Le groupe IPM rachète L’Avenir et Moustique

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Nethys cède l'essentiel de son pôle presse à l'éditeur de La Libre et de La DH.

Après plus de cinq moins d’atermoiements, le conseil d’administration de Nethys a enfin tranché dans l’épineux dossier de la vente de son pôle presse. Celui-ci comprend Les Éditions de l’Avenir (le quotidien L’Avenir et le Journal des Enfants), L’Avenir Advertising (le toutes boîtes Proximag) et L’Avenir Hebdo (les magazines Moustique et Télé Pocket). 

Réuni jeudi en fin d'après-midi, il a décidé de céder au groupe IPM la plus grosse part du gâteau. L’éditeur de La Libre Belgique, de La DH/Les Sports et de Paris Match Belgique reprend le quotidien L’Avenir et les hebdomadaires Moustique et Télé Pocket. Quant à L’Avenir Advertising, des pistes alternatives sont étudiées pour éviter une fermeture.

IPM, qui avait déjà marqué son intérêt avec des investisseurs wallons l’automne dernier, réalise donc la grande consolidation dont il rêvait. Des synergies et des économies d'échelle vont probablement être réalisées sur le plan éditorial, commercial et technique, mais on n'en connaît pas encore l’impact social. Les immeubles appartenant aux EDA ne font pas partie de la vente et restent la propriété de Nethys.

IPM réalise la grande consolidation dont il rêvait depuis longtemps.

L’accord prévoit aussi la conclusion d’un partenariat avec la coopérative Notre Avenir créée fin 2019 par le personnel. Celui-ci inclura une participation au capital – à ce jour elle a récolté 400.000 euros avec pour objectif de lever un million –, la désignation d’un administrateur indépendant, le respect de la charte rédactionnelle et le maintien du quotidien à Namur.

Rétroactes

C’est donc la fin d’une interminable saga. Pour rappel, suite à la commission parlementaire Publifin en 2017 et la déclaration de politique régionale wallonne 2019-2024, il avait été décidé que cette activité d’éditeur de presse devait quitter le giron du groupe. Quatre candidats avaient fait offre: IPM pour L’Avenir et les magazines. Roularta pour les magazines, Rossel pour le toutes-boîtes et le mystérieux fonds allemand Fidelium Partners pour l’ensemble. Conseillé par Degroof Petercam et le cabinet d’avocats Cleary Gottlieb, Nethys avait rejeté leurs premières offres, car jugées insuffisantes et peu précises.

50
millions d'euros
L’acquisition de ce pôle presse en 2013 et la couverture de leurs pertes d’exploitation ont coûté à Nethys plus de 50 millions d’euros.

Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Ce qui peut interpeller dans une procédure qui se veut "ouverte et transparente". On rappellera que l’acquisition de ces titres en 2013 et la couverture de leurs pertes d’exploitation ont coûté à Nethys plus de 50 millions d’euros. Publiés il y a quelques jours, les comptes 2019 des Éditions de l’Avenir montrent ainsi un nouveau recul du chiffre d’affaires à 42 millions d’euros contre 44,2 millions un an plus tôt, alors que le résultat net est à nouveau négatif à -1,5 million. C’est moins que les 11,3 millions de pertes de 2018 mais celles-ci résultaient en grande partie du plan de restructuration de l'automne. Depuis, la crise du coronavirus n’a rien arrangé.

Reste à faire avaliser tout cela par le CA d’Enodia, maison mère de Nethys. L'accord sera ensuite notifié au Ministre de tutelle Pierre-Yves Dermagne (PS). Il devra aussi obtenir l’aval de l’Autorité belge de la concurrence avec pour objectif de boucler le dossier avant la fin de l’année.

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