Le groupe IPM marque son intérêt pour L'Avenir

©Thierry du Bois

Et si le groupe IPM, détenteur des journaux La Libre Belgique et la Dernière Heure, rachetait le quotidien L'Avenir? Les députés wallons aimeraient sortir le quotidien régional de la galaxie Nethys, mais ne voudraient pas voir Rossel posséder 65% du marché de la presse quotidienne francophone.

Le site du Vif/L’Express évoquait ce mardi un possible rapprochement entre VOO (Nethys) et IPM (La Libre, La DH…). L’hebdo se basait sur une conversation entre François le Hodey, CEO d’IPM, et Jos Donvil, CEO de VOO. Au cœur de l’entretien, l’avenir de la presse, chamboulée par la révolution numérique, et les rapprochements avec le secteur des télécoms. L’article mettait notamment dans la bouche du patron d’IPM l’abandon programmé du papier pour le 100% digital. Dans un message adressé hier à ses troupes, François le Hodey évoque plutôt un possible arrêt de l’impression quotidienne en semaine de certains titres entre 2026 et 2028. Un message qu’il avait déjà diffusé dans d’autres cénacles.

"Je ne crois pas trop aux synergies entre L’Avenir et VOO."
François le Hodey

"Ce n’est pas neuf, nous a-t-il fait remarquer; en mai dernier, La Presse.be, notre association professionnelle, avait présenté devant le Parlement de la Communauté française un rapport sur la nécessité de développer un marché numérique payant, indiquant que nous ambitionnons d’atteindre 400.000 abonnés payants pour tout le secteur en 2026, soit 100.000 pour IPM."

Quid alors d’un rapprochement avec VOO? Alors que chez ce dernier, on ne fait pas de commentaire, François le Hodey dit ne pas croire en une intégration verticale entre un opérateur telco et un groupe de presse, comme tente de le faire VOO avec L’Avenir, Moustique, etc.: " Il importe que nos contenus soient disponibles sur toutes les plateformes digitales". Par contre il y a des pistes à creuser dans des kiosques numériques, comme le fait SFR en France. Il ajoute que les groupes de presse francophones ont tout intérêt à se rapprocher pour faire face à la transition numérique, pour autant que le pluralisme soit préservé.

"Nous avons les moyens de reprendre L’Avenir."
François le Hodey

Le quotidien L’Avenir, en difficultés, est au centre des débats. La rumeur veut qu’il s’adosse à Rossel, depuis qu’ils ont conclu des partenariats publicitaires. Le patron de Rossel, Bernard Marchant, a démenti. Mais le monde politique, craignant ce scénario qui amènerait Rossel à détenir 65% du marché de la presse quotidienne francophone, aimerait voir L’Avenir sortir de Nethys. Des députés wallons ont même imaginé un scénario de portage financier par la Région, via la SRIW, avant la recherche d’un repreneur…

Qui pourrait être IPM. "Je ne crois pas trop aux synergies entre L’Avenir et VOO, explique François le Hodey; IPM est par contre un allié naturel de l'Avenir car nos activités sont parfaitement complémentaires. Il y a plein de synergies à développer sur les plans rédactionnel et publicitaire. De plus, c'est la seule consolidation qui apportera la taille nécessaire sans créer pour autant un acteur dominant." Bref, selon son patron, IPM est le candidat idéal. Et d’ajouter: "Nous avons les moyens de reprendre L’Avenir." En 2013, l’ex-Tecteo avait mis 26 millions pour acheter le titre. 

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