisateurs. Le plus important réseau social au monde doit faire face à une défiance croissante de la part de ses utilisateurs et peine à réinstaurer un climat de confiance. Si Facebook n’arrive pas à maintenir une croissance plus élevée de son nombre d’utilisateurs, c’est son business modèle qui sera en péril.

Le plus important réseau social au monde doit faire face à une défiance croissante de la part de ses utilisateurs et peine à réinstaurer un climat de confiance.

Autre point noir qui apparaît dans les résultats publiés par Facebook, le montant des dépenses du groupe. Elles se sont envolées en 2019 de plus de 51% pour cumuler à 46,7 milliards de dollars. Le groupe a notamment beaucoup investi pour répondre aux critiques et développer différents outils pour endiguer les polémiques suite aux scandales de Cambridge Analytica et des "fake news". La problématique des "deepfake", la nouvelle génération des fake news par simulation video et intelligence artificielle, requiert également beaucoup d’investissements de la plate-forme qui tente de s’armer à l’approche des élections présidentielles américaines.

D’autres griefs sont venus s’ajouter à une liste déjà bien fournie, comme une récente polémique sur des abus d’utilisation de la reconnaissance faciale qui a abouti sur une procédure officielle dans l’Illinois et a coûté, via un arrangement à l’amiable, 550 millions de dollars. Un montant qui fait exploser ses dépenses administratives de 87%. En juillet, le régulateur américain avait également annoncé une amende record de 5 milliards de dollars concernant les différentes procédures par rapport aux données privées. D’autres procédures sont encore en cours en viendront très certainement plomber les résultats du prochain trimestre qui marqueront les débuts d’une année de la rédemption pour Facebook.

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