La Sonuma est morte, vive la Sonuma!

©Lieven Van Assche

Ayant épuisé tout son cash, la société anonyme Sonuma, chargée de numériser les archives de la RTBF, a été dissoute. L’activité continue sous la houlette d’une ASBL, cette fois.

Créée en 2009 pour numériser et valoriser financièrement les archives de la RTBF, la Sonuma aura vécu dix ans. D’après des documents officiels, la société anonyme Sonuma, croulant sous les dettes, vient d’être dissoute. Mais, et c’était écrit, l’aventure de la mise en place des archives de la RTBF ne s’arrête pas là pour autant. L’ASBL Sonuma a en effet été créée fin 2018 afin de reprendre le flambeau quasi éteint laissé par la société anonyme.

Personne ne perd de l’argent dans l’aventure.
Chris Vandervinne
Directeur financier de la RTBF

Dès sa constitution en 2009, la Sonuma poursuivait un double objectif: il s’agissait de préserver les archives audiovisuelles de la RTBF tout en essayant de les rentabiliser. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu. "Il y a eu une espèce d’aveuglement sur le potentiel commercial de ces archives. On a vécu dans l’illusion qu’on allait pouvoir les vendre aux chaînes de télé japonaises, américaines ou que sais-je, mais cela n’est jamais arrivé", a expliqué l’an dernier Philippe Reynaert, l’un des administrateurs de la Sonuma à nos confrères du Soir.

24 millions d'euros injectés

C’est donc en vue de cette commercialisation espérée que la Sonuma avait été constituée en société anonyme. "Deux injections de capital ont eu lieu dans la Sonuma. La Région wallonne a apporté 20 millions d’euros, contre 4 millions pour la Fédération Wallonie-Bruxelles", nous a expliqué ce mercredi Chris Vandervinne, le directeur financier de la RTBF, l’un des actionnaires de la Sonuma.

De son côté, la télévision publique avait apporté ses archives qui, par convention, avaient été valorisées à 16 millions d’euros. "En 2018, la Région wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la RTBF, les trois actionnaires, se sont rendus compte que le cash de départ avait été consommé", nous a encore expliqué le directeur financier de la RTBF, tout en précisant que cet état de fait était conforme à la feuille de route initiale de la Sonuma. "Pendant dix ans, la Sonuma a numérisé les archives de la RTBF à hauteur de 84.000 heures de télévision, 85.000 heures de radio et 12.000 photos."

Pour ce faire, ce sont les 24 millions d’euros de cash qui ont été utilisés. A ce moment, les actionnaires de la Sonuma s’étaient retrouvés face à un choix: poursuivre en tant que société anonyme en réinjectant du capital ou passer en ASBL, ce qui, a souligné notre interlocuteur, était plus judicieux à partir du moment où l’idée était de mettre les archives à disposition du public, une finalité non commerciale.

Et maintenant?

Reste à gérer l’ardoise de 40 millions d’euros de pertes cumulées laissée dans la société anonyme. "Personne ne perd de l’argent dans l’aventure", a précisé Chris Vandervinne. "Les pertes reportées s’élèvent à 15 millions d’euros. On a mis les actifs à zéro, ce qui cause une réduction de valeurs de 24 millions. Voilà comment on arrive aux 40 millions".

1,9
million d'euros
La Sonuma peut compter sur un budget annuel de 1,9 million d'euros jusqu'en 2022. La Fédération Wallonie-Bruxelles apportera 1,6 million d’euros et la RTBF injectera 300.000 euros.

Le personnel (quinze équivalents temps plein) a été transféré vers l’ASBL qui va tenter de valoriser les archives. En vue de les partager, l’ASBL Sonuma travaille avec la plateforme enseignement et, à terme, il devrait être question de les placer sur la plateforme Auvio.

Aujourd’hui, l’ASBL s’appuie sur deux sources de financement. La Fédération Wallonie-Bruxelles apporte 1,6 million d’euros chaque année, contre 300.000 euros apportés par la RTBF, un budget assuré jusqu’en 2022.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect