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Lagardère relève la tête

©Belga

Malgré la pression du fonds activiste Amber Capital, la page des Lagadère ne s'est finalement pas tournée ce mardi. Et ce, grâce aux nombreux soutiens rassemblés par le fils unique du fondateur, Arnaud.

Un chapitre se clôt pour l'actionnaire de référence du groupe Lagardère. Et ce, après des semaines d'un feuilleton aux incessants rebondissements. Non, le fonds activiste Amber Capital n'aura pas pu s'offrir sa tête ni le renouvellement de la quasi-totalité du conseil de surveillance en amont.

Ne lui en déplaise, Arnaud Lagardère restera bel et bien à la tête de l'empire familial, fondé par son père, Jean-Luc, en 1992. Et ce, malgré des critiques pressantes sur sa stratégie, jugée "erratique" par certains observateurs, ayant mené à une contre-performance du groupe depuis plusieurs années maintenant.

Team France...

Pour parvenir à cette victoire personnelle, actée ce mardi en AG, le fils unique de l'industriel français aura dû batailler sec. À grands coups... de téléphone. Au bout du fil? Kyrielle de poids lourds de l'establishment bleu-blanc-rouge, appelés en renfort pour renvoyer avec force le smash asséné par les Britanniques, entrés au capital en 2016. Si possible sans permettre un quelconque retour, et ce, pour éviter de voir perdurer un échange dangereux venu fragiliser l'empire depuis de nombreuses semaines désormais.

"Actionnaires, vous avez voté sans appel en faveur de la gérance, de la stratégie du groupe, de ses perspectives."
Arnaud Lagardère
Gérant-Associé du groupe Lagardère

Dans les rangs de la team France, ont répondu présent le financier et ex-numéro deux de L'Oréal Marc Ladreit de Lacharrière, l'ex-patron de la SNCF Guillaume Pepy, ou encore l'ex-Président de la République Nicolas Sarkozy, tous trois montés au conseil de surveillance du groupe ces dernières semaines. De même que Vincent Bolloré, l'homme fort de Vivendi entré au capital dans la foulée, avec 10,6%.

... avec un coup de pouce qatari

En face, Amber Capital a lui tenté immédiatement de renvoyer la balle, fédérant d'autres fonds aux côtés des actionnaires individuels. Mais sans succès. L'échec et mat fut évité pour Lagardère, et ce, tout comme lors d'une précédente tentative de putsch en 2018 déjà, grâce notamment aux droits de vote détenus par le fonds souverain du Qatar, qu'un certain Nicolas Sarkozy serait parvenu à convaincre de peser.

Résultat? Un commandement tricolore sera donc maintenu au sommet du groupe aux activités emblématique dans l'Hexagone (et par-delà), dans la radio notamment via Europe 1, la presse hebdomadaire avec le Journal du dimanche (dit le JDD), ou la presse magazine avec Paris Match – sans parler de ses activités dans l'édition (Hachette) ou encore dans le retail (Relay). Quand Arnaud Lagardère pourra de son côté conserver fièrement sa place sur le trône.

Quid pour la suite? Désormais, l'héritier du paquebot arborant son nom se devra de composer avec ses nouveaux soutiens – en surveillant Vivendi de près, auquel d'aucuns prêtent des ambitions cachées – pour continuer à développer le groupe. Lui qui n'a pas répondu, mardi, à la question de sa solvabilité propre, alors qu'il est pourtant responsable indéfiniment sur ses biens personnels des dettes de l'entreprise.

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