La RTBF met les 700.000 primo-votants au cœur de son dispositif électoral

©BELGA

Le service audiovisuel public va sortir la grosse artillerie pour les élections avec un dispositif inédit utilisant toutes les ressources du digital.

Les élections, c’est dans une centaine de jours, mais la RTBF est déjà en ordre de marche. Et a prévu un dispositif inédit, dont L‘Echo a pu prendre connaissance. "Un dispositif à 360° qui n’a jamais été aussi attentif aux attentes du public", assure le directeur de l’information Jean-Pierre Jacqmin. "La coupole générale c’est "ma voix, mon choix", embraie Thomas Gadisseux, responsable éditorial à la rédaction politique; on renverse la question: ce ne sont pas les programmes qui dictent la campagne, mais les attentes, les aspirations des gens, de la société. On doit intéresser la ménagère de Floriffoux qui regarde le JT et le gars de 23 ans qui ne sait pas qui est Charles Michel."

"C'est un dispositif à 360° qui n’a jamais été aussi attentif aux attentes du public."
Jean-Pierre Jacqmin
Directeur de l'information à la RTBF


Le dispositif s’inscrit pour la première fois dans la nouvelle organisation maison, agnostique en termes de plateformes. "Auparavant, pour une campagne, 90% des moyens étaient affectés en télé sur la une. Aujourd’hui, ce n’est plus que 50%, l’autre moitié est affectée au digital", détaille le patron de l’info ertébéenne: séquences et capsules sur Auvio, YouTube, Instagram, Vews, Tarmac, etc. Objectif: toucher tous les publics et non pas seulement celui de la télé classique en moyenne de 55 ans.

Toucher tous les publics

Pour rappel, dans la cadre de sa transformation, la RTBF a défini 4 publics cibles auxquels sont attachés ses médias: généraliste (La Une, VivaCité); affinitaire, en fonction de centres d’intérêts - info, culture.. .- (La Première, Classic 21, Musiq3, La Trois), jeunes adultes (La Deux, Pure) et moins de 25 ans (OufTivi, Tarmac).

"Si on fait un dispositif électoral à la mode de papa, on ne va pas connecter les 700.000 primo votants en Belgique, explique Jean-Pierre Jacqmin; le service public ne peut pas se permettre de les laisser de côté. Or, on ne les connaît pas bien. Je suis ainsi frappé par une étude de 2018 qui montre que la majorité d’entre eux en Flandre veut un pouvoir fort. Mais, en même temps, ces mêmes jeunes flamands organisent les marches vertes."

C’est là que les outils digitaux prennent leur sens: "On va notamment utiliser nos youtubeurs et nos influenceurs pour aider les jeunes à comprendre les enjeux au travers de contenus déclinés dans leurs médias: Instagram, YouTube, Tarmac…, souligne Sabine Van der Putten, responsable nouvelles générations; plein de thématiques intéressent les jeunes, mais jusqu’ici, on n’avait pas trouvé la bonne manière de procéder, ici on va utiliser des formats qui épousent leurs codes."

Trois étapes

Concrètement, le dispositif, qui mobilisera 200 personnes, comprend trois phases. La première débutera après le carnaval et durera tout le moins de mars. Elle se focalisera sur les enjeux. "On va les analyser de manière transversale et non pas par niveaux de pouvoir", précise Jean-Pierre Jacqmin. La rédaction a identifié différentes thématiques: climat, sécurité, pouvoir d’achat, énergie, immigration, santé, emploi, etc. Elle a préparé des dossiers, des analyses chiffrées qui vont être utilisés par les équipes sur le terrain: une école, un hôpital, un commissariat.

Deuxième phase: en avril avec l’analyse des programmes des partis. La RTBF va à nouveau proposer son "test électoral" permettant à l’électeur, via un questionnaire en ligne, de se positionner sur l’échiquier politique, de savoir de quel parti il est le plus proche.

Budget inchangé

Suivra enfin en mai la présentation des candidats, avec des face à face, des débats avec les présidents de partis. La parole sera également donnée aux petites listes, aux groupes de pression. En apothéose, la grande soirée électorale du 26 mai qui sera transmédias – TV, radio, web: "On ne sera plus dans le clinquant des précédents scrutins, il y aura un seul plateau et non plus une multiplication dans le circonscriptions, les différentes institutions, assure Jean-Pierre Jacqmin, cela nous permet de rester dans les clous budgétaires car malgré cette offre démultipliée, cela ne coûtera pas plus qu’en 2014. Les nouveaux outils numériques permettent en effet de gagner du temps et de l’argent." Jean-Pierre Jacqmin refuse de donner un chiffre mais évoque quelques pourcents de la dotation (plus de 260 millions en 2017).

200
personnes mobilisées
Quelque 200 personnes travaillent sur le dispostif électoral de la RTBF. L'opération coûtera "quelque pourcents" de dotation à la chaîne publique

Enfin, on aurait aussi aimé savoir ce que mijotait la maison d’en face. Chez RTL, on préfère à ce stade ne pas dévoiler ses batteries, pour des raisons de concurrence. Allez, la campagne est lancée...

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