La radio numérique officiellement lancée en Belgique francophone

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C'est parti pour la radio numérique. Le secteur a officiellement lancé le DAB+, technologie digitale qui doit augmenter l'offre et améliorer la qualité de diffusion. Avant, à terme, de remplacer la FM.

MaRadio.be, le consortium réunissant radios publiques et privées, a lancé officiellement lundi la radio numérique (DAB+ : Digital Audio Broadcasting) en Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est le fruit d’un travail entamé il y a huit ans avec l’appui des pouvoirs publics (gouvernement) et du régulateur de l’audiovisuel (CSA). Tous les grands réseaux FM sont désormais disponibles également en DAB+. Les radios locales le seront l’an prochain.

Grâce à cette technologie, le paysage radio se voit en outre enrichi de sept nouvelles radios: Tarmac, Jam et Viva+ côté RTBF ; Nostalgie +, Chérie FM, Sud Radio Belgique et 1RCF (la radio catholique) côté privé. Une huitième devrait voir le jour en 2020. Aujourd’hui 25 radios en DAB+ sont disponibles couvrant l’ensemble du territoire de la Fédération. Enfin, presque: à ce jour la couverture est de 98% en voiture, mais de seulement 75% à l’intérieur des bâtiments. Le but est d’arriver à 100% d’ici 2022.

Offre plus large 

Si le secteur passe ainsi au DAB+, c’est parce que la FM est une vieille technologie, saturée (les places sur la bande FM sont chères, le dernier plan de fréquences est ainsi l’objet de recours de DH Radio, évincée) offrant une qualité sonore médiocre (grésillements, coupures de signal…). Le DAB+ permet une offre bien plus large, une meilleure qualité d’écoute, des données additionnelles (images, textes…), le tout gratuitement contrairement à la radio sur Internet ou via la télévision.

À terme donc - au plus tôt d’ici cinq ans - le DAB+ deviendra la norme et la FM disparaîtra. C’est déjà le cas en Norvège depuis deux ans. Ce le sera en Suisse en 2024. "Dans certains pays on se met à élaborer un calendrier sur l’arrêt de la FM quand le digital (DAB+, Internet, télévision, NDLR) atteint les 50% de la consommation, en Belgique, elle n’est que de 19%", souligne Francis Goffin, administrateur délégué de maRadio.be. Autrement dit, il reste 81% d’auditeurs à convaincre.

Sous-équipement

Le problème est que le consommateur belge reste largement sous-équipé que ce soit dans sa voiture ou à son domicile. En 2018, moins d’un véhicule sur trois vendu en Belgique en était équipé (bien moins que dans plusieurs pays voisins). Une situation qui est amenée à évoluer puisqu’une directive européenne obliger les constructeurs à équiper tous les véhicules neufs du DAB+ d’ici 2021. En outre, seulement 14% des 652.000 récepteurs radio vendus l’an dernier étaient équipés du DAB+.

Un chiffre qui devrait grimper à 20% cette année et à 33% en 2020. D’abord parce que les fabricants investissent (il existe déjà quelque 500 modèles sur le marché vendus entre 25 et… 500 euros), ensuite parce que le secteur entame ces jours-ci une grande campagne marketing dans les médias (pour un budget de 1,2 million d’euros via des spots TV, radio, etc.) et sur le terrain: animation dans les magasins (Fnac, Vandenborre, Krëfel, MediaMarkt…) , formation de près de 1.300 vendeurs, etc.

De gros investissements

Le tout a nécessité des investissements conséquents. Sur le plan technologique, la facture s’élève à 12 millions sur 10 ans, financés par la RTBF, les réseaux privés et les pouvoirs publics à hauteur de 5,4 millions. À cela il faut ajouter plusieurs millions d’euros par an pour le marketing ainsi que 115.000 euros par an par réseau (quatre fois moins pour les radios provinciales) pour l’utilisation des infrastructures (pylônes…). Des coûts importants, certes, mais à relativiser puisque la FM, trois à six fois plus chère à exploiter, disparaîtra à terme.

Si en Belgique francophone, la radio se porte déjà bien tant au niveau de la consommation – elle a grimpé de 23% depuis 2002 – que de la publicité – c’est en Belgique que sa part de marché est le plus forte (environ 15%) -, le secteur estime que le DAB+ accroîtra l'audience (vu l’augmentation de l’offre et de la qualité) et par ricochet les recettes publicitaires. "En Angleterre, le DAB+ a poussé l’audience et la part de marché publicitaire de la radio", assure Francis Goffin. Dès la prochaine vague de son étude d’audience, le CIM devrait d’ailleurs prendre en compte les audiences des nouvelles radios DAB+.

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