analyse

La télé mobile accessible dans toute l'Europe, c'est pour ce dimanche

©AFP

Dès le 1er avril, tous les Européens abonnés à un service proposant des contenus en ligne comme Netflix, Proximus TV ou Canal+ pourront continuer à accéder à ce contenu quand ils voyagent en Europe. On vous explique.

Accros de la zappette, n'oubliez pas de ranger votre télécommande à côté de vos skis ou de votre crème solaire avant de prendre la route des vacances. Du moins, vos codes d'accès, car à partir de ce dimanche premier avril, l'application d'un règlement communautaire permettra par exemple à un abonné belge de Netflix d'avoir accès à ses programmes favoris entre deux séances de bronzage sur une plage espagnole.

La mesure, à l'instar de celle qui a enterré les frais de roaming, fait partie de la série de prescriptions proposées par la Commission européenne depuis trois ans pour créer progressivement un marché unique du numérique. Elle signe le début de la tant attendue fin du "géoblocage" pratiqué par les entreprises du net et lié aux différences entre les règles des droits d’auteur de chaque État européen, voire à la mauvaise volonté de certains producteurs.

415
milliards d’euros
En faisant progressivement tomber les barrières réglementaires pour transformer les 28 marchés nationaux en un marché numérique unique, la Commission européenne espère générer 415 milliards d’euros par an pour l'économie de l'UE et créer des centaines de milliers d’emplois.

→ Ce qui change pour les consommateurs belges

Pour les abonnés de Proximus, VOO et Telenet, l'utilisation de leur application de télévision mobile sera possible dans tous les pays de l'Union européenne. Il sera donc permis de regarder la télévision à l'étranger sur les supports mobiles (smartphone, tablette, ordinateur portable) et d'avoir accès aux mêmes chaînes qu'à son domicile, notamment aux émissions ou retransmissions sportives jusqu'à présent géobloquées.

Mais, cette portabilité n'est prévue que pour des séjours temporaires à l'étranger que le règlement européen définit pour le moment comme une période raisonnable. Ce changement s’applique également à d’autres services payants comme Netflix, Deezer ou Spotify. Par exemple, le Belge qui se connecte à l’application Netflix en Espagne aura accès au même catalogue que celui disponible en Belgique (et non plus au catalogue espagnol dans lequel la langue française ou les sous-titres en français se font nettement plus rares).

Les services qui fournissent gratuitement leur contenu (comme la plateforme Auvio de la RTBF ou sa récente concurrente RTL Play) ne sont pas directement concernés pas la nouvelle disposition européenne. Elles pourront choisir de proposer également la portabilité à leurs abonnés, selon la Commission.

→ Ce qui change pour les opérateurs belges

Le changement passe aussi par un élargissement des contrôles que l'opérateur effectue pour savoir si c'est bien son abonné qui jouit des services auxquels il a droit.

Afin de prévenir les abus, le règlement met en place un mécanisme de vérification du pays de résidence de l’abonné. Il s'active au moment de signer un contrat avec son opérateur ou lors du renouvellement d’un abonnement. Le but est d'éviter qu'un citoyen belge fasse, par exemple, l'achat en France d'un décodeur Canal+ et l'utilise en Belgique.

©Bloomberg

Les opérateurs disposent donc d'une série de moyens de contrôle comme, par exemple, la carte d’identité, les informations relatives au paiement, le lieu d’installation du terminal ou du décodeur de l’abonné, une déclaration de l’abonné ou encore un contrôle de son adresse IP. Le fournisseur ne pourra en revanche utiliser au maximum que deux des mesures énumérées par le règlement.

Chez Proximus, on nous indique que l'authentification de l'abonné sera des plus simples. "L'application Proximus TV dépend d'une adresse fixe en Belgique", précise Haroun Fenaux, le porte-parole de l'opérateur télécoms, "ce qui, avec le code et le login dédiés à chaque utilisateur belge, garantit l'identité de l'utilisateur".

Du côté de RTL, Antoine Pichault, le responsable des services non linéaires de la chaîne, se réjouit de l'élargissement du cadre européen, même si "l'adaptation au nouveau cadre légal nécessite un travail de développement plus lourd que simplement adapter le système de paramétrage des profils". Les préparatifs vont bon train et la portabilité européenne est "une des priorités" du moment, souligne encore Antoine Pichault.

→ La réciprocité est-elle aussi incluse dans le pack?

L'abonnement belge ne reste "qu'un abonnement belge" dans les autres pays européens. Autrement dit, l'abonné belge n'aura pas accès à l’offre de service de contenu en ligne telle qu’elle est proposée dans l’État membre dans lequel il se trouve temporairement. Du coup, si votre feuilleton fétiche en est à sa huitième saison en Espagne et seulement à la septième en Belgique, l'abonné belge devra se contenter de la saison 7.

Il n'est pas à exclure qu'avec ce premier pas dans la portabilité des contenus, l'Europe soit encouragée à étendre le principe. Dès le premier avril, les millions de téléspectateurs européens pourront regarder légalement leurs programmes nationaux en dehors de leur pays, ce qui est une première dans l'histoire de la télévision.

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