La presse n'est plus actionnaire de RTL Belgium

RTL Belgium passe totalement dans le giron de RTL Group. ©BELGA

Le groupe RTL va racheter à ses partenaires belges leurs participations dans le capital de RTL Belgium. Une opération inscrite dans les astres.

RTL Group va racheter les parts détenues par ses partenaires belges dans sa filiale RTL Belgium, dont il est l’actionnaire de contrôle. L’opération concerne à la fois les activités en télévision, en radio et sur le web.

Audiopresse avait été créé en 1985 pour compenser l’autorisation accordée à RTL par la Communauté française d’exploiter le marché publicitaire belge.

RTL Group détient déjà 66% des activités belges de RTL en télé, le solde étant aux mains de Rossel, IPM, Mediahuis et Mediafin (L’Echo…), via la société Audiopresse. Celle-ci avait été créée en 1985 pour compenser l’autorisation accordée à RTL par la Communauté française d’exploiter le marché publicitaire belge. En entrant au capital de RTL, les éditeurs pouvaient ainsi toucher des dividendes générés par cette activité. RTL Group possède aussi 50,2% de Radio H, holding détenant ses activités radio en Belgique, le solde étant détenu à parts égales par Francis Lemaire, cofondateur de Contact, et Rossel.

Le montant de la transaction n’est pas précisé. Elle se fera en espèces et en actions RTL. Il est généralement admis que les transactions dans le secteur se font, entre autres, sur base d’un multiple d’ebitda de 8. En 2019, RTL Belgium a réalisé un ebitda de 45 millions. Mais les comptes ne permettent pas distinguer les contributions de la télé et de la radio à ce résultat, rendant donc aléatoires les évaluations des montants.

Apparemment tout le monde est satisfait. "Nous continuerons à investir dans RTL Belgium et à accélérer la transformation de ses activités, en particulier à travers les services de streaming et les technologies publicitaires ainsi que celles liées aux données », indique RTL Group. "Cela va simplifier nos structures et faciliter la gestion en Belgique", renchérit Philippe Delusinne, CEO de RTL Belgium tout en battant à nouveau en brèche le scénario selon lequel cette opération permettra plus facilement de transformer RTL Belgium en M6 belge. "Ce n‘est pas à l’ordre du jour", martèle-t-il.

45 millions
euros
En 2019, RTL Belgium a réalisé un ebitda de 45 millions d'euros.

D’aucuns estiment aussi que cette opération donnera davantage de poids à RTL Group vis-à-vis de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui entend réguler à nouveau RTL Belgium via la nouvelle directive SMA.

Inscrit dans les astres

Ce deal semble dans la logique des choses. Fin 2019, la banque Degroof Petercam avait été mandatée par RTL Group pour évaluer la valeur de l'entreprise. Car même si les audiences de RTL Belgium restent enviables, elles sont sous pression de même que ses revenus publicitaires, l’impact du streaming et la crise sanitaire affectant les chaînes de télévision linéaire. "Dans le contexte actuel, c’était sans doute l’occasion de vendre à un prix encore intéressant", glisse un expert du secteur.

Bernard Marchant, CEO de Rossel, confirme que la transaction était dans le "pipe". "Deux options étaient sur la table, détaille-t-il: soit une consolidation internationale au sein du groupe, permettant d’accélérer la digitalisation pour affronter les plateformes, soit une intégration locale plus forte comme on l’a vu en Flandre et que nous avions proposée."

C’est donc la première option qui a été retenue alors qu’en Flandre on assiste à une grosse consolidation locale qui a notamment mené à la création de Streamz, le "Netflix flamand": "Le monde des médias est en plein bouleversement, il faut des groupes davantage intégrés pour lutter contre les grandes plateformes américaines", analyse Peter Quaghebeur, CEO de Mediafin en pointant les offres de streaming payantes développées avec succès en Allemagne et aux Pays-Bas par RTL. Bref, le modèle Audiopresse ne se justifiait plus. Dans un communiqué commun, les vendeurs reconnaissent d’ailleurs que la configuration actionnariale actuelle ne facilitait pas ces collaborations industrielles.

Reste à voir ce qu’ils feront des fruits de cette vente. Chez IPM, qui vient de racheter l’Avenir, le CEO François le Hodey indique que "cela permettra au groupe d’accélérer ses investissements dans le digital", Francis Lemaire a, lui, investi dans l’immobilier en Espagne et n’est plus opérationnel dans la radio, tandis que chez Rossel, Bernard Marchant indique réfléchir à de possibles acquisitions et une éventuelle diversification des activités du groupe.

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