Le CDJ dresse le bilan de ses 10 ans d'existence

Pour les 10 ans du CDJ, Marc de Haan, le président de son asbl faîtière l'AADJ, s'est félicité du caractère "exceptionnel" de l'instance. ©BELGA

Le Conseil de déontologie journalistique fête ses 10 ans en janvier. L'occasion de revenir sur l'évolution des enjeux déontologiques à l'ère du numérique.

Le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) célèbre son dixième anniversaire. Il profite de ce mois de janvier, dix ans après l’organisation de sa première réunion, pour dresser le bilan de son activité. L’organe d’autorégulation des médias francophones et germanophones a reçu, depuis sa création en 2009, 1006 plaintes concernant des productions journalistiques. Sur ces 1006 plaintes, 359 ont été déclarées irrecevables par le CDJ. L'instance a ouvert au total 549 dossiers et rendu 315 avis, témoignant de l'augmentation constante de sa charge de travail ces dix dernières années. 

"Notre époque est confrontée à une crise de confiance du public. Et le CDJ offre une porte par laquelle celui-ci peut exprimer ce manque de confiance."
Jean-Jacques Jespers
Président du CDJ

De 42 plaintes en 2010, le CDJ est passé à 161 en 2018. Une hausse qui s’explique par la notoriété de l’instance d’autorégulation, mais également par les attentes du public envers les média et ses préoccupations, notamment au sujet des fake news. "Notre époque est confrontée à une crise de confiance du public. Et le CDJ offre une porte par laquelle celui-ci peut exprimer ce manque de confiance", explique son président Jean-Jacques Jespers.

La presse en ligne a par ailleurs pris de plus en plus de place dans les plaintes envoyées au CDJ. En 2010, seulement 7% de plaintes concernaient les médias uniquement numériques, contre 25% en 2018. 

Face au développement du numérique et aux changements dans l’usage de l’information, l’activité du CDJ a donc évolué en dix ans. "Les cas deviennent de plus en plus complexes. En 2019, les avis ont parfois pris beaucoup de temps avant d’être rendus", indique Muriel Hanot, la secrétaire générale du CDJ.

©MEDIAFIN

Un nouveau rôle de "prévention" 

L'organe d'autorégulation a également étendu sa mission d'information sur la déontologie. Il a notamment reçu 117 demandes d'information en 2019, de la part du grand public, mais aussi des professionnels. "Quand ils ont un doute, de plus en plus de journalistes posent des questions au CDJ avant de diffuser l'information. On a donc un rôle de prévention, qui n'était pas pressenti au départ", se réjouit Muriel Hanot. Pour la secrétaire générale, cela traduit clairement "une confiance de plus en plus importante dans l'instance."

Pour conserver cette confiance et continuer d'améliorer les pratiques journalistiques, le CDJ s'offre un nouveau site internet, plus adapté aux demandes. À l'occasion de son anniversaire, il organise également un Forum européen à Bruxelles ces 21 et 22 janvier. Celui-ci sera dédié à une réflexion sur les défis de l'autorégulation journalistique à l'ère numérique. 

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