La télé reste le premier média audiovisuel, mais jusqu'à quand?

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Les plateformes de streaming ont beau cartonner, la télévision reste le média audiovisuel le plus consommé en Belgique francophone selon le CSA. Reste à savoir jusqu'à quand?

Si le double confinement a consacré la montée en puissance des plateformes de streaming, il a aussi confirmé que la bonne vieille télévision linéaire faisait de la résistance. C’est en tout cas ce qui ressort de l’étude "Médias: Attitudes et Perceptions" sur les modes de consommation des services de médias audiovisuels en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette étude se fonde sur les réponses de 2.000 personnes, interrogées par l’institut Sonecom pour le compte du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Selon l’étude, la télévision reste regardée par plus de 70% des répondants. C’est évidemment moins qu’il y a quelques années, mais la petite lucarne reste le média audiovisuel le plus consommé. Cette pratique est quotidienne pour plus de 80% des téléspectateurs interrogées. Et ce n’est pas près de s’arrêter puisque plus de 86% de ceux-ci n’envisagent pas d’arrêter de regarder la télévision. S’ils devaient le faire, ils se tourneraient essentiellement vers des plateformes de vidéo gratuites.

Sans surprise, l’écart se resserre avec les plateformes de vidéo, qui sont consommées par plus de la moitié des sondés, mais de manière bien moins fréquente que la télévision (aux alentours de 36% par jour). Les géants américains YouTube, Facebook et Netflix arrivent en tête, devant l’offre des télédistributeurs (Proximus, VOO, Telenet, Scarlet, Orange) et les services RTBF Auvio ou RTLPlay. Enfin, il y a près de 10% d’irréductibles qui affirment ne consommer ni télévision, ni VOD.

Zapping multimédia

La deuxième partie de l’étude, fondée sur 30 entretiens semi-directifs, vise à mieux comprendre les mécanismes de consommation: comment et pourquoi tel contenu, équipement ou mode de consommation est privilégié. Alors que les supports se sont multipliés (télé, PC, tablette, smartphone, console…), l’étude observe des combinaisons entre les modes de consommation complémentaires, pointant un phénomène de "zapping multimédia" entre ces différents modes, mais aussi entre les contenus d'une même plateforme ou encore entre des plateformes ou applications différentes, dont toutes ne sont pas forcément liées à des contenus audiovisuels (gaming, presse, réseaux sociaux...).

48%
de zapping multimédia
47,6% des répondants pratiquent une activité multimédia simultanément à leur consommation de télévision ou de VOD.

Ainsi, près de la moitié des répondants pratiquent une activité média simultanément à leur consommation audiovisuelle: pour l'essentiel, ils consultent leur smartphone en même temps qu'ils regardent un programme. Mais plus ils sont allés chercher eux-mêmes le programme (à travers la VOD, par exemple), moins ils ont tendance à se livrer à ce zapping multimédia.

Sur base de ces résultats, l’étude a dégagé 15 profils types de consommateurs. Par exemple, la personne qui envisage de remplacer la télé par Netflix, Amazon ou Disney+ est âgé de 20  à 39 ans, est très éduqué et actif professionnellement, et vit dans un ménage suréquipée en matière de technologie, avec de jeunes enfants et un revenu mensuel net de plus de 3.500 euros. Ces personnes démontrent peu d’intérêt pour la télévision, estimant que l’offre des plateformes (surtout les fictions) est mieux adaptée à leurs attentes et répond davantage à leur besoin de flexibilité.

Enfin, l’étude formule une série d’enjeux à destination des pouvoirs publics ou du secteur audiovisuel: affirmation des plateformes locales, régulation des réseaux sociaux, exception culturelle, égalité et lutte contre les discriminations, concurrence des offres illégales (IPTV).

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