La thèse de la "liste noire" persiste aux Editions de l'Avenir

La tension est toujours aussi vive aux Editions de l'Avenir ©Photo News

Selon les représentants des journalistes, il y avait parfaitement moyen d’éviter les trois licenciements annoncés ce lundi.

La crise n’en finit pas aux Editions de l’Avenir. Comme prévu, le journal ne paraîtra pas mercredi, pas plus qu’il n’est sorti des rotatives ce mardi. Même le site web n’est plus mis à jour. Décrétée lundi par la Société des rédacteurs (SDR), la grève devrait durer 48 heures.En outre, la SDR dit avoir été privée d'accès aux réseaux sociaux du titre. 

Mardi après-midi, la société des rédacteurs, appuyée par l’AJP (Association des Journalistes Professionnels), a réitéré ses convictions. Les trois journalistes qui seront finalement licenciés suite au plan de restructuration le seront bien de manière ciblée en fonction de leur profil particulier. Ils maintiennent donc la thèse d’une liste noire de journalistes indésirables.Thèse que la direction a toujours contesté avec la plus vive énergie: "Il faut arrêter de faire courir le bruit qu’il s’agirait d’une liste noire qui n’existe tout simplement pas", dit-elle. 

C’est le cas d’Yves Raisière, responsable des pages d’informations générales dans lesquelles sont parus les articles, parfois déplaisants, relatifs à l’affaire Nethys, l’actionnaire des Editions de l’Avenir. Idem pour le responsable des dossiers et enquêtes Dominique Vellande. Tous deux se sont en outre opposés vivement au directeur des rédactions Philippe Lawson, que la SDR souhaite voir partir. Le troisième est le community manager, remplacé par un membre du personnel du pôle télécoms, ceci à des fins de rationalisation.

Rationalisation

C’est la rationalisation des moyens et la réorganisation de la rédaction qui sont avancées par la direction pour son plan d’économie illustré notamment par ces trois départs. Les postes de responsable des infos générales seront directement rattachés à la direction de la rédaction, tout comme celui des dossiers et enquêtes qui sera fusionné avec le supplément week-end Deuzio et rattaché lui aussi à la direction de la rédaction. "Effectivement, mais ces gens auraient très bien pu être affectés à d’autres fonctions, redevenir journalistes, car ce sont d’excellents collaborateurs qu’il n’y avait pas lieu de licencier", explique Emmanuel Wilputte.

Selon ce dernier, la thèse de la liste noire est d’autant plus évidente que "trois journalistes sont prêts à partir, dont l’un, âgé de 64 ans, est aux portes de la pension, mais au lieu de cela on les oblige à rester", soupire Emmanuel Wilputte. Toutefois, selon nos informations, ces trois personnes n'auraient pas émis leur souhait de départ dans les temps (le deadline avait été fixé au 14 février dernier). En outre, il s'agit de personnes travaillant dans les rédactions locales du journal, rédactions que la direction ne souhaite pas déforcer. 

A noter enfin que la SDR organisera ce mercredi avec l'AJP une assemblée générale du personnel pour décider de poursuivre ou non la grève. De leur côté, les syndicats continueront leurs discussions avec la direction jeudi dans le but d'éviter tout licenciement sec.

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